Alliance Sociale des Peuples et Pays de France

CAPITALISATION OU RÉPARTITION ?

jeudi 28 octobre 2004

Le principe de l’assurance ( auto.. dégâts des eaux...) repose sur la répartition des risques. Elle est financée par une cotisation fixe, indépendante du salaire ou du revenu.

Sortant de cette conception, la Sécurité Sociale et les régimes indépendants y ont introduit une part de redistribution des revenus : les hauts salaires compensent les bas salaires. C’est le principe de la répartition. En matière de retraite, les jeunes générations payent pour ceux qui profiteront d’une longue espérance de vie. Ce système a prouvé ses limites, d’abord par le déficit croissant et la charge insupportable pour les entreprises de main d’œuvre. La Sécurité Sociale est devenue un monstre et un outil du collectivisme. La recherche d’autres modes de financement (TVA sociale, CGC...) par la fiscalisation ne fait qu’accroître le collectivisme d’Etat.

Le courant libéral, croyant briser ce mécanisme, préconise pour sa part un retour pur et simple au système de la capitalisation. S’appuyant sur des textes européens, le CDCA, par exemple, a incité ses membres à ne plus cotiser aux régimes obligatoires et à s’assurer auprès des Compagnies d’Assurances privées, en faisant jouer le marché. A court terme, cette solution a pu permettre à des artisans de survivre, mais elle brise toute solidarité.

LA CAPITALISATION EST-ELLE LA SOLUTION ?

La politique « libérale » a eu pour objectif, dès son instauration au XVIII e siècle, de casser toute solidarité au sein des communautés de métiers, pour ne laisser que des individus isolés face à l’intérêt général. Ce fut le début de la marche au collectivisme. L’objectif est aujourd’hui presqu’atteint : soit par le jeu sans frein des lois du marché qui élimine successivement les concurrents, soit par les mesures socialistes de concentration économique.

Comme les épiciers indépendants ou les agriculteurs, les petites compagnies d’assurance indépendantes ont disparu, absorbées et réduites au plan mondial à quelques groupes internationaux puissants dont les filiales donnent l’impression de se concurrencer auprès d’un public non averti. De plus, les capitaux qu’elles gèrent s’investissent dans de grands groupes industriels internationaux ou de grandes surfaces.

Inconsciemment, ces artisans ou commerçants qui profitent ainsi de cette concurrence, travaillent en mème temps à financer les armes de leur disparition complète.

Le principe de capitalisation, surtout pour la retraite, peut avoir des aspects positifs dans l’immobilier ou des investissements près d’entreprises de proximité. Mais la part de risque est à considérer. Toute une génération qui, avant guerre, misa sur la capitalisation vit fondre ses économies et ses retraites par l’effet de l’inflation. 10.000 francs de 1930 ne valaient plus que 2 kgs de sucre en 1960. Que dire de ceux qui prirent du Suez, du Panama, des emprunts russes... et récemment Maxwell ou Eurotunnel ?

Qui peut garantir que l’inflation ne reviendra pas ? Lors d’un krach financier, que deviendront les assurés de ces compagnies en faillite à Hong Kong, Singapour ou Los Angeles ? Tout le système mondial est bâti sur des flux financiers factices et une montagne de DETTES. On n’ose imaginer la tête des épargnants ruinés devant un scénario albanais amplifié à l’échelle mondiale. Ils viendront implorer la charité des sages qui auront maintenu une part de solidarité par répartition.

LE PIEGE LIBÉRAL

A. Gandillon l’a fort bien décrit dans Militant (juin 97) : « ...le stock monétaire (mondial) s’accroit trois fois plus vite que l’économie réelle. En comparaison, les banques centrales des Etats ne disposent que de 1.410 milliards de dollars, soit 3,5 % des actifs financiers mondiaux. (Ainsi)... la maitrise de l’économie et des finances échappe de plus en plus aux peuples, aux Etats dont ils sont l’émanation. L’économie et la finance ne sont plus au service des peuples et, en définitive, de l’homme, mais au service des seuls détenteurs de capitaux apatrides, sans visages, autrement dit asservies au seul veau d’or..Vous comprenons alors beaucoup mieux pourquoi les libéraux demandent qu’on mette fin aux systèmes de sécurite sociale nationaux étatisés. Certes leurs critiques sont de plus en plus justes lorsqu ils dénoncent la gabegie dont souffrent les systèmes d’inspiration collectivistes. Mais la solution qu’ils proposent n’est qu’un palliatif : elle consiste à introduire dans un circuit financier spéculatif international les sommes qui sont consacrées au financement des pensions et des assurances maladies dans les actuels systèmes ».

UNE SOLUTION MIXTE

Notre système de Sécurite Sociale est juste dans ses principes. C’est son statut, son organisation, et sa gestion qui sont à réformer. Les propositions de l’Alliance Sociale vont dans ce sens :

I - Pour soulager les entreprises de la charge sociale sur les salaires, financer les caisses professionnelles : pour une part, avec la nouvelle monnaie permanente créée en proportion de la croissance du PIB. pour l’autre part, avec une taxe à la valeur ajoutée sur l’énergie en compensation des gains de productivité obtenus par les machines mues par l’énergie.

II - recréer des caisses primaires par métier ou professions afin de mutualiser au premier degré un jeu de solidarités. La répartition jouerait ainsi entre des niveaux de salaires au sein d’un même métier, et non plus au sein de caisses de classes (salariés, cadres, artisans...) séparées. La gestion se ferait par autogestion de TOUS les membres de ces métiers ou professions. Des caisses interprofessionnelles de rang supérieur feraient jouer la subsidiarité des corps professionnels entre eux. Ces caisses primaires couvriraient le gros risque maladie et une retraite minimale.

III - Au delà : liberté des assurances complémentaires soit par des placements personnels privés mobiliers ou immobiliers, soit par des mutuelles, soit par des compagnies d’assurances privées.


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