J’ai envie de vous dire... Coup de gueule de Jacques Deroo
Je voulais vous dire ...
Après le mort de Bordeaux, les trois personnes décédées au bois de Vincennes mais aussi cet homme mort à la Mie de Pain, l’État commence seulement à s’inquiéter.
Ils ne s’inquiètent pas pour ces hommes, non ! Ils sont inquiets pour les campagnes de presse que ça engendre.
Il est extraordinaire qu’au conseil des Ministres d’aujourd’hui on ait décidé d’emmener ces hommes et femmes de force dans les centres d’urgence.
Allons-nous les menotter pour les y emmener ?
Allons-nous les attacher dans leurs lits pour qu’ils y restent ?
Posons-nous déjà la question de leur lieu de vie, pourquoi se trouvent-ils dans les bois plutôt qu’en ville...
Il est à savoir que depuis des années ils sont chassés des rues de Paris. (mobilier urbain changé ou disparaissant, etc...).
Il est savoir que les forces de l’ordre n’hésitent pas à détruire leurs tentes...
Ils se réfugient où ils peuvent, dans les bois, Vincennes, Boulogne, Forêt de Sénart. Dans les sous-sols également et même pour quelques uns, dans les égouts de Paris.
Allons-nous encore tolérer longtemps cet état de fait au pays des droits de l’Homme ?
Madame BOUTIN a sur son bureau plusieurs projets de création de lieu de vie pour ce type de personnes, il semblerait que la seule urgence qu’il soit, soit de ne rien faire ...
Il faudra bien que les Français comprennent que pour toute une partie de ces gens, ils n’iront JAMAIS dans un centre d’urgence, ni ne retourneront dans un schéma de vie classique (métro, boulot, dodo ...).
Nous devrons bien à un moment donné les prendre en charge et ceci, jusqu’à la fin de leur vie. C’est pourquoi, créer des communautés de vie où ils puissent devenir autonome aussi bien alimentairement (grâce à la culture de leurs légumes et fruits et en faisant du petit élevage) que financièrement (grâce à la revente de leurs cultures mais également grâce aux prestations sociales qu’ils perçoivent) sans pour autant tomber dans l’assistanat et permettre une réelle évolution nous semblait aujourd’hui une nécessité.
Cela s’appelle simplement vivre, différemment des schémas de vie classique certes, mais devons-nous tous vivre de la même façon ?
Cela s’appelle tout simplement vivre dans des conditions pérennes et humaines ...
N’oublions pas ces hommes et ces femmes qui sont déjà les oubliés du RSA.
Jacques Deroo
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