Alliance Sociale des Peuples et Pays de France

Pour une monnaie active et sociale

Ils sont plusieurs à le penser
vendredi 18 août 2006 par Janpier Dutrieux

De plus en plus d’êtres humains souffrent et s’enfoncent dans la misère. Aucune disposition de nature politique n’a, jusqu’ici, apporté d’améliorations significatives. C’est pourquoi il est nécessaire de s’attaquer résolument au cœur du problème. Les peuples, créateurs de toutes les richesses réelles, sont, avec l’assentiment des responsables politiques, dépossédés par les puissances financières de leur droit naturel et légitime de créer de la monnaie. Le système monétaire en vigueur est donc pervers, détourné de son objectif initial. Dans notre pays, la charge de la dette publique pèse lourdement sur l’économie générale, donc sur les entreprises et les foyers. Elle paralyse la croissance économique avec des conséquences dramatiques. Substituer l’émission de monnaie gratuite par la Banque centrale à l’émission de monnaie coûteuse par les banques commerciales apparaît donc à la fois comme un droit et une impérieuse nécessité. L’objection selon laquelle l’émission par la Banque centrale (qu’elle soit française ou européenne) aurait un effet inflationniste est d’autant moins recevable que les remboursements seraient plus faciles, la charge de la dette ayant disparu. Nous considérons que le droit de création monétaire par la Nation est un des premiers droits de l’Homme. Ce droit, aujourd’hui foulé aux pieds, conditionne tous les autres. La création monétaire ne peut être déléguée à aucun organisme privé qui en tire profit. Nous attendons de votre part une action résolue pour que notre système monétaire ne demeure pas sur les bases d’un passé révolu porteur de souffrances incommensurables, alors que le développement des sciences et des techniques apporte la possibilité de résoudre tous les problèmes humains d’ordre matériel. Le silence n’est pas neutre.

Citations d’auteurs qu’il convient de méditer pour sortir de la pensée unique en matière économique. Pour une monnaie active et sociale.

« Dans le cas de la création monétaire l’avantage serait toujours pour ceux qui émettraient la monnaie de crédit ; et comme le gouvernement représente la nation, la nation aurait épargné l’impôt, si elle, et non la banque, avait fait elle-même l’émission de cette monnaie... Le public aurait un intérêt direct à ce que ce fût l’Etat, et non une compagnie de marchands ou de banquiers, qui fit cette émission ». David Ricardo, Principes d’économie politique

« La puissance d’argent fait sa proie de la nation en temps de paix et conspire contre elle en temps d’adversité. Elle est plus despotique que la monarchie, plus insolente que l’autocratie, plus égoïste que la bureaucratie. (...) Les groupes financiers et industriels sont devenus tout puissants, il s’ensuivra une ère de corruption aux postes élevés et la puissance d’argent du pays cherchera à prolonger son règne en utilisant les préjugés du peuple jusqu’à ce que la fortune soit concentrée en un petit nombre de mains et la république détruite ». Abraham Lincoln

« Qu’est-ce que le crédit, sinon le simple pouvoir d’acheter en échange d’une promesse de payer ? La fonction d’une banque ou d’un banquier est d’acheter des dettes avec des promesses à payer.... La pratique seule du crédit amène ainsi par l’abus qu’on est porté à en faire, aux crises commerciales.... Le crédit est le principal moteur, il donne l’impulsion ; c’est lui qui, par la signature d’un simple effet de commerce, d’une lettre de change, donne une puissance d’achat qui parait illimitée... » Clément Juglar, Les crises commerciales

« Le fait de faire revivre maintenant l’ancien système de couverture intégrale des dépôts (...) empêcherait effectivement l’inflation et la déflation suscitées par notre système actuel, c’est-à-dire stopperait effectivement la création et la destruction irresponsables de monnaie par nos milliers de banques commerciales qui agissent aujourd’hui comme autant d’instituts privés d’émission (...). L’essence du plan 100 % monnaie est de rendre la monnaie indépendante des prêts, c’est à dire de séparer le processus de création et de destruction de monnaie du prêt aux affaires » Irving Fisher, 100 % money

« Le jugement éthique porté sur le mécanisme du crédit bancaire s’est profondément modifié au cours des siècles. (...) A l’origine, le principe du crédit reposait sur une couverture intégrale des dépôts. (...) Ce n’est que vers le XVII e siècle, avec l’apparition des billets de banque, que les banques abandonnèrent progres-sivement ce principe. Mais ce fut dans le plus grand secret et à l’insu du public » (...) « ’En abandonnant au secteur bancaire le droit de créer de la monnaie, l’Etat s’est privé en moyenne d’un pouvoir d’achat annuel représentant environ 5,2 % du revenu national ». Maurice Allais, Prix Nobel d’économie, La réforme monétaire

« La loi de l’usus communis porterait à poser que du moins et d’abord pour ce qui concerne les besoins premiers, matériels et spirituels de l’être humain, il convient qu’on ait pour rien le plus de chose possible (...). Que la personne humaine soit ainsi servie dans ses nécessités primordiales, ce n’est après tout que la première condition d’une économie qui ne mérite pas le nom de barbare. Les principes d’une telle économie conduiraient à mieux saisir le sens profond et les racines essentiellement humaines de l’idée d’héritage, en telle sorte que tout homme, en entrant dans le monde, puisse effectivement jouir, en quelque façon, de la condition d’héritier des générations précédentes ». Jacques Maritain, Humanisme intégral

« La monnaie permanente est, pour une nation, ce que les capitaux propres sont pour l’entreprise : et une nation qui est privée de monnaie permanente est soumise aux mêmes aléas qu’une entreprise manquant de capitaux propres. Il y a là une exigence structurelle que les traités européens devraient prendre en compte avant que les monnaies nationales n’aient été retirées de la circulation ». Pierre Aunac, ancien membre du Comité Economique et Social d’Auvergne,

« Toute croissance nécessite une croissance parallèle de la masse monétaire. Si cette monnaie n’est pas introduite par l’Etat, elle sera demandée aux autres sources possibles et en premier lieu au crédit. (...) On peut montrer finalement comment la carence de la création de la monnaie par l’Etat a obligé l’économie a avoir recours au crédit, pourquoi aujourd’hui les 85 % de la monnaie sont dus à celui-ci. (...) Si, en revanche, le gouvernement introduisait de la monnaie sur contrepartie d’Etat, les entreprises pourraient rembourser leurs dettes. La masse monétaire augmenterait à cause de l’action du gouvernement et diminuerait à cause du remboursement des dettes. On entrevoit le mécanisme d’une nouvelle politique que nous appellerons la politique du changement des contreparties de la monnaie ». (...) Les opérations de désendettement sont vieilles comme le monde. (...) On introduit une monnaie à contrepartie d’Etat et on détruit la monnaie qui avait été créée par les dettes ». Proposition de loi organique n° 157, Assemblée Nationale 1981.

La charité n’est pas la solution ; elle nuit à la dignité et entretient une relation de dépendance. (Les) aides (internationales) portent sur des infrastructures qui ne servent à rien dans un pays ravagé par la pauvreté, mais profite aux économies des pays donateurs et aux riches des pays très pauvres ». Muhammad Yunus, Fondateur de la Grameen Bank, Vers un monde sans pauvreté - 1998

« Avant même la logique des échanges à parité et des formes de la justice qui les régissent, il y a un certain dû à l’homme parce qu’ il est homme, en raison de son éminente dignité. Ce dû comporte inséparablement la possibilité de survivre et celle d’apporter une contribution active au bien commun de l’humanité ». Jean-Paul II, Centesimus annus - 1991

« Je prétends que, dans la conjoncture actuelle, à condition d’entourer l’opération de garde-fous, l’émission de monnaie ex nihilo par la Banque de France, sans qu’existe aucune créance en contrepartie, est indispensable pour sortir notre économie de son anémie. (...) Il s’agirait de fournir aux ménages un pouvoir d’achat supplémentaire, qui n’alourdisse en rien les coûts de production. (...) Cette monnaie ne pourrait être remise au Trésor, ce que les accords européens interdisent. (...) C’est donc directement aux habitants du territoire français que la monnaie créée devra aller. (...) Le mot capitation désignant un impôt uniforme prélevé par tête d’habitant, l’allocation versée serait une capitation inversée. (...) 1000 ou 2000 frs. seraient versés à toute personne résidente, quel que soient son âge et ses revenus. La Banque (centrale) réserverait le droit de renouveler ou non l’opération si la conjoncture le demande ». Jean-Marcel Jeanneney, Fondateur de l’OFCE, Ecoute la France qui gronde - 1995

« On pourrait avoir une productivité plus grande des secteurs tertiaires, et générer en aval du pouvoir d’achat, si l’on avait plus de demande en amont. Mais la dite demande suppose déjà du pouvoir d’achat. Il faut donc qu’intervienne une demande exogène pour que reprenne la croissance, et que (...) lorsqu’une injection de monnaie de la Banque centrale paraît opportune au Conseil de la Politique Monétaire, que les modalités en soient étudiées entre ce dernier et le Gouvernement, étant entendu qu’elles pourraient viser à stimuler la demande privée aussi bien que la demande publique ». Jacques Méraud, Fondateur du CERC, Le Monde du 5/08/1997 et du 02/09/97.

« A l’aube du XXI e siècle, le droit à l’initiative économique correspond à une évolution technologique et économique inévitable. Il comble une lacune de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme sans mettre en cause le droit de propriété (article 17) puisque l’accès au crédit permet de partager l’avenir et non le présent ». Maria Nowak, Président de l’Association pour le Droit à l’Initiative Economique (ADIE),


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 73480

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site As de trèfle  Suivre la vie du site As de Trèfle de n°1 au n°25  Suivre la vie du site N°0   ?

Site réalisé avec SPIP 2.0.5 + AHUNTSIC

Creative Commons License