Alliance Sociale des Peuples et Pays de France

Un nouveau parlementarisme : Les États généraux

mercredi 23 juin 2004 par Benjamin Guillemaind

Que nous enseigne l’Histoire ?

Charlemagne réunissait deux fois par an une assemblée de pairs et de clercs. C’est Philippe Le Bel qui en 1302 créa les États généraux et y introduisit le tiers état. Guizot dit : « Il y eut des communes dans toute l’Europe. II n’y eut vraiment de tiers état qu’en France » (Dictionnaire des institutions). La monarchie s’appuya toujours sur lui et y puisa de nombreux ministres. L’unité de la France se fit ainsi dans le respect des libertés locales et professionnelles. A plusieurs reprises les Cahiers de doléances réclamèrent des réunions plus fréquentes. L’avant-dernière fois ce fut en 1614.

Malgré plusieurs réformes en 1789, sous l’influence du parti libéral et sous l’effet de multiples manifestations, ils se transformèrent en assemblée nationale qui s’octroya l’exercice de la souveraineté nationale. Alors que les états généraux étaient à l’image d’une démocratie organique avec 13 états provinciaux fonctionnant sous le même mode, on passait à une démocratie mécanique fondée sur la loi du nombre.

Deux conceptions de la représentation populaire se sont alors opposées :

1) La conception des vieilles libertés françaises, positive, réaliste. C’est la nation s’autogérant dans ses hiérarchies diverses, ses divisions naturelles. On parle peu de liber­té avec un grand L mais davantage de libertés au pluriel.

Chaque état, chaque corps, désigne ses représentants avec un mandat impératif. Il n’y a pas de personnel politique, professionnel ni d’intermédiaire. La Nation parle d’elle-même. C’est le pays réel dans ses communautés vivantes.

2) L’autre conception, fort différente, est la conception anglaise : l’électeur est un individu abstrait, pris hors de ses devoirs, de sa situation, de son milieu. Le choix des députés s’effectue sur des programmes préétablis par des politiciens de métier qui condi­tionnent l’opinion, alors que la conception française répugne à toute démarche sur l’élec­teur.

Dans cet affrontement de 1789, la partie était d’avance gagnée par le parti libéral qui faussait les règles du jeu. Par suite, allait naître la confrontation permanente entre des partis politiques divisant la France en deux camps : droite/gauche, avec l’idolâtrie de l’Etat-Nation elle concept absolutiste de la souveraineté nationale, du peuple souve­rain.

Dans sa forme la plus exacerbée, ce seront les régimes fascistes ou socialistes dans lesquels « État est tout et l’individu n’est rien » (Mussolini). Le parti s’identifie alors à État et à la Nation.

Comment reconstruire une démocratis organique ?

L’idée de recourir à cette institution séculaire fut soutenue par Pierre Poujade en 56/58. Malheureusement, par faiblesse doctrinale, par manque de formation des militants, ce mouvement se perdit quand il tomba dans le piège électoral. Mais il y avait l’amorce d’un grand projet pour refonder nos institutions sur ses forces vives : ses paysans, ses métiers, ses familles...

L’idée fut reprise par le général De Gaulle. En 1969, quand il tenta de remodeler la France sur le pays réel avec son projet de constitution , ce fut un échec. Nous reprenons cette idée car c’est la seule façon de renouveler les fondements de notre vie politique, économique et sociale.

Comment réunir aujourd’hui en états généraux des états particuliers inexistants, déformés et disloqués depuis deux siècles ? Il faut préparer les conditions de cette recons­truction d’une démocratie organique.

D’abord en ayant une claire vision de l’ordre naturel à restaurer, ordre magnifique­ment énoncé par le principe de subsidiarité. Pas de subsidiarité sans « états », sans corps intermédiaires. Il fonde la société sur la personne mais celle-ci appelle aussitôt le recours à des sociétés complémentaires, car l’homme ne vit pas seul : « Il vit dans de toutes pe­tites communautés » (Simone Weil). L’unité d’un peuple n’a jamais été l’uniformité de ses membres.

Notre emblème :

Alexis Arette a choisi l’as de trèfle comme emblème de L’Alliance Sociale. Ce symbole trinitaire est tout un programme. L’unité d’un peuple se fonde sur l’adhésion à des valeurs communes supérieures d’ordre culturel et spirituel. On a vite fait de nous faire le chantage à l’unité nationale quand on exprime le besoin de se ré-enraciner dans nos terroirs et nos cultures locales.

Ne tombons pas dans le piège d’opposer les langues régionales à la langue française qui doit rester la seule langue administrative obligatoire et qui fonde notre unité nationale. Nos plus grands écrivains régionaux ont tous été de grands écrivains de langue française.

Nous sommes à la croisée des chemins. L’absolutisme de l’Etat-Nation est ébran­lé. La souveraineté dite nationale qui régissait nos institutions depuis deux siècles s’effondre.

Plusieurs voies s’ouvrent à nous :

1) L’anarchie libérale, accélérée par le libéralisme économique qui raye les fron­tières et les nations et fabrique une Europe artificielle de grandes régions économiques

2) le nationalisme jacobin centralisateur qui veut pérenniser un système pervers

3) et la voie subsidiariste qui redistribue des parcelles de souveraineté et d’autono­mie à tous les niveaux de compétence, maintient une souveraineté nationale dans ses fonctions régaliennes et renforce État comme rempart protecteur vis-à-vis de l’extérieur.

C’est notre projet politique. Les grandes formations politiques se sont montrées vulnérables ; tous les essais ont échoué pour avoir cru à la loi du nombre. Cette idolâ­trie du nombre nous perd à tous les coups.

L’Alliance Sociale n’a pas vocation d’être un parti ni de vous proposer des mani­festations de masse ou des élections.

Ni Alexis Arette, ni moi-même, ni nos amis ne visent la conquête du pouvoir... mais l’A.S. veut donner une impulsion pour que chaque état de vie reprenne ses pou­voirs et ses libertés qui nous ont été volés par les banquiers.

Les prochaines élections municipales sont le terrain privilégié pour susciter quelques listes témoins où des familles, des métiers, des listes d’intérêt culturel - comme l’ont fait les chasseurs - pourraient prétendre à une représentation selon la règle des quotas. L’A.S. soutiendra toute initiative qui substituerait à un système de suffrage universel un système de suffrage particulier. Il y a trente ans, Jean Ousset pensait que mille hommes pourraient sauver la patrie. Au point où « Sodome » est rendue, cent hommes suffiraient aujourd’hui.

L’engagement de tous

Vous avez applaudi des orateurs ; je les remercie tous. Ils ont tracé devant vous les grandes lignes d’une recomposition sociale pour que la France retrouve son âme dans son histoire nationale, à partir de sa vocation première qui a été fixée en 496.

Ne repartez pas sans prendre un engagement militant. Nous avons besoin de vous tous pour bâtir de nouvelles souverainetés et renouveler nos institutions à partir de nos terroirs, de nos crus, de nos fromages, de nos métiers, de nos familles, de nos écoles, des peuples et pays de France. Ces bastions sont nos tranchées.

Nous avons en même temps à nous débarrasser des banquiers qui nous asservissent et défigurent le visage de la France. Il faut bouter hors de France les islamistes conqué­rants, mais aussi les multinationales, les Mac Donald, les Coca-Cola, les Walt Disney et ceux qui collaborent à diffuser cet ersatz de culture. Il faut bannir à vie les patrons qui ont trahi en délocalisant, déchoir de la nationalité française ceux qui ne la méritent pas, dissoudre tous les partis qui ont ruiné l’âme France pour enfin rendre notre pays à son seul, vrai et unique souverain : le Christ qui est Roi de France et à Marie, Sa mère, la Reine de France.

Benjamin Guillemain Cofondateur de l’A.S


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