Alliance Sociale des Peuples et Pays de France

QUI CRÉE LA MONNAIE ?

jeudi 20 mai 2004

Depuis le début du siècle le crédit se développe inexorablement alors que la circulation des billets de banque et pièces de monnaie se réduit. En 20 ans, de 1975 à 1995, le volume des échanges, ventes et achats, en billets de banques et pièces de monnaie est passé de 14,5 % à 4,5 % de l’ensemble des transactions. Rien de plus normal, croyons nous, puisque nous réglons nos achats par chèque bancaire ou par carte magnétique, ce qui réduit les risques de vol alors que nos billets et pièces sont déposés à la banque.

Faux ! Car les billets et pièces que nous déposons à la banque n’y restent pas. Ils sont prêtés à d’autres personnes sous forme de crédit contre intérêt. En laissant 10.000 francs en billets sur votre compte courant ; vous permettez à votre banque de les prêter à l’un de ses clients, mais dans le même temps vous réglez vos achats par chèque. C’est donc en fait 20.000 francs qui circulent :
- les 10.000 francs en pièces et billets constituent la monnaie permanente qui restera dans le circuit,
- les 10.000 francs de crédit forment la monnaie temporaire qui disparaîtra à l’échéance du crédit..

C’est pourquoi la masse monétaire comprend aujourd‘hui 4,5 % de monnaie permanente (ou monnaie centrale) et 95,5 % de monnaie temporaire (ou crédit).

 
en % de M4
Masse Monétaire 1974 1995
Monnaie permanente Billets 14,5 4,5
Monnaie temporaire [1] : Dépôt à vue 42,4 27,9
« « M1 57 32,5
« « M4 - M1 43 67,5
« « M4 100 100

MAIS MOI, JE NE SUIS PAS ENDETTÉ ?

Pour illustrer ceci, nous pouvons dire que sur un salaire de 10.000 francs, 450 francs sont réellement disponibles mais que 9550 francs sont émis sous forme de crédit. Crédit que quelqu’un, que ce soit l’employeur lui-même, ses fournisseurs ou ses clients, devra bien rembourser.

Mais très peu de personnes s’en apercevront puisqu’entre temps de nouveaux crédits seront délivrés. La preuve ? vous étiez vous aperçu que les composantes de la monnaie avaient changé en 20 ans ? Que plus de 95 % de la monnaie émise par la Banque de France sont garantis par des créances sur l’économie, c’est-à-dire des reconnaissances de dettes privées comme publiques ?

Si, de 1959 à 1972, la monnaie permanente progressa de 5,6 % par an au même taux que le Produit Intérieur Brut ; de 1973 à 1996, elle ne s’est accrue que de 0,4 % par an, d’où la restriction des moyens de paiement et le ralentissement de la croissance à 2 % l’an. Depuis 1990, cette croissance n’est plus que de 1,1 % l’an. A ce rythme, les emplois disparaissent alors qu’à 4 % il s’en crée 300.000 par an.

Il faut donc dorénavant davantage de monnaie mais par d’autres moyens que l’endettement. Or, la création monétaire, c’est aujourd’hui essentiellement de la monnaie temporaire, du crédit avec en contrepartie de l’endettement et toujours un peu moins de pouvoir d’achat à terme.

ENDETTEMENT INTÉRIEUR TOTAL 1995

  en milliards de frs. 95
Endettement Intérieur Total 10586,4
Etat 3178,2
Ménages 2503,4
Sociétés 3881,0
Autres 1023,8

58,3 Millions de français ont un endettement total de 10588,4 Mds. de frs. Chaque français a une dette médiane de 181.584,8 francs ... et le but du jeu, dans le système financier actuel, c’est de la faire supporter par un autre que soi.

UNE MONNAIE POUR ÉCOULER LA PRODUCTION

Il faut trouver d’autres sources de création monétaire que l’endettement. Il faut confier à la Banque de France le soin d’une régulation monétaire permanente se fixant comme objectif d’évolution monétaire les capacités de production potentielles. Puis ajuster les moyens de paiement à la production.

C’est l’objectif du crédit social mutuatisé que nous proposons :

Il convient tout d’abord d’obliger les banques à couvrir tous les crédits qu’elles consentent à leur clientèle par les épargnes, en monnaie permanente et de terme aussi longs. Ainsi, la création monétaire reviendra à la seule Banque de France qui pourra ainsi ajuster la masse monétaire aux capacités de production potentielles du pays.

L’objectif de cette nouvelle monnaie, qui remplacera le volume de crédit bancaire, sera de permettre l’écoulement intégral de la production auprès de tous les agents économiques.

l e volume de cette monnaie additionnelle ne devra donc pas être thésaurisable. Elle sera donc périodiquement retranchée auprès des derniers fournisseurs et réinjectée auprès de tous les citoyens, qu’ils soient actifs ou non, par deux circuits complémentaires, avec :

⇨ les Dividendes Familiaux ; Ce sont des revenus additionnels périodiques distribués aux citoyens dès la naissance, comme dividende de la productivité nationale et héritage du progrès collectif.

⇨ les Escomptes Compensés ; Ce sont des baisses de prix de certains biens et services qui seront compensés aux fournisseurs, comme ce fut le cas pour l’automobile en 1995. Mais ces dividendes familiaux et ces escomptes compensés seront financés par l’ajustement de la masse monétaire de la Banque de France au niveau de la production potentielle, et non par l’impôt. Il ne s’agit plus d’un processus redistributif mais distributif diffusant à tous un pouvoir d’achat additionnel équilibrant la production à la consommation.

main droite C’est le crédit social mutualisé.

[1] M1 = billets + dépôts à vue M4 - M1 = créances sur l’économie, c’est-à-dire bons du Trésor, effets de commerce, emprunts....


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