La France : un héritage et un contrat de peuples
Comment rebâtir un nouveau pacte national ? par Yves-Marie Adeline
Demandons-nous d’abord pourquoi et comment est né le souverainisme. On a eu l’idée d’aller chercher ce terme dans le vocabulaire québécois pour éviter des interprétations équivoques. Nationaliste est connoté à droite, indépendantiste fait un peu de gauche. Alors on dira souverainiste pour définir un mouvement ni de droite ni de gauche. Par delà les divergences politiques nous nous retrouvons au moins sur une préoccupation commune : la défense de la souveraineté.
L’idée qui préside à tout cela est d’abord celle de la France, et ensuite viennent les idées politiques. Mais nous sommes avant tout Français.
Les deux patries
C’est ignorer la nature profonde du régime politique que nous connaissons. Si on le scrute d’un peu plus près, on se rend compte d’une évolution parfaitement logique. On veut nous faire croire qu’il y a une histoire de France qui court depuis 1.500 ans sans voir la rupture fondamentale de 1789. Après tout, dit-on, c’est toujours la France ; on assume tout. Beaucoup de gens de droite disent : Nous, nous aimons la France sous toutes ses formes.
En réalité il s’agit de deux régimes qui reposent sur deux pensées politiques tellement antagonistes qu’on ne peut pas faire l’impasse sur cette question dès lors qu’on veut parler de la restauration de la souveraineté française.
En effet, l’idée que la République se fait de la France est très différente de celle des régimes précédents. La patrie, pour la gauche, ce n’est pas la France en tant que telle, c’est la patrie des droits de l’homme. Tout le 19e et notre 20e siècle ont été animés par la gauche. C’est cette patrie-là qui a été défendue bec et ongles dans des guerres sanglantes.
Ce n’est pas la France, c’est encore une fois la patrie des droits de l’homme dont seule la France se réclamait.
En 1914 « l’union sacrée » repose sur une illusion fantastique. Il y avait l’Alsace-Lorraine. Sans doute la droite avait-elle des raisons propres de contracter l’alliance avec la gauche, compte tenu des provinces perdues. Mais la gauche voyait les choses autrement quand elle ouvre les hostilités : c’est la patrie des droits de l’homme qu’elle met en guerre. C’est tellement vrai qu’en 1917, quand l’Autriche va demander une paix séparée, Clemenceau et les autres disent : non ; nous voulons abattre la dernière puissance catholique d’Europe. Autrement dit le sang français de gauche et de droite a coulé non pas tant pour récupérer l’Alsace-Lorraine que pour semer la révolution en Europe.
II faut lire Henri Barbusse qui reçoit le prix Goncourt en pleine guerre. C’est un livre révolutionnaire abominable qui traîne dans la boue tout ce qui n’est pas de gauche. Il prétend que les hommes de droite ne se battent pas, que ce sont tous des officiers planqués quelque part, que seuls les soldats de gauche se battent ! Quand on sait le pourcentage d’officiers originaires de l’aristocratie française qui sont tombés : c’est colossal et bien supérieur à toutes les autres classes sociales. Barbusse écrit : « Dans cette guerre il s’agit de refaire 89. Quand les Américains débarquent ils disent : « nous venons combattre pour les droits de l’homme », il viennent là pour cela. Il y a une culture révolutionnaire qui se sert de la guerre de 14 pour répandre dans toute l’Europe ce régime qui jusqu’à alors sera le seul à se fonder sur les droits de l’homme. La gauche aime la France parce qu’elle est la patrie des droits de l’homme, pas parce que c’est la France.
Il y a bien deux patries : la patrie traditionnelle, qui est la France, et la patrie depuis 1789 qui est la République française. Jean de Viguerie écrit dans Les deux patries : « Ce patriotisme qu’on va fondre en un seul bloc est totalement illusoire par rapport à la droite. Elle va s’y fourvoyer et verser son sang pour une patrie qui n’est pas la sienne.
Qu’est-ce que la France ?
Posons-nous la question : mais enfin, qu’est-ce que la France dès lors que nous voulons restaurer la souveraineté française ? Si aujourd’hui il n’y a plus de patriotisme, c’est parce qu’il n’y a plus de raison de s’attacher à la souveraineté de la France en particulier, puisque c’est maintenant toute l’Europe qui est la patrie des droits de l’homme. La nouvelle patrie de la gauche, ce n’est plus la France, c’est l’Europe, et l’on espère qu’un jour ce sera un vaste ensemble européen ou nord-américain, et puis ensuite le monde entier. C’est l’utopie révolutionnaire qui continue, le mondialisme, c’est cela.
Si la gauche a aimé la France c’est parce que celle-ci était le réceptacle de son idéologie maintenant qu’elle n’a plus ce monopole, que l’Europe est la patrie des droits de l’homme, la gauche est européiste.
Le piège souverainiste
L’impasse que fait le souverainisme aujourd’hui, c’est qu’il ne se bat plus pour la même chose ; il ne se bat plus pour la même patrie. Je suis navré de devoir contrarier tout le monde : le piège est le même pour tous, il fonctionne du centre à l’extrême droite. Il faut contrecarrer les illusions selon lesquelles on pourrait restaurer la souveraineté en faisant l’impasse sur cette question du régime, au prétexte que c’est une question dépassée. Eh bien, non ! c’est une question plus que jamais actuelle.
La France : un héritage et un contrat de peuples
De quoi sommes-nous les héritiers si nous voulons être les héritiers de la France et restaurer la souveraineté française ? Nous ne pouvons ignorer qu’il n’y a qu’une France avant et après 1789. Je vais être sévère envers la gauche à propos du prétendu patriotisme de Clemenceau. Lorsqu’en pleine guerre de 14, grâce à Léon Daudet, un royaliste, on a pu mettre la main au collet de Joseph Caillaud et de Malvy, ancien ministre, accusés tous deux de trahison avec l’Allemagne et traduits en Haute Cour, ils ne seront condamnés qu’au bannissement. Ils reviendront au gouvernement dès l’arrivée du cartel des gauches, quelques années après la victoire de 1918. Pourquoi ? Parce que la République n’a pu leur en vouloir d’avoir joué le jeu de l’Allemagne, l’Allemagne de Luther. Jaurès s’était également opposé à la guerre car, selon lui, il ne fallait pas se battre contre l’Allemagne de Luther ; la République n’avait aucune raison d’en vouloir à l’une ou à l’autre.
Ces faits donnent une idée de la réalité du patriotisme républicain : c’est un principe moral, une idéologie. Ce que la République aime c’est le républicanisme. Donc si l’on veut mener un combat souverainiste il faut partir sur de bonnes bases et ne pas s’engager dans une impasse.
D’abord un État et non une Nation
On a trop tendance à penser que la France est une nation au sens germanique du terme. Non, la France n’est pas une nation au sens fort, elle est au carrefour de l’Europe. C’est d’ailleurs ce qui en fait un pays unique en Europe. Certes, il y a un vieux fond gallo-romain au cœur ; mais il y a le pourtour, les marches, la Corse, la Bretagne, les Pyrénées, la Savoie. Qu’est-ce qui a permis à la France de se constituer ? car enfin cela fut très long à se mettre en place . Ce qui lui a permis de devenir la France c’est un pacte, une idée politique.
Si elle n’est pas une nation au sens strict, alors elle est, ô combien ! un État. Si elle ne devait être qu’une seule chose, ce serait cela : elle est un État Quand on pense que l’Allemagne, au temps de l’Empire romain, constituait déjà une nation, et pourtant l’Allemagne n’est unie que depuis 150 ans, et encore est-ce un État fédéral.
La France, qui n’est pas une nation, est le plus vieil État du monde. On évoque parfois la Chine : la Chine a la plus vieille civilisation du monde, mais son État a connu des éclipses. Le Japon, à la rigueur, pourrait prétendre à être à égalité avec le plus vieil État du monde. Quant à Paris, c’est bien la plus vieille capitale du monde. Dès Clovis, c’était le siège du Royaume ; dès le Ve siècle, sur les ruines de l’Empire romain. Bien sûr, il y a eu le morcellement féodal, mais ce qui a permis justement à la France de ne jamais éclater, c’est précisément ce qui constitua le pacte de Reims. Il y a bien eu un contrat de peuples : cela ne peut aboutir à autre chose qu’à un contrat de peuples puisqu’il va au delà ; il dépasse la notion de nation.
Les quatre héritages
De quoi procède la fondation de la France ? Des quatre héritages politiques. Pas d’un héritage national. Il n’y a jamais eu d’État gaulois. Lisez la Guerre des Gaules. Il y a des alliés gaulois de César. En revanche il y a une fédération de plusieurs peuples de Gaule autour de Vercingétorix, et Vercingétorix était le fils d’un homme qui avait voulu se faire roi et en mourut. Ce qui fonde la France c’est un projet politique qui s’organise sur quatre colonnes, quatre héritages.
1) Les Francs
Que sont les Francs à l’époque des invasions barbares ? A peine 5 % de la population. Si on s’arcboute sur cette idée fausse de nationalisme étroit, on n’en sortira jamais surtout au moment où les Français ne se reproduisent plus et où la population émigrée explose. C’est un problème que l’on ne pourra résoudre précisément que si l’on redonne à la France un projet de civilisation. Il faut au contraire se plonger dans les racines profondes de la France pour trouver une réponse à ce défi capital. L’Église va d’ailleurs jouer à l’époque un rôle essentiel. S’il n’y avait pas eu Église qui était la seule institution encore debout, il n’y aurait eu aucune réponse.
Donc premier héritage : les Francs. La royauté des Francs ce n’est pas la royauté orientale parce qu’être Franc c’est préserver cette liberté fondamentale. On est très loin du despotisme oriental, de la prétention du roi de descendre de la lune, du soleil ou d’une divinité quelconque ; idée qui avait imprégné l’Occident lui-même à travers l’Empire romain qui s’inspirait de l’idée monarchique orientale. Le modèle des Francs rompt avec tout cela, d’autant plus qu’il a aussi d’autres héritages.
2) La civilisation grecque
Il y a un héritage de civilisation colossal gréco-romain qu’on divise en deux parties : du côté grec c’est le Nomos, la loi au dessus de tous. Lorsque les penseurs grecs ont réfléchi à la cité - contrairement à ce qu’on enseigne à l’école aujourd’hui - ils ont tous contesté la démocratie et chacun a émis différentes propositions.
Or une chose est certaine : la France a été quelque chosé de neuf sous le soleil. Cela vient de l’héritage grec. Hérodote disait : « il faudrait non pas une monarchie à la perse, mais une monarchie encadrée par la loi.
3) L’héritage romain
Troisième héritage : Rome, l’Imperium, le sens de l’État, qui fut tellement profond qu’il permit la maintien de la cohésion nationale française, même lorsqu’il fallut trouver des solutions comme la féodalité. Les juristes ont toujours affirmé, grâce à cet héritage romain de l’imperium, qu’il y avait un royaume de France, une capitale Paris. C’est pourquoi, malgré ce morcellement visible mais superficiel, il y a toujours eu la France. Quand il fallut récupérer tout cela, ce ne fut pas toujours fait dans la douceur, mais il y avait le droit romain.
Même les partages mérovingiens ou carolingiens montrèrent qu’il y avait bien un seul et même Royaume des Francs. Ainsi, par le contraire de ce que l’on voudrait démontrer, on démontrait qu’en fait il n’y avait qu’une seule France.
4) L’héritage davidique
Le quatrième héritage est un geste positif. On décide de franchir les siècles et la Méditerranée pour mettre un pied en Israël. Nous allons reprendre pour nous l’héritage de David, la royauté davidique. Cela est extraordinaire et c’est l’Église qui le fait. Pourquoi ? Parce que, lorsque Église arrive dans l’Empire romain et convertit Rome à la religion révélée du Christ, elle est quand même la dernière venue : l’Empire précède la religion le christianisme se fait une place dans une cité qu’il n’a pas fondée et dont il va s’inspirer pour son organisation. Mais, en 496, Rome est tombée, c’est un champ de ruines. Il n’y a plus État, il n’y a plus rien.
Église est la seule institution restée debout à laquelle font confiance les peuples de Gaule. C’est ce qui fit le succès de Clovis, qui n’était pas chrétien au départ, donc pas hérétique arien. S’il se convertit au christianisme catholique, les populations l’accueilleront à bras ouverts. Il va s’entendre avec Église qui est restée debout. Église va alors fonder la cité sur des bases solides. Elle propose ce quatrième héritage, qui n’avait rien de logique, en allant chercher la royauté davidique.
Cette royauté n’avait rien d’oriental car lorsque le peuple d’Israël passe des Juges aux Rois, elle abandonne une théocratie, celle des Juges. Les Juges, ce sont les prophètes qui conduisent le peuple. Et le peuple dit : non, il y aura des prêtres et il y aura des rois. Deux pouvoirs strictement séparés.
Que voit-on aujourd’hui 7 L’autel n’a plus la parole ; l’Église pour survivre se fait la chambre d’écho du pouvoir républicain. C’est l’autel qui fait la politique et c’est la république qui fait la morale et la religion. Elle décide que la vie humaine change de sens. L’avortement en est un exemple frappant. Nous l’avons décidé ainsi parce que c’est constitutionnel.
On se constitue, on reconstitue nos valeurs, à la différence de l’institution : instituere. Ce qui est établi, ce qui est au-dessus de nous crée donc des obligations aux hommes.
La Bible dit bien que David avait un livre où étaient consignés les droits et les devoirs des rois. Il y avait l’ordre religieux qui gardait le message de la foi, et le Roi était le Roi.
Saint Louis dira : « Je suis soumis à Église, mais il y a deux ordres : le spirituel et le temporel ; que Église me laisse mon ordre. » La République a déformé cette idée-là. On prétend qu’avant les deux ordres étaient confondus. Mais c’est le contraire qui s’est produit. Seulement nous vivons dans un régime qui est celui de la contre-église, l’anti-église, où les deux ordres sont confondus. C’est ce qui empêche les intellectuels (les clercs d’aujourd’hui) d’avoir cette liberté de parole qu’ils pouvaient avoir autrefois. Lisez les sermons de Bossuet : c’est incroyable. Aucun intellectuel officiel aujourd’hui n’oserait dire ce que Bossuet disait dans ses sermons de carême au Roi-Soleil. Ce que le Roi-Soleil ne supportait pas c’est que les prédicateurs s’occupassent de sujets qui ne les concernaient pas ; s’occuper des affaires de État Aujourd’hui c’est le contraire, par exemple un évêque refuse le baptême à quelqu’un qui appartient à un parti politique qui n’est pas le sien. « Je ne suis pas d’accord avec vos options politiques, alors je refuse que vous entriez dans mon club . » Le spirituel a été tellement “déspiritualisé” qu’il devient un relais politique.
Le Pacte de Reims : un contrat de peuples
Ce qui a fondé la France c’est ce pacte de Reims qui repose sur ces quatre colonnes. Certains m’ont reproché de restaurer l’idée de contrat et d’être rousseauiste, mais pas du tout ! Ce qui fait la France, c’est une institution. La monarchie française procède d’un contrat, c’est au contraire la racine de la France, qu’il y ait eu un contrat ou un pacte comme l’on voudra. Ce n’est pas un pacte rousseauiste, c’est un contrat naturellement d’un autre ordre qu’un contrat social. C’est un contrat de souveraineté, mais de quoi ? de la France. Qu’est-ce que la France ? Ce n’est que ça, qu’un État qui ne peut plus que se dissoudre s’il reste dans le régime qui est le sien aujourd’hui.
Il n’est absolument pas possible de le comparer au Québec, qui n’est qu’un ensemble francophone encerclé dans un ensemble anglophone. La France n’est pas du tout dans cette situation-là. Son identité est autre, elle est admirable, cela va bien au-delà de son identité propre. La France est un projet politique, c’est une civilisation qui dépasse de loin le concept de l’hexagone.
Si l’on réalise que la France souveraine est un projet politique bien précis dès sa fondation, on peut imaginer un tas de modulations ; mais on ne peut imaginer la France autrement que dans la forme qui a été la sienne quand elle a été fondée ; sinon on parle d’autre chose. Notre République française est nécessairement une étape transitoire qui se fond dans une fédération européenne.
Qui peut incarner cette souveraineté française ?
Lorsque l’on parle de souveraineté il ne faut pas omettre de parler de celui qui l’incarne, à savoir le souverain, car qui peut incarner cette souveraineté française puisqu’il n’y a pas de nation ?
Il faut donc, si la France est un principe, replonger ce principe dans la réalité vivante, la réalité charnelle, les corps. Il faut donner une puissance à une principe. Puissance en grec c’est « dynastia » et l’incarnation d’un principe c’est bien le Prince. Si l’on se veut souverainiste on ne peut pas faire l’impasse sur cette question de régime. Il y a bel et bien deux France qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre ; celle que nous connaissons, la République française - qui est de moins en moins française - et puis la France qui a existé durant treize siècles.
Rebâtir un pacte national
On voit bien qu’il y a des abcès ; en différents endroits la digue ne tient plus. Comment reconquérir le territoire ? Il ne s’agit pas de faire un programme mais de faire des propositions à celui qui veut qu’on les lui fasse. Mais que dit le souverain ? Voici ce qu’il dit le 23 janvier 2000 :
« Il m’est heureux que les Français demeurent fidèles à leur tradition et à ce qui l’a fondée. L’avenir est à ceux qui se prennent en main. C’est pourquoi j’adresse à toutes les bonnes volontés un appel : Relevez les défis, prenez part à la vie économique et prouvez que vos idées sont les meilleures. L’Europe nous montre dans son histoire que des monarchies peuvent être restaurées. Tous ensemble nous pouvons agir, vous par les responsabilités que vous prenez dans la société, moi en montrant ce que doit être un chef de Maison, fidèle aux paroles prononcées à chaque sacre par mes aïeux qui ont fait régner progrès et tradition. » Le souverain de droit lance un appel. Poursuivons notre travail. Sachons ne pas sombrer dans l’illusion. Sachons ne pas répondre aux sollicitations des marchands d’illusions et ne pas toujours tomber dans les mêmes impasses. Aujourd’hui c’est le souverainisme
Depuis dix ans j’ai l’impression de me battre contre un monstre qui change à chaque fois d’apparence. La droite, piégée aujourd’hui, revient sous la forme du souverainisme. J’ai fini par comprendre. On nous objecte toujours qu’il faut s’occuper de la réalité quotidienne, des priorités. Le grand mot : les priorités. Il faut d’abord défendre la souveraineté, après on s’occupera du reste. Et à force de vouloir gagner du temps on en perd. Mais cela n’est plus possible s’agissant de la France.
La souveraineté n’a aucun sens s’il n’y a pas un souverain qui l’incarne. Chaque fois on est obligé de contrecarrer des illusions et de dire à ces gens trop pressés qu’ils perdent leur temps. L’héritage ne se conçoit pas sans l’héritier ; c’est l’héritier qui fait l’héritage ; c’est le principe qui fait la France.
Lorsque la France a failli sombrer sous Charles VII, elle était déjà millénaire. On disait alors, sous l’influence de la Sorbonne, que l’avenir passait pas une fédération européenne. Il y avait un théoricien célèbre : Cauchon, pour défendre cela. Charles VII pouvait dire : « La France, c’est déjà une très belle histoire - mille ans - et pas n’importe laquelle. » C’étaient les Croisades, Charlemagne, l’art ogival, dénommé par dérision gothique. A l’époque on disait « ars Francorum », art français, qui fut copié partout.
Il y avait une histoire fabuleuse avant Jeanne d’Arc, et 500 ans plus tard, bien sûr un vieux pays qui est toujours en tête. C’est pourquoi le Prince qui incarne le Principe dit : "Entrez dans la vie quotidienne de votre pays, n’ayez pas peur ; montrez que vos idées sont les meilleures". Et moi je ferai mon travail. »
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As de trèfle
As de Trèfle de n°1 au n°25
N°20
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