Alliance Sociale des Peuples et Pays de France

La Vendée, modèle d’équilibre économique

Le journal des artisans (Radio Courtoisie 10 mai 2005)
lundi 21 novembre 2005 par Benjamin Guillemaind

Extraits de l’émission “ le Journal des Artisans” du Mardi 10 MAI 2005 sur Radio-Courtoisie, animée par B.GUILLEMAIND, ( Notes d’écoute) à laquelle participaient : M. Wilfrid MONTASSIER : Conseiller général de Uendée M. Thierry ROLANDO : Conseiller économique du Pdt du Conseil Général M. Gilles FONTENEAU : Fabrique de brioche vendéeenne de Boufféré (par téléphone) M. Christian BOURMAUD : Transport de tourisme de Rocheservière Melle Pauline LECOMTE, journaliste, auteur du “Paradoxe Vendéen"(A1bin Michel) Mme Andrée MATTEACCIOLI, économiste : Le Puy du Fou, mise en valeur d’une ressource historico,socio,culturelle

B.G. : Pourriez vous faire d’abord un tableau économique de la situation actuelle de la Vendée ? W.MONTASSIER : C’est utile de commencer par la dimension historique. Sinon on peut difficilement comprendre pour savoir d‘où elle vient et comment elle en est arrivée là. Vous avez cité le parodoxe vendéen ; on parle parfois de miracle. Le mot laisse entendre que ça vient d’en haut sans avoir fait grand chose. Ca veut dire que c’est étonnant ; ça n’apparait pas comme très naturel que cette région, cette province très enclavée, sans grande tradition industrielle, soit devenue un département aussi dynamique, avec une très forte industrialisation. Où puise-t-elle les raisons de ce succès ? D’abord il y a toujours eu un peu d’industrialisation dans notre Vendée rurale...C’était à majorité dans le Choletais. Mais du Moyen-Age au 19ème s. il y a toujours eu une tradition de textile, notamment de tisserands dans cette zone. LE SOCLE CULTUREL ET RELIGIEUX. Mais le réel décollage, c’est vraiment les années 60 avec les 30 glorieuses....La Vendée a toujours su s‘adapter aux mutations économiques, auxquelles elle a du faire face. Par exemple quand le Choletais a commencé à avoir des difficultés dans le textile fin 19ème s., la Vendée s’est orientée vers la chaussure.... Elle connait un décollage vers 1es années 60 parce qu’elle bénéficie de l’élan général avec une croissance forte, une vitalité démographique, mais avec une spécificité propre qui tient essentiellement à des raisons culturelles, c’est-à-dire sur un socle culturel et identitaire fort et un fort sentiment religieux. Un historien catholique, E.POULAT, parlait de "christianitude". Ce senti .ment religieux a été le ferment d’une mobilisation et d’une modernisation de l’économie vendéenne avec son cortège de valeurs de solidarité, d’esprit coopératif, de sens des valeurs et de sens du terroir. Ce socle culturel va produire des entrepreneurs et va faciliter quelque chose de typiquement vendéen : un sens du consensus social au sein de nos entreprises vendéennes. Cela crée une sorte de société soudée par une identité commune qui à la fois connait une diversité sociale et une homogénéité culturelle. Je crois que c’est fondamental L’ARTISAN DEVIENT ENTREPRENEUR. Ensuite sur ce socle s’ajoutent d’autres raisons au développement de la Vendée. D’abord l’artisan qui va devenir l’entrepreneur vendéen. C’est très caractéristique de la Vendée. Les grandes entreprises sont issues du terroir et sont souvent le fait d’un artisanat local qui a su se développer avec une capacité permanente à s’adapter à tous les chocs économiques, à toutes les mutations industrielles. La Vendée a des indicateurs économiques plutôt au vert, même s’il y a des éléments de fragilité, même s’il faut toujours être vigilant. Et nous développons des outils pour l’être ; parce qu’aujourd’hui s’ajoute une volonté politique très forte d’accompagner, d’aider ce développement économique. PANORAMA de l’ECONOMIE VENDEENNE B.G. : Voilà une première présentation. M. T.ROLANDO, qui est au contact-quotidien des entreprises pourrait-il nous dire maintenant quels sont les secteurs principaux d’activité qui se sont développés ? T. ROLANOO : Vous l’avez dit : la Vendée, c’est l’équilibre. C’est toute la politique du département que P.de VILLIERS contribue à consolider. C’est d’ailleurs une grande chance pour un département d’avoir un équilibre humain, mais aussi un équilibre économique. En synthèse, on peut dire que nous avons une agriculture forte, nous avons une industrie forte, et un secteur tertiaire fort. C‘est un "miracle" que d’avoir ce triple équilibre dans un département. L’agriculture, pourquoi ? La Vendée est un des 10 premiers départements agricoles. C’est une tradition très ancrée. C’est 8 à 9% de ses actifs, le double de la moyenne nationale. Nous sommes épargnés par la crise actuelle, mais nous avons une agriculture très performante, notamment avec un secteur d’élevage (les bovins) où l’on est leader national. Tout le monde connait le canard de Challans. La Vendée est le deuxième département pour le foie gras par exemple. La pêche aussi avec le littoral, même si la règlementation européenne rend plus difficile l’accès à la ressource. Il est clair que la Vendée demeure et veut conserver sa tradition à la fois thonière, mais aussi tonique, parce qu’elle représente à peu près 10% de la puissance de pêche française. Mais la Vendée est aussi un fort département industriel : 30% des actifs travaillent dans l’industrie aujourd’hui ; ce qui est plus qu’en moyenne nationale. Un secteur de force, c’est l’agro-alimentaire qui est le premier employeur industriel. Tout le monde connait quelques grands noms : Fleury Michon, Sodebo, Maitre COQ, Arrivé....avec de nouveaux secteurs qui ont percé autour des produits de la mer ou de la brioche vendéenne, que l’on trouve un peu partout en France. C’est un secteur très créateur d’emplois .... Il y a aussi un fort secteur industriel dans la mécanique et la métallurgie, avec des leaders nationaux et même européens et mondiaux, par exemple dans la fabrication des pétrins de boulangerie. Et puis nous avons toujours un triptyque plus traditionnel, mais qui compte toujours, avec le textile, la chaussure et l’ameublement. Ce sont 1/4 de nos emplois industriels, qui connaissent la même problématique des délocalisations. Et nous nous battons.... Là aussi on évoque les artisans tisserands qui sont devenus des patrons d’entreprises de confection. Aujourd’hui ceux qui veulent survivre doivent se replier sur le haut de gamme, parce que là aussi il y a une nouvelle mutation en cours depuis quelques années . Et puis il y a des secteurs plus nouveaux comme la plasturgie et le nautisme. C’est loin d’être un secteur résiduel. C’est un secteur mondial : Beneteau- Jeanneau.... C’est 75 % de la production française des bateaux de plaisance. Donc vous voyez : une industrie très composite et en même temps très équilibrée, puisque nous n’avons pas de grand groupe à l’exception de BRANDT ( électro-ménager), très répartie dans le territoire et très répartie aussi au sein des filières. Et puis évidemment le tourisme et le transport : un département très enclavé, mais qui a développé un secteur de transport, un des plus performants de France avec un tissu de P.M.E. Quant au tourisme, c’est le 2ème département le plus touristique de France. Près de 5 millions de touristes et un littoral, fer de lance de l’économie touristique vendéenne. LA RURALITE B.G. : Vous avez parlé de l’évolution agricole vers l’industrialisation. On peut regretter cette Vendée paysannne des chemins creux, avec ses petites parcelles et ses fermes de 3 ou 4 hectares, où l’on allait chercher son beurre fabriqué par la fermière, qui le mettait au frais dans le puit. Tout cela disparait avec l’agro-alimentaire. N’y aurait-il pas une voie pour maintenir une agriculture biologique qui ferait revivre ce tissu de petits agriculteurs et en même temps serait génératrice d’emplois ? W.MONTASSIER : Je vais tenter un élément de réponse. D’abord T.ROLANDO le rappelait ; on a encore une agriculture forte en Vendée. Le secteur primaire représente 8% de l’activité, quand elle est de 4% en France. Donc deux fois plus. Et le secteur agro-alimentaire entretient le secteur agricole, qu’il permet de continuer à se développer. J’en reviens à des éléments de culture ; c’est fondamental. Les grandes entreprises de l’agro-alimentaire qui se sont développées en Vendée ont un souci permanent, une conscience de l’animation de leur territoire, de l’aménagement de leur territoire, une conscience sociale qui les pousse parfois à faire des choix peu rationnels sur le plan économique, mais qui permettent d‘entretenir l’activité agricole locale, notamment les activités hors-sol. Cela peut avoir d’autres types de désagréments. Là encore mon canton est le premier touché par la technique ( il y a un peu trop de nitrate dans l’eau des nappes). Mais tout cela permet d‘entretenir une agriculture vivante et d’entretenir un territoire rural. Alors y aurait-il la place pour une activité agricole bio ? J’avoue très franchement ......... P. LECONTE : J’ai rencontré au cours de mon enquête des petits exploitants très diversifiés et très offensifs. C’est ALETRU pour les abeilles, qui s’est mis à la tête du combat contre le Gaucho. C’est un modeste, mais merveilleux paludier qui s’occupe des marais salans de Noirmoutier, qui fait revivre les gestes des moines du 13ème s. Il redécouvre les anciennes techniques..... Et à côté il y a l’aqua-culture avec Michel ADRIEN. Les deux peuvent subsister. Il n’y a pas un esprit capitaliste offensif à l’américaine. Il y a la place pour les petits. W.MONTASSIER : Je cautionne à 200% ce que vous dites. Je connais bien F. ALETRU, qui a pris la tête du combat contre le Gaucho. C’était un combat même avec double tête : c’était bicéphale. Ph. de VILLIERS a porté ce dossier très haut, très fort et a aidé les apiculteurs vendéens. Nous avons été, nous, conseillers généraux vendéens, sujets à des pressions très fortes des industries phyto-sanitaires pour essayer d’amender les choix politiques que défendait le Président du Conseil Général. Donc j’adhère totalement à ce que vous dites P. LECOMTE : J‘ai visité.... c’est tout petit ; avec la coordination des autres il arrive à faire quelque chose. Il vit à la façon ancienne... On peut être moderne et traditionnel. W.MONTASSIER : C’est exactement cela la Vendée. Elle a réussi sa modernisation, sans jamais tourner le dos à son passé. Jamais. En Vendée on ne construit pas l’avenir en faisant table rase de son passé. On s’appuie sur son passé comme sur un socle fort pour pouvoir regarder son avenir avec confiance et audace.. Et il y a la place pour tous les modèles. C’est l’équilibre. B.G. : C’est ce que je voulais vous pousser à dire : la Vendée modèle. Si beaucoup d’autres régions pouvaient vous imiter, je crois que l’on arriverait à une France équilibrée. T.ROLANDO :On va faire un peu de pub supplémentaire. Il se trouve qu’en ce moment on est en train de recevoir des départements. Plus d’une dizaine à ce jour viennent voir comment la Vendée fonctionne. On ne leur demande rien. C ’est le cas de la Corrèze qui vient en Juin voir quelle a été la technique, la stratégie que nous avons mise en oeuvre et aussi la philosophie, l’esprit qui sous-tend cette stratégie. Aussi les départements limitrophes : le Morbihan, le Maine et Loire, les Deux Sèvres, la Charente....C’est plutôt flatteur. VENDEE EXPANSION et VENDEE-POLES, B.G. C’est l’objectif que nous nous sommes fixés à l’Alliance Sociale. : refaire la France d’abord et ensuite l’Europe..... M. MONTASSIER, vous êtes Pdt de Vendée-Expansion. Comment avez vous aidé les entreprises ? W. MONTASSIER : Vendée Expansion est née de la fusion d’une Société d’Economie Mixte et d’une Société d’Aménagement. Nous avions des interlocuteurs communs : des collectivités locales, des entreprises. On a souhaité réunir ces équipes avec des cultures différentes, avec vocation et finalité différentes pour être une sorte de guichet unique de développement économique de la Vendée, d’aide et de conseil aux entreprises : montage de dossiers au Conseil Economique local et d‘Aménagement de notre territoire. Voilà la grande mission de Vendée-Expansion. ROLANDO a dit : on commence à être un modèle regardé. On vient nous demander quelle est la recette. On voit beaucoup d’élus. Les chefs d’entreprise nous disent : Vous n’avez pas peur qu’ils reproduisant la recette et que nous perdions le bénéfice d’implantations nouvelles. L’argument pourrait nous désatibiliser. En fait on ne craint pas de l’expliquer. C’est qu’il ne suffit pas d’avoir la recette pour que ça marche. Il faut la mobilisation d’un territoire et de l’ensemble des acteurs intéressés..... Si on veut qu’une entreprise vienne s’implanter, on développe tous les atouts objectifs, rationnels, concrets pour bien l’accueillir. Et là ce sont une multitude d’éléments : éléments de qualité de vie qu‘on trouve en Vendée. Ce sont aussi les zones d’activités, les "Vendée-Pôles", qui vont l’accompagner et qu’ils qu’ont trouver sur place. Mais c’est surtout une volonté commune de tous les acteurs d’accueillir les entreprises. C’est ce qui frappe les chefs d’entreprises qui s’implantent en Vendée. Ils disent : on a trouvé des élus locaux, des chefs d’entreprise associés au club d’entreprises, des conseils et des administrations d Etat qui ensemble se sont groupés pour rendre à tous égards notre implantation facile, rapide et optimiser .... C’est avant tout cela le génie vendéen. C’est ce qui fait que pendant longtemps nous avons connu ce qu’on appelle un développement endogène, c’est-à-dire : on compte sur nous mêmes, avec un artisanat local, avec des chefs d’entreprises ancrés dans leur terroir et qui se sentent une responsabilité vis-à-vis de leur terroir. De plus en plus nous sommes capables d’attirer des entreprises extèrieures et pas des moindres : Louis VUITTON, L.V.M.H., entreprise de luxe, a installé une ligne de fabrication en Vendée, parce qu’ils ont trouvé sur place une main d’oeuvre de qualité. P.LECOMTE : La première qualité de la Vendée, ce n’est pas sa terre. Ce sont ses hommes.... J’ai visité des groupes. C’est le régal des japonais, qui viennent faire la visite. C’est très "design". On s’imagine un trou, mais c’est très moderne ; c’est magnifique. J’ai vu travailler les ouvriers. L’esprit est d‘une grande qualité. Il y a une solidarité de co-voiturage. C’est très humain. Ils se soutiennent. C’est un modèle économique. On ne peut rien faire sans les Hommes. La question que je posais : ce modèle, est-ce qu’on le trouve partout ? Eh, bien non. C’est lié à son histoire et à sa mentalité. Alors c’est très bien. Le Conseil Général est anti-totalitaire ; on respecte les équilibres locaux. Une entreprise a son histoire, on la respecte. Chacun est respecté dans son éco-système. C’est une volonté locale. L’esprit vendéen, c’est particulier. Ce n’est pas l’esprit breton. On dit : c’est le catholicisme ! Non, parce qu’à côté, ils sont aussi cathos ; mais ce n’est pas pareil. Je posais la question, mais il n’y a pas de réponse. VIE ASSOCIATIVE et SOLIDARITE W.MONTASSIER : II y a quelques indicateurs intéressants que l’on ne trouve pas ailleurs. Une enquête récente montrait que la Vendée était le département où l’on travaillait le plus : 1577 h. par an. A contrario il y a un taux d’encadrement de fonctionnaires un des plus faibles de France. Un département où la vitalité associative est au top-niveau, puisqu’on a un nombre d’associations plus élevé que la moyenne nationale : 15 associations pour 1.000 h. On a un ancrage important : 72% des vendéens sont propriétaires ( la moyenne nationale est de 58%) P.LECOMTE : Cet esprit associatif, sa racine, d’où vient-t-il ? Cette particularité vendéennne n’est-t-elle pas liée à son passé religieux ? W.MONTASSIER : Pas uniquement. Mais il trouve quand même une partie de ses fondements dans le sentiment religieux. Le sens de la solidarité, du partage, de la coopération. Tout le mouvement coopératif agricole est né de ce sentiment. Tout cela s’ajoute au fait que l’industriel, l’entrepreneur vient du terroir, vient des bourgs. Et tout cela converge. Il y a un réseau de solidarité sur place. Le chef d’entreprise qui était un petit artisan, il allait à l’école et à la messe avec ceux qui vont devenir ses ouvriers. Tout cela concourt à une sorte de consensus social qui constitue le modèle économique vendéen. En sorte que l’ouvrier, la population vendéenne n’a pas de conscience de classe. Il a une conscience d’appartenir à une association sportive où il retrouve le chef d’entreprise, à une association de solidarité locale, à sa paroisse, aux associations de parents autour des écoles. Tout cela fait qu’il adhère au modèle industriel vendéen. P.LECOMTE : II y a un trait frappant, typique de la Vendée : c’est la seule région de France où il n’y a pas de grande ville. Il n’y a pas de bourgeoisie et de classe ouvrière. Le patron met ses enfants à l’école du village. Il n’y a pas de rupture. Il y a une continuité de compétence. C’est frappant. Ailleurs, il y a une bourgeoisie. Il y a les beaux quartiers et les bas quartiers. En Vendée je n‘ai pas vu cela. Il y a une homogénéité culturelle. C.BOURMAUD : Rassurez vous, il n’y a pas de communistes. Il n’y a pas de grande ville, ni de gros bourgs. Il n’y a pas d‘attraction. Chacun vit à la campagne et vit chez lui. Le chef.d’entreprise a sa maison à côté de l’ouvrier. Tout le monde vit dans la même galère. On est tous dans le même bateau : le chef d’entreprise est dans le même bateau que l’ouvrier. Il faut que le chef d’entreprise tourne pour faire vivre ses salariés. Dans le transport voyageurs, en Vendée il y a beaucoup d’entreprises familiales. Les gens, y veulent que ça marche. Ils ne sont pas là pour gagner de l’argent. Ils sont là pour que tout le monde vive, pour faire vivre nos familles. Car il y a, derrière, les femmes et,les enfants. Il y a un esprit vendéen. DEMOGRAPHIE et IMMIGRATION. QUESTION d’AUDITEUR : 1)Il y a 10 ans on évaluait la population à 10.000h. A-t-elle augmenté depuis ? 2) Qu’en est-il de l’immigration ? - celle qui ne travaille pas. 3)Qu’en est-il de la perennité de la Vendée ? Y a-t-il d’autres Ph. de Villiers pour prendre la suite ? W.MONTASSlER : Y a-t-il un problème démographique en Vendée ? On a eu très longtemps une démographie très positive. Ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui. On commence à avoir des augmentations de populations qui ne résultent pas du solde naturel,mais du solde migratoire.. Il faut qu‘on ait un modèle d’immigration, d’assimilation très fort et je pense qu’on peut y arriver. Car cette immigration sera nécessaire si cette démographie n’y répond pas. Pour qu‘elle ne vienne pas pour prendre ce qui est bon en Vendée et y apporte ce qui serait moins bon, car ce serait une rupture avec le modèle vendéen. C’est ce qui fait sa force, justement par la structure de notre économie, par ce réseau très dense de P.M.E. et ce lien direct entre le chef d’entreprise et ses ouvriers. On a un faible taux d’encadrement, parce qu’il y a un tel niveau de confiance et de responsabilisation qu’il n’y a pas forcément besoin de cadres comme en d’autres secteurs. Et le chef d‘entreprise est toujours très, très présent, et très tôt, et toujours aux côtés de ses ouvriers en permanence. Ce n’est pas une vue de l’esprit. C’est concret. Je le vois tous les jours en allant visiter les entreprises. Grâce à ce modèle vendéen, on arrivera à intégrer et à faire adhérer cette immigration à ce modèle pour qu’elle reste vertueuse. A.MATTEACCIOLI : Est-ce que cette immigration vient de l’intèrieur ou de l‘extèrieur ? W.MONTASSIER : Rassurez-vous, pour le moment ce ne sont pas les turcs. T.ROLANDO : Pour le moment il y a une double immigration. Nous avons aussi des personnes agées qui viennent s’installer en Vendée, du Pays de Loire, d’lle de France. Mais il y a aussi un autre courant de jeunes patrons, qui ont une trentaine d’années,qui viennent soit pour suivre leur cursus professionnel, soit pour exploiter un commerce et trouver un autre espace de vie.. La Roche s/ Yon, c’est 50.000h. Le département c’est 550.000 h., un département moyen, au 44ème rang national. On conserve cet équilibre économique et humain, bien qu’il y ait des pôles plus importants, mais ce ne sont pas des pôles dominants. P.LECOMTE : II y a aussi une raison à cette faible immigration, c’est qu’en Vendée le travail manuel n’est pas dévalorisé. Les travaux simples, on ne les donne pas à des populations étrangères, en les remettant. Les jeunes sortent avec des formations techniques, BEP... Il y a de nombreux centres de formation. Tout de suite ils sont intégrés, ils travaillent ... Les études sont fonction des besoins..... Il n’y a pas de vide qui attire des populations extèrieures. Il y a une modestie du travail qui est bénéfique. LES MUTATIONS, B.G. N’y a-t-il pas des secteurs en difficulté : textile, chaussures .... ? W.MONTASSIER : Les industries à forte capacité de main d’oeuvre sont menacés. Les mutations sont fortement engagées. La Vendée a bien pris le virage. C’est là où ont eu lieu les mutations industrielles les plus dures que le chômage est le plus faible aussi. Les tournants sont bien pris : du textile vers l’habillement, de la chaussure vers l’agro-alimentaire et la plasturgie. On a une aptitude en Vendée à s’adapter. Le Bois, l’Ameublement est un secteur qui s’est beaucoup développé, mais rencontre des difficultés. C’est pourquoi à travers Vendée-Expansion on essaye de venir en aide, en appui, aux secteurs menacés. Mais c’est là que nous avons de très beaux fleurons de l’industrie de l’Ameublement. Les meubles Gautier exportent en Chine des tables basses avec vitres. La vitre vient de Chine, mais la table basse est exportée en Chine. Donc on a du génie pour créer, innover et trouver des débouchés. Voilà, il faut savoir s’appuyer sur la qualité, mais aussi sur des solidarités, des mises en réseau. La Vendée représente 22% des dossiers ANVAR en Pays de Loire. C’est vous dire qu’il y a une capacité à innover. Nos chefs d’entreprise ne sont pas des financiers. Ce sont des hommes intelligents, mais ce ne sont pas des intellos. Ce ne sont pas des conceptualiseurs. En revanche, ils ont énormément d’idées, des qualités de créativité et d’innovation. Une intelligence pratique, concrète, à sentir i’évoiution, les tendances de consommation et à s’y adapter.... La Ventrée est le 2ème producteur de foie gras. On s’est lancé, alors qu’il y avait déjà le Gers, la Dordogne. LA BRIOCHE VENDEENNE B.G. : Nous avons en ligne Gilles FONTENEAU...Pourriez vous nous dire d’abord l’origine de votre entreprise ? G.FONTENEAU : Je suis boulanger de métier. J’ai repris en 1977 une boulangerie-pâtisserie avec 3 salariés. J’ai proposé à des grandes surfaces de la région la brioche vendéenne. En 83 j’ai acheté un local de 200 m2 Pour faire face au développement, j’ai dû étudier le choix d’un nouveau type, très attiré par les nouveaux concepts des Vendeo-Pôles. Je l’ai agrandi progressivement jusqu‘à 2.200 m2 et me suis fixé à Boufféré en 2000 pour y installer un nouveau site de production. Après 5 ans d’activités sur ce site, je peux dire qu’il m’a donné une image positive de mon entreprise. Aujourd’hui de 2.200 m2, nous sommes passés à 6.500 m2 couverts et nous employons une centaine de salariés. Nous sommes sur un site très agréable, très bien placé sur le bord de l’autoroute A 83. Ce choix a été déterminant. Le Conseil Général et les Vendéo-Pôles ont donné aux entreprises des structures adaptées au développement des activités. On a aujourd’hui des chefs d’entreprises qui comme moi, en partant de rien, ont beaucoup d’idées et sont bien conseillés. B.G. : Vous avez un produit. C’est l’image d’une production locale typiqve. Et la qualité que l’on trouve dans les grandes surfaces aujourd’hui est très supèrieure à celle d’il y a quelques années. Vous avez sûrement une recette. G.FONTENEAU : C’est vrai. Je fais partie d’une association "La Brioche Vendéenne“. Nous avons mis en place un cahier des charges avec des matières premières de qualité et des conditions de fabrication. Aujourd’hui, nous sommes contrôlés par un cabinet organisateur. On a protégé le label :" vendéen". On se bat pour la qualité, le savoir faire de notre terroir. La Brioche et la Gâche vendéenne. Combien de salariés ? - Nous avons une centaine de salariés. 17 millions d‘euros de Ch.Aff. La marque FONTENEAU, vous la voyez très peu. Bientôt vous verrez la marque ""la Boulange“ fabriquée par Fonteneau. Nous commençons aussi l’exportation. W.MONTASSIER : Je voudrais souligner qu’il est exemplaire du modèle vendéen, de l’artisan qui devient entreprise et qu’il a toujours une idée en chantier. Aussi bien sur les produits que sur les process de fabrication, avec le souci de l’ancrage territorial. On parle souvent de délocalisation. Mais quand on parle avec G.F. de ses sous-traitants, il a le souci permanent de les avoir proches de chez lui. Parce qu’il y a un dialogue qui s’instaure, il y a une connaissance mutuelle qui nait ; parce qu’on se rend des services, parce qu’à échanger,on progresse ensemble . Et ça, on ne l’obtient pas quand on a des sous-traitants peut-être plus performants sur le plan du coüt, ma s à des milliers de km. Donc c’est une des réponses qu’il vit au quotidien au fameux problème des délocalisations. Cette capacité à trouver des partenaires locaux qui vous permettent de développer de la qualité. G.FONTENEAU : II est clair que je reste aux sources. J’essaye de prendre de plus en plus de fournisseurs locaux., avec qui on fait de la recherche, avec qui on a un dialogue. C’est un travail amical avec des ambitions derrière. Pour moi c’est très important d’être écouté, d’avoir des idées de pâtes, de productions et d’autres idées de machine s. B.G. : On va demander maintenant à Christian BOURMAUD, patron de "Bourmaud-Voyage, dans le secteur tertiaire du tourisme de faire un tableau de son entreprise. Quelles sont vos origines ? Comment avez-vous commencé ?

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