<?xml 
version="1.0" encoding="iso-8859-1"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Alliance Sociale des Peuples et Pays de France</title>
	<link>http://www.alliance-sociale.org/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>




<item xml:lang="fr">
		<title>N&#176; 300 : La France, malade du corporatisme (2 et fin)</title>
		<link>http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article156</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article156</guid>
		<dc:date>2010-08-30T22:04:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benjamin Guillemaind</dc:creator>



		<description>

-
&lt;a href="http://www.alliance-sociale.org/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;Hommes et m&#233;tiers (num&#233;ris&#233;s)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Simone Weil</title>
		<link>http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article65</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article65</guid>
		<dc:date>2010-07-03T10:07:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Lanza</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Simone Weil (1909-1943), Vie et oeuvre.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.alliance-sociale.org/spip.php?rubrique103" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;, Droit et Constitution, philosophie sociale &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.alliance-sociale.org/IMG/arton65.gif&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='130' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:130px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;SIMONE WEIL
1909 - 1943&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On est toujours quelque peu embarrass&#233; quand il s'agit d'&#233;voquer le destin, o combien singulier, de Simone Weil. Comment peut-on dire quelle femme hors du commun elle a &#233;t&#233;, sans craindre de la trahir ?
A ce jour, de nombreux ouvrages, biographiques ou g&#233;n&#233;raux, ont &#233;t&#233; consacr&#233;s &#224; celle qui, citant une phrase d'Eschyle, disait : &#171; Il est bon d'aimer au point de para&#238;tre fou &#187; ; les deux plus importants sont peut-&#234;tre bien celui de Simone P&#233;trement, en deux volumes, et celui, tout r&#233;cent, de Huguette Bouchardeau, mais il serait injuste d'oublier, ou de sous - estimer d'autres ouvrages sur des sujets sp&#233;cifiques, comme celui de Jean-Marie Muller sur &#171; Simone Weil et l'exigence de la non-violence &#187; (1992), ou encore celui de Maurice Schumann : &#171; La mort n&#233;e de leur propre vie : Gandhi, P&#233;guy, Simone Weil &#187; (1974).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;ATTEINDRE LA VERIT&#201;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans l'introduction de son &#171; Simone Weil &#187; (1995), Huguette Bouchardeau &#233;crivait : &#171; Simone Weil &#233;tait d&#233;vor&#233;e par le d&#233;sir de v&#233;rit&#233; et le d&#233;sir du partage. Ce serait sans doute la trahir que de vouloir, par quelque go&#251;t malsain pour l'obscur, par quelque insuffisance dans la mise au clair, r&#233;duire le nombre de ceux &#224; qui s'adresse son message. Plus nombreux seront ses compagnons de route, plus notre temps gagnera en humanit&#233; et en grandeur. Et Simone Weil, m&#234;me quand la sant&#233; et l'espoir de vivre la quitt&#232;rent, se battait pour cela ; sauver de la violence et de la sauvagerie les hommes concrets et la civilisation qu'elle aimait. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Simone avait &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e en dehors de toute pratique religieuse ; son p&#232;re &#233;tait ath&#233;e et sa m&#232;re ne pratiquait pas la religion juive ; d&#232;s son adolescence, elle devait &#234;tre tr&#232;s attach&#233;e au concept de puret&#233;. Elle avait d&#233;couvert toute la force de cette notion dans &#171; la contemplation d'un paysage de montagne &#187;, alors qu'elle avait seulement seize ans. Cette puret&#233; qu'elle revendiquait, c'&#233;tait aussi le d&#233;sir de v&#233;rit&#233;, face &#224; un monde dont les mensonges lui faisaient horreur.
D&#232;s cette p&#233;riode, Simone Weil consid&#233;rait avec respect tout ce qui touchait &#224; la religion, tout ce qui faisait du bien &#224; l'&#226;me. Elle observait, &#224; la fois curieuse et fascin&#233;e, mais tout en demeurant &#224; l'&#233;cart de l'Eglise catholique, pour elle &#171; terre &#233;trange &#187;. L'ann&#233;e de ses seize ans avait &#233;t&#233; celle de son entr&#233;e en philosophie. Son professeur au lyc&#233;e Victor Duruy, o&#249; elle pr&#233;parait le bac, &#233;tait Ren&#233; Le Senne (1882,1954), un spiritualiste, auteur d'un &#171; Trait&#233; de caract&#233;rologie &#187; ; il estimait que Simone &#233;tait l'une des &#233;l&#232;ves les plus brillantes qu'il e&#251;t rencontr&#233; au cours de sa carri&#232;re. Pourtant, le courant ne passait pas tr&#232;s bien entre eux, parce que Simone n'acceptait pas que Le Senne se permit de coller une &#171; &#233;tiquette &#187; sur ses &#233;l&#232;ves, par le biais de la caract&#233;rologie.
L'admiration qu'elle &#233;prouvait pour son fr&#232;re a&#238;n&#233;, Andr&#233;, par contre, &#233;tait sans borne. Les dons ind&#233;niables de celui-ci lui firent m&#234;me croire qu'elle n'&#233;tait qu'une &#171; m&#233;diocre &#187; lorsqu'elle atteignit ses quatorze ans ; mais bient&#244;t, elle eut une v&#233;ritable r&#233;v&#233;lation : &#171; Apr&#232;s des mois de t&#233;n&#232;bres int&#233;rieures, j'ai eu soudain et pour toujours la certitude que n'importe quel &#234;tre humain, m&#234;me si ses facult&#233;s naturelles sont presque nulles, p&#233;n&#232;tre dans ce royaume de la v&#233;rit&#233; r&#233;serv&#233; au g&#233;nie, si seulement il d&#233;sire la v&#233;rit&#233; et fait perp&#233;tuellement un effort d'attention pour l'atteindre &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'on souhaite mieux comprendre la vocation de Simone Weil &#224; assumer tout le malheur du monde, ne doit-on pas soi-m&#234;me aimer profond&#233;ment la v&#233;rit&#233; et s'efforcer, tout en restant modeste, de la conna&#238;tre avec obstination ? Certes, mais une pareille vocation ne peut gu&#232;re se partager. D'ailleurs, Simone se sentait &#171; seule, &#233;trang&#232;re, et en exil par rapport &#224; n'importe quel milieu humain sans exception &#187; (Attente de Dieu, pages 60 et 61).
Terrible est la solitude de celle qui a l'impression de marcher sans rencontrer un seul compagnon sur la route qui m&#232;ne &#224; son id&#233;al ! Les dix-huit premi&#232;res ann&#233;es de son existence, Simone les passa au sein d'une famille heureuse et ais&#233;e ; ses parents &#233;taient tendres et attentionn&#233;s et firent tout pour faciliter sa formation intellectuelle et morale. Elle passa son baccalaur&#233;at en 1924 et 1925, avant d'entrer au lyc&#233;e Henri IV pour y pr&#233;parer l'entr&#233;e &#224; l'Ecole normale sup&#233;rieure pendant trois ans.
Re&#231;ue au concours de Normale Sup. en juillet 1928, elle y &#233;tudia pendant trois autres ann&#233;es, obtenant l'agr&#233;gation de philosophie en juillet 1931. Simone n'&#233;tait pas une &#233;tudiante docile ; si elle admirait son ma&#238;tre Alain, elle affichait un certain m&#233;pris envers d'autres professeurs, se montrant parfois d&#233;sinvolte, et surtout elle adorait remettre en cause l'autorit&#233; et la hi&#233;rarchie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE SYNDICALISME COMME OUTIL DE LIBERT&#201;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Passionn&#233;e pour les id&#233;es pacifistes, elle militait pour le &#171; service civil &#187; ; elle participa aussi, au sein d'un Groupe d'&#233;ducation sociale, anim&#233; par des &#233;l&#232;ves d'Alain et un syndicaliste des chemins de fer, Lucien Cancou&#235;t, &#224; des cours &#224; l'usage des travailleurs. Pour elle, l'objectif de cette instruction &#233;tait simple : l'&#233;ducation ouvri&#232;re doit permettre au pouvoir de changer de camp.
Simone Weil d&#233;sirait ardemment instruire les travailleurs les plus d&#233;favoris&#233;s afin de pouvoir ainsi combattre plus efficacement l'injustice sociale. A se yeux, la seule lutte qui import&#226;t vraiment &#233;tait bien celle qui opposait le capital et le travail.
D&#232;s ses dix-huit ans, elle commen&#231;a &#224; se tourner avec sympathie vers le syndicalisme, plut&#244;t que vers les partis politiques. Pour elle, le syndicat, c'&#233;tait en quelque sorte l' &#187;outil &#187; qui permettrait aux travailleurs de &#171; fabriquer leur propre libert&#233; &#187;, alors que les partis politiques, comme les Eglises, par ailleurs, lui paraissaient &#171; n'avoir d'autre but que d'exister et d'exister le plus possible &#187;.
Elle donna son adh&#233;sion &#224; la Ligue des Droits de l'homme qui avait &#233;t&#233; fond&#233;e en 1898, lors de la fameuse affaire Dreyfus, mais elle y milita &#224; sa mani&#232;re, tr&#232;s personnelle, insistant surtout pour que la Ligue &#171; r&#232;gle son action sur cette supposition que ce qui est juste est possible &#187;, et pour qu'elle &#171; combatte syst&#233;matiquement les pouvoirs quels qu'ils soient &#187;. Simone pense que c'est le peuple et lui seul qui doit &#171; d&#233;cider des lois &#187;, le r&#244;le du gouvernement devant se limiter &#224; les &#171; ex&#233;cuter &#187; ; quant aux &#233;lus politiques, elle souhaite qu'ils se contentent d'&#234;tre de simples &#171; contr&#244;leurs &#187;, des &#171; surveillants &#187;, plac&#233;s &#171; entre le peuple qui dit ce qui doit &#234;tre et le chef qui ex&#233;cute &#187;.
Ces d&#233;buts de l'engagement social et politique de Simone Weil, issue de la bourgeoisie et toute enti&#232;re vou&#233;e au peuple, peuvent surprendre &#224; premi&#232;re vue, mais il faut tenir compte du fait qu'elle n'avait pas encore &#233;t&#233; affront&#233;e r&#233;ellement aux dures r&#233;alit&#233;s, ce qui explique en partie sa tendance &#224; s'enflammer d&#233;mesur&#233;ment pour toutes les causes qu'elle d&#233;fendait avec passion.
Certes, il y avait une bonne dose d'utopie dans cet amour effr&#233;n&#233; du &#171; peuple &#187;, par&#233; de toutes les vertus, mais cette d&#233;votion quasi mystique envers les &#171; petites gens &#187; frappait tous ceux qui la rencontraient et qui l'entendaient affirmer, sans l'ombre d'un doute, que &#171; la R&#233;volution donnerait &#224; manger &#224; tout le monde &#187;. Dans son activit&#233; intellectuelle, Simone se montrait tout aussi intransigeante. Elle r&#233;alisa, avec son dipl&#244;me d'&#233;tudes sup&#233;rieures, un travail consacr&#233; aux notions de &#171; science et perception chez Descartes &#187;. Elle r&#233;fl&#233;chit tr&#232;s s&#233;rieusement aussi sur l'id&#233;e du &#171; travail &#187;, et Simone P&#233;trement r&#233;suma ainsi les premiers articles que S. Weil fit para&#238;tre dans les &#171; Libres Propos &#187;, en 1929 : &#171; Par cette th&#233;orie du travail, Simone pouvait &#224; la fois glorifier l'ouvrier et fonder la connaissance sur la morale. Cela justifiait &#224; la fois sa politique et sa philosophie &#187;.
La conclusion de son premier article &#233;tait : &#171; La g&#233;om&#233;trie, comme toute pens&#233;e peut-&#234;tre, est fille du travail ouvrier &#187;. Celle du second : &#171; Eveillons-nous de nouveau au monde, c'est-&#224;-dire au travail et &#224; la perception, sans manquer de courage pour observer cette r&#232;gle... ; rabaisser notre propre corps au rang d'outil, nos &#233;motions au rang de signes &#187;.
Simone Weil avait d&#233;j&#224; une vision tout &#224; fait &#171; d&#233;mocratique &#187; du savoir, c'est en tout cas ce que nous apprend Huguette Bouchardeau, pr&#233;cisant : &#171; une vision qui la portera quand elle sera professeur, qui l'animera lorsqu'elle &#233;laborera des cours d'universit&#233; populaire, qui lui fera toujours rechercher la discussion exigeante avec tous, tant elle est persuad&#233;e que chacun peut acc&#233;der &#224; la connaissance &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au mois de juillet 1931, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; re&#231;ue &#224; l'agr&#233;gation de philosophie, elle fut nomm&#233;e au Puy, alors qu'elle e&#251;t pr&#233;f&#233;r&#233; une ville industrielle ou un grand port. Elle songeait d&#233;j&#224; &#224; faire l'exp&#233;rience de la vie ouvri&#232;re &#224; cette &#233;poque, et elle avait particip&#233; activement aux travaux des champs pendant des vacances &#224; la campagne, arrachant les pommes de terre jusqu'&#224; dix heures par jour, et s'effor&#231;ant de nouer des relations d'amiti&#233; avec ses compagnons de travail. Ses parents l'incitaient &#224; se montrer prudente et plus &#233;conome de ses forces, mais Simone ne les &#233;coutait gu&#232;re, et pratiquait &#233;galement plusieurs sports &#233;prouvants, comme le rugby ou l'athl&#233;tisme, en d&#233;pit de sa sant&#233; fragile et de sa maladresse.
Arriv&#233;e au Puy en Velay, pour son premier poste d'enseignante, elle se fit remarquer bien vite par son non-conformisme vestimentaire, s'habillant toujours tr&#232;s simplement, sans le moindre souci de coquetterie. Elle travaillait &#233;norm&#233;ment, r&#233;digeant la pr&#233;paration de ses cours en y exprimant ses propres id&#233;es, et donnant m&#234;me des cours suppl&#233;mentaires gratuits et facultatifs sur l'histoire des sciences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En d&#233;cembre de cette ann&#233;e 1931, Simone tint &#224; accompagner &#224; la mairie du Puy une d&#233;l&#233;gation de ch&#244;meurs qui venaient protester contre le travail humiliant auquel les contraignait la municipalit&#233; de la ville en &#233;change d'une allocation de mis&#232;re, et qui consistait &#224; casser des cailloux sur une place situ&#233;e juste en face du lyc&#233;e de jeunes filles.
Voir cette jeune femme, professeur, manifester au c&#244;t&#233; de ch&#244;meurs sans ressources, cela scandalisa, bien s&#251;r, les &#171; bien-pensants &#187;, et la presse locale et r&#233;gionale ne m&#233;nagea pas Simone, allant jusqu'&#224; parler d' &#171; une personnalit&#233; f&#233;minine jouissant d'une situation qui la met &#224; l'abri de la crise &#233;conomique &#187;.
Simone &#233;tait indign&#233;e par ces allusions perfides ; en outre, elle fut convoqu&#233;e &#224; l'inspection acad&#233;mique, qui la mena&#231;a de d&#233;placement. Mais les &#233;l&#232;ves de Simone Weil se mobilis&#232;rent, et firent signer une p&#233;tition de soutien &#224; leur professeur par leurs parents ,un seul s'&#233;tait abstenu. Le 4 f&#233;vrier 1932, apr&#232;s une manifestation de la CGTU, Simone est &#224; nouveau la cible de la presse locale, qui la traite d'agent de Moscou et insiste plut&#244;t lourdement sur ses origines juives. Quant &#224; l'hebdomadaire &#171; Le Charivari &#187;, journal satirique illustr&#233; parisien, il allait poser une fois encore cette question qui aga&#231;ait Simone : &#171; Pourquoi ne commence-t-elle pas par partager avec les quarante ch&#244;meurs du Puy son traitement qu'on dit confortable &#187; ? Simone, qui a la passion de partager, y compris l'argent qu'elle gagne, avec les d&#233;sh&#233;rit&#233;s, qui ne r&#234;ve que de participer en militante, mettant sa peau au bout de ses id&#233;es, aux combats de la classe ouvri&#232;re, ne pouvait qu'&#234;tre exasp&#233;r&#233;e par de tels sous-entendus venimeux, et ne pouvait que vomir pareille pol&#233;mique, r&#233;actionnaire et antis&#233;mite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle avait assist&#233;, en septembre 1931, au congr&#232;s de la CGT, alors dirig&#233;e par L&#233;on Jouhaux, (la CGTU &#233;tant, elle, proche du parti communiste). Elle y &#233;tait all&#233;e en compagnie de Canco&#251;et, cet ami cheminot avec qui elle avait donn&#233; des cours.
Dans un texte paru dans les &#171; Libres propos &#187;, elle ne se montra pas tendre envers la CGT socialisante : &#171; Elle ne tend qu'&#224; se conserver. Son but n'est plus d'agir ou de servir, mais simplement d'exister &#187;. Elle estimait qu'il &#233;tait urgent de lutter contre toute division syndicale et de constituer une grande force ouvri&#232;re. C'est &#224; ce moment qu'elle lia connaissance avec des syndicalistes r&#233;volutionnaires chevronn&#233;s, Maurice Chambelland, Pierre Monatte ou encore Daniel Gu&#233;rin, lesquels attribuaient au syndicat &#171; un r&#244;le essentiel dans la lutte r&#233;volutionnaire pour l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat &#187; et donnaient au parti &#171; un r&#244;le auxiliaire et non directeur &#187;, contrairement aux communistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LES GROUPEMENTS R&#201;ELS&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces syndicalistes mirent Simone Weil en contact avec le couple Th&#233;venon, de Saint-Etienne, Urbain et Albertine, des instituteurs syndicalistes. Chaque semaine, Simone allait faire au moins une fois le voyage du Puy &#224; Saint-Etienne et deux ans apr&#232;s, celui de Roanne &#224; Saint-Etienne, pour participer &#224; un cercle d'&#233;tudes organis&#233; &#224; la Bourse du Travail, ou bien participer &#224; des r&#233;unions ou &#224; des manifestations.
Simone avait acquis la conviction que les seuls combats qui &#233;taient susceptibles de conduire &#224; une authentique transformation sociale &#233;taient ceux men&#233;s par ce qu'elle appelait les &#171; groupements r&#233;els &#187; : d'une part, les associations patronales ou les trusts ; d'autre part, les regroupements de travailleurs sur la base de leur fonction dans la production. L'unit&#233; r&#233;elle de la communaut&#233; ouvri&#232;re lui apparaissait donc comme une condition indispensable pour que le pouvoir lui revienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Simone &#233;crivait de nombreux articles dans les journaux qui voulaient bien lui ouvrir leurs colonnes. Il est probable que la grande majorit&#233; de ces &#233;crits seraient consid&#233;r&#233;s aujourd'hui comme &#171; gauchistes &#187;, car Simone Weil ne m&#233;nageait ni les socialistes ni les communistes, tout en ayant &#171; le coeur &#224; gauche &#187;, c'est &#233;vident.
Pour elle, la condition n&#233;cessaire, pour que la r&#233;volution politique et la r&#233;volution &#233;conomique deviennent r&#233;elles, &#233;tait que celles-ci &#171; soient prolong&#233;es par une r&#233;volution technique qui &#233;tablira, &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la mine et de l'usine, la domination que le travailleur a pour fonction d'exercer sur les conditions de travail &#187;.
Pendant cette ann&#233;e pass&#233;e au Puy, Simone adorait provoquer les milieux &#171; bien-pensants &#187; ; elle aimait d&#233;plier et lire &#171; L'Humanit&#233; &#187; en public, n'h&#233;sitait pas &#224; se montrer narquoise et parfois insolente avec ses sup&#233;rieurs de l'Education Nationale, suscitant par ses propos et comportements des rapports qui &#233;taient adress&#233;s au minist&#232;re. On lui reprochait avant tout ses relations trop amicales avec des ouvriers, mais elle r&#233;pliquait aussit&#244;t en d&#233;non&#231;ant une administration qui en &#233;tait encore au r&#233;gime des castes. Son ma&#238;tre, le philosophe Alain, &#233;tait plut&#244;t satisfait de l'attitude frondeuse de Simone, tout en tenant &#224; rappeler que, selon lui, &#171; l'affranchissement des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux-m&#234;mes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'occasion du d&#233;fil&#233; du Premier mai, &#224; Saint-Etienne, elle voulut porter au moins quelques minutes le drapeau rouge. Elle signifiait ainsi sa joie de militer, de se rendre utile aux prol&#233;taires, de pouvoir nouer des amiti&#233;s dans le milieu syndical. Ses parents, sans la d&#233;sapprouver, s'inqui&#233;taient toutefois de la voir n&#233;gliger au plus haut point sa sant&#233; et son confort mat&#233;riel, cela afin de rester fid&#232;le &#224; son id&#233;al de partage et de lutte sociale ; en d&#233;pit d'une irritation parfois justifi&#233;e, ils ne cess&#232;rent jamais de lui prouver leur immense tendresse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En juin 1932, Simone avait demand&#233; sa mutation pour Saint-Quentin mais l'administration en d&#233;cida autrement et l'exp&#233;dia &#224; Auxerre. Cette ville de province la laissait assez froide, sans doute &#233;tait-elle trop &#171; bourgeoise &#187; &#224; son gr&#233; ; elle se souvenait surtout &#224; cette &#233;poque de son long voyage en Allemagne durant son cong&#233; estival. Elle &#233;tait partie l&#224;-bas, outre-Rhin, pour tenter de mieux faire comprendre ce grand pays qui la fascinait et qui, pr&#232;s de quinze ans plus t&#244;t, avait &#233;t&#233; vaincu par la France. Elle avait beaucoup observ&#233; les gens et constat&#233; un r&#233;el go&#251;t de l'embrigadement dans les mouvements de jeunesse ; elle s'&#233;tait alarm&#233;e, bien-s&#251;r, des progr&#232;s visibles de l'id&#233;ologie nazie, dont certains aspects impr&#233;gnaient m&#234;me la gauche, y compris le Parti communiste. Elle avait &#233;t&#233; t&#233;moin aussi, de la mis&#232;re des ch&#244;meurs, et de leur d&#233;sespoir qui risquait de les entra&#238;ner vers le premier &#171; sauveur &#187; venu. Pourtant, elle voulait encore croire en une possibilit&#233; de sursaut r&#233;volutionnaire dans cette Allemagne malade, malgr&#233; un syndicalisme qu'elle jugeait bien trop int&#233;gr&#233; &#224; l'appareil d'Etat, malgr&#233; une social-d&#233;mocratie trop mod&#233;r&#233;e &#224; ses yeux. Elle conservait une r&#233;elle attirance pour le Parti communiste allemand qui avait en son sein des militants d&#233;vou&#233;s et courageux,, mais elle d&#233;plorait leur manque d'exp&#233;rience et de culture politique, &#233;crivant : &#171; Un tel parti peut propager des sentiments de r&#233;volte, pas se proposer la r&#233;volution comme t&#226;che &#187;. L'espoir &#233;tait donc bien mince de ravir le pouvoir au capitalisme et &#224; ceux qui souhaitaient le perp&#233;tuer en proposant des solutions extr&#234;mes et radicales, les fascistes hitl&#233;riens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant son voyage de retour, elle fera un d&#233;tour par la Belgique, o&#249; elle rencontrera, &#224; Charleroi, un vieux mineur, militant trotskiste. Elle sera pleine d'admiration pour cet homme, pour ce militant que &#171; n'a pas corrompu la fr&#233;quentation d'intellectuels et de r&#233;volutionnaires professionnels &#187;. Huguette Bouchardeau &#233;crit fort justement : &#171; L'Homme contre l'Organisation, le travailleur contre le bureaucrate. Ainsi se dessinent les traits qui marqueront, tout au long de sa vie, sa pens&#233;e politique &#187;.
La chaleur de l'amiti&#233;, les discussions passionn&#233;es entre camarades, tout cela comptait &#233;norm&#233;ment pour Simone, et elle avait la nostalgie, &#224; Auxerre, de ses contacts st&#233;phanois, chez les Th&#233;venon, et de ses rencontres allemandes. Cependant, elle continua &#224; donner des cours suppl&#233;mentaires d'histoire des sciences, comme au Puy, et essaya d'int&#233;resser ses &#233;l&#232;ves &#224; sortir des sentiers battus et &#224; r&#233;diger des &#171; papiers &#187; personnels sur des sujets pris hors du programme. Jean Duperray, un instituteur qu'elle avait connu chez ses amis Th&#233;venon, &#224; Saint-Etienne, racontait comment un mineur avait un jour interpell&#233; Simone &#224; la Bourse du Travail, apr&#232;s une conf&#233;rence, en lui demandant : &#171; Quand ferons-nous la R&#233;volution ? Je dis : Quand ? &#187; Elle fut un moment surprise de cette question que, pourtant, elle-m&#234;me se posait tout le temps. Son pessimisme sur les chances du mouvement ouvrier lui valut de s&#233;v&#232;res critiques. Les militants n'aiment g&#233;n&#233;ralement pas que l'on doute de la victoire de leurs id&#233;es ; ils craignent que cela soit d&#233;mobilisateur pour les camarades de lutte. Pour Simone Weil, la R&#233;volution &#233;tait un &#171; travail &#187;, &#171; une t&#226;che m&#233;thodique que des aveugles ou des gens aux yeux band&#233;s ne peuvent pas faire &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LE SI&#200;CLE DE L'OPPRESSION BUREAUCRATIQUE.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La R&#233;volution est un travail, certes , mais quelle forme d'organisation faut-il pour ne pas retomber, comme toujours, dans la &#171; bureaucratie &#187; ? Elle n'est pas na&#239;ve au point de croire aux vertus de la non-organisation, qui ne peut qu'&#233;chouer. Elle veut militer partout o&#249; cela est possible, pour faire avancer la cause de l'unit&#233;. Georges Hourdin, auteur d'une &#171; Simone Weil &#187; (La D&#233;couverte, Paris, 1989), expliquant sa recherche d&#233;sesp&#233;r&#233;e d'une synth&#232;se entre r&#233;formistes, communistes et anarcho-syndicalistes, &#233;crivait : &#171; Simone Weil d&#233;couvrit qu'elle &#233;tait marginale par rapport &#224; tous &#187;.
Elle avait compris que la R&#233;volution russe d'Octobre 1917 avait &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e par la dictature stalinienne, et que l'URSS n'&#233;tait m&#234;me pas un &#171; &#233;tat ouvrier d&#233;form&#233; &#187;, comme le pensait Trotsky. Elle avait not&#233; &#233;galement les nombreuses analogies entre les r&#233;gimes fasciste et communiste, et elle citait une phrase de Tomsky, pouss&#233; au suicide par les staliniens : &#171; Un parti au pouvoir et tous les autres en prison &#187;.
La soci&#233;t&#233; du XX&#232;me si&#232;cle &#233;tait, pour Simone, celle de &#171; l'oppression bureaucratique &#187;.
Son id&#233;e-force &#233;tait la suivante : &#171; Tout groupe humain qui exerce une puissance l'exerce, non pas de mani&#232;re &#224; rendre heureux ceux qui y sont soumis, mais de mani&#232;re &#224; accro&#238;tre cette puissance ; c'est l&#224; une question de vie et de mort pour n'importe quelle domination &#187;.
La domination de la bureaucratie lui apparaissait donc comme &#233;tant la pire, puisqu'elle &#171; exclut tout jugement et tout g&#233;nie et an&#233;antirait m&#233;thodiquement toute initiative, toute culture, toute pens&#233;e &#187;. Mais alors, comment faire pour mettre d&#233;finitivement en &#233;chec le danger bureaucratique, sinon &#171; subordonner la soci&#233;t&#233; &#224; l'individu &#187; ?
C'&#233;tait bien ainsi que Simone concevait la d&#233;mocratie, et cons&#233;quemment le socialisme. Trotsky, &#233;videmment, ne pouvait approuver ce qu'il qualifiait avec m&#233;pris de &#171; formule de l'ancien lib&#233;ralisme, rafra&#238;chie par une exaltation anarchiste &#224; bon march&#233; &#187;. Vers la fin de 1932, Simone rencontra Boris Souvarine qui avait activement particip&#233;, en 1920, &#224; la cr&#233;ation du Parti communiste fran&#231;ais. Il avait rompu avec le communisme quatre ans plus tard. Une vraie camaraderie, affectueuse, allait na&#238;tre, entre deux &#234;tres assoiff&#233;s de v&#233;rit&#233;, deux intellectuels brillants et plut&#244;t marginaux, attach&#233;s d'abord &#224; la libert&#233;.
Souvarine avait lanc&#233;, en 1931, une revue : &#171; la Critique sociale &#187;, et il confia &#224; Simone Weil une analyse de la philosophie de L&#233;nine, apr&#232;s quoi elle &#233;crivit, semaines apr&#232;s semaines, son essai sur l'oppression et la libert&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LA CONDITION OUVRI&#200;RE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la rentr&#233;e scolaire de 1933, Simone rejoignit son nouveau poste &#224; Roanne, la deuxi&#232;me ville de la Loire ; elle &#233;tait vraiment heureuse de pouvoir reprendre les contacts avec ses amis Th&#233;venon, ainsi qu'avec tous ceux qui l'avaient soutenue lorsqu'elle enseignait au Puy.
A la Bourse du Travail de Saint-Etienne, elle fit la rencontre de Jean Duperray, qui revenait, lui aussi, d'un voyage en Allemagne. Toute sa vie, Duperray &#233;voquera Simone avec une &#233;motion profonde, d&#233;crivant avec force d&#233;tails ses efforts maladroits pour devenir humble et pauvre comme ses compagnons les plus d&#233;sh&#233;rit&#233;s ; il dira son go&#251;t de partager, et il parlera aussi de ces terribles maux de t&#234;te, dont Simone souffrira de plus en plus fr&#233;quemment.
Au cours des &#233;v&#233;nements graves qui se d&#233;roul&#232;rent &#224; Paris en f&#233;vrier 1934, Simone sembla prendre ses distances et garda le silence. Comme certains de ses amis qui adh&#233;raient au Comit&#233; de vigilance des intellectuels antifascistes, s'&#233;tonnaient de son absence, elle leur expliqua qu'elle avait pris la d&#233;cision de se retirer enti&#232;rement de toute esp&#232;ce de politique, sauf pour la recherche th&#233;orique, mais que cela n'excluait absolument pas une &#233;ventuelle participation &#224; un &#171; grand mouvement spontan&#233; des masses &#187;. Pourtant, lorsque ses amis manifest&#232;rent &#224; Saint-Etienne le 12 juin pour s 'opposer &#224; une r&#233;union des &#171; Croix-de-Feu &#187;, elle leur reprocha avec v&#233;h&#233;mence de ne pas l'avoir avertie. Si elle tenait tellement &#224; conserver son ind&#233;pendance, tout en se situant obstin&#233;ment dans le camp des opprim&#233;s, c'&#233;tait parce qu'elle n'avait qu'une confiance relative dans les id&#233;es exprim&#233;es au sein du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans de nombreux cas, ces id&#233;es l&#224; lui semblaient bien trop confuses pour &#234;tre cr&#233;dibles. Elle s'opposait vigoureusement au mythe de la guerre lib&#233;ratrice, estimant que la seule morale politique qui vaille &#233;tait la r&#233;sistance &#224; &#171; l'appareil administratif, policier et militaire &#187; quel que f&#251;t le nom sous lequel celui-ci se pr&#233;sentait : d&#233;mocratie, socialisme ou fascisme. &#171; La r&#233;volution, &#233;crivait-elle, apr&#232;s la lecture du roman de Malraux, &#171; La condition Humaine &#187;, n'a de sens que comme moyen ; si la fin poursuivie est vaine, le moyen perd sa valeur. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, rien n'a de valeur d&#232;s lors que la vie humaine n'en a pas &#187;.
En ces ann&#233;es 1933-34, Adolf Hitler avait pris le pouvoir en Allemagne, et la gauche, en France, pr&#233;parait d&#233;j&#224; l'av&#232;nement du Front Populaire. Simone Weil devenait de plus en plus pessimiste, y compris &#224; propos des organisations syndicales, o&#249; &#171; les ouvriers sont aux mains des bonzes, qui n'ont pourtant d'autres moyens que leurs fonctions bureaucratiques &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; J'AI OUBLI&#201; QUE JE SUIS UN PROFESSEUR AGR&#201;G&#201; EN VADROUILLE DANS LA CLASSE OUVRI&#200;RE &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutefois, elle s'appr&#234;tait &#224; prendre une d&#233;cision, pour elle d'une importance capitale : entrer en usine. Devenir ouvri&#232;re, pour mieux comprendre ce monde du travail qui la fascinait, et surtout pour penser plus justement. Mais elle n'agissait pas ainsi dans le but de participer &#224; une sorte d'aventure r&#233;volutionnaire, comme le firent, apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de Mai 1968, ces &#233;tudiants qui militaient dans les groupes gauchistes, particuli&#232;rement mao&#239;stes, en &#171; s'&#233;tablissant &#187; dans les entreprises, sans grand succ&#232;s d'ailleurs.
Durant l'ann&#233;e scolaire 1934-35, Simone avait obtenu un cong&#233; de l'Education nationale. Elle passa neuf semaines &#224; Alsthom, quatre semaines aux Ets. J.J. Carnaud, &#224; Boulogne-Billancourt, et un peu plus de deux mois chez Renault avant de r&#233;int&#233;grer son administration en Octobre, &#224; Bourges.
C'&#233;tait bien peu de temps pour une exp&#233;rience qui se voulait exemplaire, pourrait-on penser en se voulant contestataire. Peut-&#234;tre, mais ces quelques mois de travail en usine lui avaient tout de m&#234;me beaucoup appris sur la condition ouvri&#232;re. Elle notait tout avec pr&#233;cision, aussi bien sur le travail effectu&#233; ou sur les machines que sur ses compagnons de travail et sur les relations qu'elle avait avec chacun d'eux. Simone n'id&#233;alisait pas le milieu ouvrier, bien au contraire. Sa lucidit&#233;, sa rigueur, sa franchise, la contraignaient &#224; ne rien cacher des points n&#233;gatifs, les jalousies, les mesquineries, les stupides rivalit&#233;s pour quelques sous en plus ou en moins. Elle n'oubliait pas non plus de consigner ses propres insuffisances, son angoisse de mal faire, sa maladresse, son &#233;vident manque d'exp&#233;rience. Son Journal d'Usine d&#233;crit exactement ses souffrances physiques et cette humiliation qu'elle ressentait devant ce travail manuel qu'elle ma&#238;trisait si mal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Albertine Th&#233;venon n'avait pas approuv&#233; sa d&#233;cision de devenir ouvri&#232;re ; dans un avant-propos &#224; &#171; La condition ouvri&#232;re &#187;, en d&#233;cembre 1950, elle &#233;crivait : &#171; Je pensais et je pense encore que l'&#233;tat de prol&#233;taire est un &#233;tat de fait et non de choix, surtout en ce qui concerne la mentalit&#233;, c'est-&#224;-dire la mani&#232;re d'appr&#233;hender la vie ... Je pensais et je pense encore que les r&#233;actions &#233;l&#233;mentaires d'une ouvri&#232;re ne sauraient &#234;tre celles d'une agr&#233;g&#233;e de philosophie issue d'un milieu bourgeois &#187;.
Cependant, Albertine Th&#233;venon dut admettre que Simone Weil &#171; mena son exp&#233;rience &#224; fond et avec la plus grande honn&#234;tet&#233;, s'isolant de sa famille, vivant dans les m&#234;mes conditions mat&#233;rielles que ses compagnons d'atelier &#187;. Et elle ajoutait : &#171; Les lettres qu'elle m'&#233;crivit alors et l'article qu'elle publia &#224; la suite des gr&#232;ves de 1936 dans &#171; La R&#233;volution prol&#233;tarienne &#187; prouvent que sa possibilit&#233; d'adaptation et son pouvoir d' &#171; attention &#187;, pour employer une de ses expressions, lui ont permis de saisir avec acuit&#233; le caract&#232;re inhumain du sort fait aux travailleurs, surtout les non-qualifi&#233;s, &#171; tous ces &#234;tres mani&#233;s comme du rebut &#187; dont elle se sentait la soeur, ce qui chez elle n'&#233;tait pas litt&#233;rature. &#171; J'ai oubli&#233; que je suis un professeur agr&#233;g&#233; en vadrouille dans la classe ouvri&#232;re &#187;, &#233;crivait-elle. De cette exp&#233;rience, elle resta marqu&#233;e jusqu'&#224; la fin de sa vie &#187;.
Simone Weil avait pu constater, lors de ces quelques mois pass&#233;s en usine, que les ouvriers, en g&#233;n&#233;ral, ne connaissaient m&#234;me pas le sens de leurs gestes, et elle en d&#233;duisait que &#171; l'ignorance totale de ce &#224; quoi on travaille est excessivement d&#233;moralisante &#187;, parce qu'on &#171; n'a pas le sentiment qu'un &#171; produit &#187; r&#233;sulte des efforts qu'on fournit. On ne se sent nullement au nombre des producteurs. On n'a pas le sentiment non plus du rapport entre le travail et le salaire. L'activit&#233; semble arbitrairement impos&#233;e et arbitrairement r&#233;tribu&#233;e &#187;.
Si je puis, ici, me permettre une r&#233;flexion tr&#232;s personnelle, est-ce que les choses ont tellement chang&#233;, plus de soixante ann&#233;es apr&#232;s ? Lequel, m&#234;me le mieux intentionn&#233;, parmi nos hommes politiques de cette fin de si&#232;cle, peut-il jurer avoir une id&#233;e &#224; peu pr&#232;s exacte et correcte des conditions de travail actuelles dans nos entreprises, grandes ou petites, nos commerces, g&#233;ants ou de d&#233;tail, nos h&#244;pitaux et nos cliniques, nos transports en commun, ou encore nos chantiers du b&#226;timent, nos emplois municipaux, etc ?....
Est-il donc vraiment exag&#233;r&#233;, dans ces conditions, d'en conclure, comme le fit Simone Weil : &#171; La Politique m'appara&#238;t comme une sinistre rigolade &#187;.
De toutes ses forces, Simone, elle, avait voulu d&#233;couvrir la vie r&#233;elle, c&#244;toyer la classe de ceux qui &#171; ne comptent pas &#187;, ce peuple ouvrier et paysan qui, elle en avait acquis la conviction, ne serait jamais, n'en d&#233;plaise aux dogmatiques marxistes dont elle s'&#233;loignait de plus en plus, &#171; le genre humain &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle fut nomm&#233;e &#224; Bourges, en octobre 1935. Elle revenait de vacances en Espagne avec ses parents qu'elle avait accompagn&#233;s ensuite au Portugal. C'&#233;tait dans ce pays, dans un petit village, qu'elle eut son premier vrai contact avec le catholicisme : &#171; L&#224; j'ai eu soudain la certitude que le christianisme est par excellence la religion des esclaves, que des esclaves ne peuvent pas ne pas y adh&#233;rer, et moi parmi les autres &#187;.
A Bourges, comme au Puy ou &#224; Roanne, elle continua &#224; se m&#234;ler aux ouvriers des usines et &#224; fr&#233;quenter des familles paysannes. Entre janvier et juin 1936, elle &#233;changea de nombreuses lettres avec Monsieur Bernard, un ing&#233;nieur qui &#233;tait directeur technique des Fonderies de Rosi&#232;res, et &#233;ditait un bulletin, &#171; Entre nous &#187;. Simone aurait voulu y publier un article, qu'elle avait intitul&#233; : &#171; Appel aux ouvriers de R. &#187;, mais M. Bernard, malgr&#233; un &#233;vident d&#233;sir de dialogue, s'opposa &#224; cette publication, jugeant le texte trop revendicatif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'arriv&#233;e au gouvernement du Front Populaire et surtout les grandes gr&#232;ves avec occupations d'usines, rendirent d'abord Simone tr&#232;s heureuse de ces belles journ&#233;es de lutte, joyeuses et fraternelles, mais assez rapidement, elle &#233;mit des r&#233;serves, se demandant si toutes les revendications qu'exprimait la base syndicale &#233;taient suffisamment r&#233;alistes, et si l'on ne risquait pas d'&#233;voluer progressivement vers une &#233;conomie &#233;tatique et un pouvoir autoritaire, &#224; la suite d'une croissance brutale du nombre des ch&#244;meurs.
Simone sugg&#233;ra alors de &#171; limiter volontairement les revendications, mais de profiter des circonstances favorables pour constituer le premier embryon d'un contr&#244;le ouvrier &#187;.
Cette id&#233;e, h&#233;las, &#233;tait bien trop neuve pour &#234;tre reprise par les politiques. En 1937, elle fut nomm&#233;e &#224; Saint-Quentin, mais &#224; partir de janvier 1938, elle sera oblig&#233;e d'arr&#234;ter ses cours, et ne les reprendra plus jamais, ses atroces maux de t&#234;te ne lui laissant plus gu&#232;re de r&#233;pit.
Le 25 septembre 1936, elle &#233;tait retourn&#233;e en Espagne o&#249; elle avait visit&#233; des usines et des fermes dans les zones contr&#244;l&#233;es par les communistes et les anarchistes de la FAI et de la CNT. Ce &#171; communisme libertaire &#187; la laissa quelque peu sceptique, car elle se posait bien des questions sur la d&#233;shumanisation par la guerre, et cette &#171; attitude &#224; l'&#233;gard du meurtre &#187; que les conflits arm&#233;s d&#233;veloppaient. Sa lettre &#224; Georges Bernanos, l'auteur des &#171; Grands cimeti&#232;res sous la lune &#187;, dat&#233;e de 1938, &#233;voquait en priorit&#233; sa hantise de voir le meurtre devenir ainsi &#171; naturel &#187;... Fallait-il intervenir pour sauver les r&#233;publicains espagnols, directement menac&#233;s par l'arm&#233;e nationaliste du g&#233;n&#233;ral Franco ? Une telle intervention &#233;tait-elle l&#233;gitime ? Les guerres entre nations lui r&#233;pugnaient, et cette guerre civile l'horrifiait, mais son pacifisme s'accommodait mal d'exposer &#224; la d&#233;faite et sans doute &#224; de sanglantes repr&#233;sailles, une jeune r&#233;volution, tellement dynamique et d&#233;bordante de vie.
Simone, dans une lettre &#224; Ren&#233; Belin, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral adjoint de la CGT, qui essayait de limiter l'emprise du Parti communiste sur la conf&#233;d&#233;ration - et qui devait devenir ministre et secr&#233;taire d'Etat sous le r&#233;gime de Vichy - d&#233;clarait qu'elle pensait que &#171; la d&#233;faite n'est pas une pire catastrophe qu'une guerre victorieuse &#187;, et &#171; qu'une d&#233;faite sans guerre est pr&#233;f&#233;rable &#224; une guerre victorieuse &#187;. Elle savait fort bien toutes les objections que l'on ne manquerait de faire &#224; ce pacifisme exacerb&#233;, et elle pr&#233;cisait &#171; qu'une telle diplomatie &#233;chouerait au cas o&#249; l'adversaire voudrait la guerre pour la guerre &#187;. Mais, &#224; cette &#233;poque, elle affirmait que &#171; rien ne permet d'affirmer que Hitler veut la guerre pour la guerre &#187;.
Sauver la paix et la civilisation demande un maximum d'intelligence. La guerre n'est pas fatale, estimait-elle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;DE LA PUISSANCE A LA PURET&#201;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les probl&#232;mes pos&#233;s par le colonialisme pr&#233;occupaient beaucoup Simone Weil. Elle &#233;tait pleine de compassion pour ces peuples coloniaux, maintenus dans une in&#233;galit&#233; qui ressemblait &#224; l'esclavage, et elle se disait &#171; qu'une guerre europ&#233;enne pourrait peut-&#234;tre bien servir de signal &#224; la grande revanche des peuples coloniaux pour punir notre insouciance, notre indiff&#233;rence et notre cruaut&#233; &#187;.
Simone s'int&#233;ressait toujours autant au syndicalisme, tout en restant m&#233;fiante vis-&#224;-vis de sa d&#233;rive bureaucratique. Apr&#232;s juin 1936, elle prit plus nettement parti pour la CGT, cherchant &#224; convaincre les militants chr&#233;tiens qui adh&#233;raient &#224; la CFTC de rejoindre la conf&#233;d&#233;ration r&#233;unifi&#233;e cette ann&#233;e l&#224;, (la CGT de L&#233;on Jouhaux avait int&#233;gr&#233; la CGTU proche du Parti communiste). Elle &#233;crivit m&#234;me &#224; ce sujet &#224; Emmanuel Mounier qui dirigeait la revue &#171; Esprit &#187;. Son esprit critique n'en &#233;tait pas &#233;mouss&#233; pour autant. Elle &#233;tait farouchement hostile &#224; toute mainmise du Parti communiste sur le syndicat et persistait &#224; consid&#233;rer le &#171; contr&#244;le ouvrier &#187; comme devant &#234;tre l'objectif premier du syndicat, affirmant que le dit contr&#244;le devrait &#234;tre &#233;galement un contr&#244;le sur la production elle-m&#234;me.
Simone ne tenait pas &#224; trop se polariser sur les pol&#233;miques internes &#224; la conf&#233;d&#233;ration ; elle pr&#233;f&#233;rait, de loin, se pencher sur les revendications ouvri&#232;res concr&#232;tes. Tout en refusant, dans son purisme, toute &#171; collaboration de classe &#187;, elle se pronon&#231;ait sans &#233;quivoque pour &#171; un peu de compr&#233;hension mutuelle &#187;. Pour elle, une entreprise, c'&#233;taient avant tout des hommes et des femmes dont les int&#233;r&#234;ts divergeaient obligatoirement mais qui devaient s'efforcer de dialoguer afin de mieux se comprendre.
Elle multipliait les articles, enqu&#234;tes, conf&#233;rences, r&#233;flexions sur l'&#233;conomie, tout en faisant mine de laisser de c&#244;t&#233; tous les probl&#232;mes purement politiques. Le 22 juin 1937, apr&#232;s la chute du gouvernement de L&#233;on Blum, elle en tira quelques le&#231;ons, du genre : &#171; L'action m&#233;thodique, dans tous les domaines, consiste &#224; prendre une mesure non au moment o&#249; elle doit &#234;tre efficace, mais au moment o&#249; elle est possible en vue de celui o&#249; elle sera efficace &#187;.
L&#233;on Blum avait &#233;t&#233; l'un des gouvernants les plus intelligents et les plus cultiv&#233;s que la France ait connus, avait fait remarquer Simone Weil, mais l'intelligence n'est pas toujours politique, et les sociaux-d&#233;mocrates avaient bien trop souvent tendance &#224; ne s'int&#233;resser qu'&#224; des id&#233;es et &#224; &#234;tre d'abord des hommes de doctrine.
Pendant les ann&#233;es 1936-1937, Simone se tourna vers la musique, avec cette passion qui la caract&#233;risait. Son amie Simone P&#233;trement disait qu' elle &#171; pr&#233;f&#233;rait de plus en plus la puret&#233; &#224; la puissance &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un voyage en Italie entre avril et juin 1937 lui offrit l'occasion d'&#233;couter des oeuvres de Verdi, de Donizetti, de Rossini et surtout de Monteverdi qu'elle aimait par dessus tout, notamment son &#171; Couronnement de Popp&#233;e &#187;, &#171; une de ces merveilles dont le souvenir persiste toute une vie &#187;.
Cette d&#233;couverte de l'Italie avait &#233;t&#233; pour Simone un r&#233;el enchantement : Florence, surtout, lui avait apport&#233; &#171; une certaine quantit&#233; de jouissances pures en peu de temps &#187; ; pourtant, elle n'oubliait pas le peuple et ses malheurs, et non plus le fait que ce beau pays latin vivait sous une id&#233;ologie totalitaire, le fascisme de Mussolini. Elle alla jusqu'&#224; rencontrer des partisans convaincus du r&#233;gime, et elle ne leur cacha pas son aversion pour &#171; cette obsession de la nation, cette adoration de la force sous sa forme la plus brutale, &#224; savoir la collectivit&#233;.... cette divinisation d&#233;guis&#233;e de la mort &#187;. A Assise, elle passa deux journ&#233;es &#171; merveilleuses &#187; dont elle &#233;crira plus tard que, devant la petite chapelle o&#249; Fran&#231;ois, le &#171; poverello &#187;, avait si souvent pri&#233;, &#171; quelque chose de plus fort que moi m'a oblig&#233;e, pour la premi&#232;re fois de ma vie, &#224; me mettre &#224; genoux &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vers 1938, 1939, Simone eut beaucoup de temps libre, puisque la maladie qui s'aggravait l'avait contrainte &#224; ne pas reprendre son travail d'enseignante. Elle &#233;crivait sur la politique, sur l'&#233;conomie, se gardant de tout manich&#233;isme, tout en appelant &#224; une r&#233;vision du marxisme, dont elle d&#233;non&#231;ait le &#171; culte de la production &#187;, et aussi celui du &#171; progr&#232;s &#187;.
Pour Simone, &#234;tre &#171; r&#233;volutionnaire &#187;, c'&#233;tait &#171; appeler par ses voeux et aider par ses actes tout ce qui peut, directement ou indirectement, all&#233;ger ou soulever le poids qui &#233;crase la masse des hommes, les cha&#238;nes qui avilissent le travail, refuser les mensonges aux moyens desquels on veut d&#233;guiser ou excuser l'humiliation syst&#233;matique du plus grand nombre &#187;.
Si elle ne fr&#233;quentait plus gu&#232;re les milieux syndicaux, Simone ne se repliait tout de m&#234;me pas sur elle-m&#234;me pour autant. Elle participait assez fr&#233;quemment &#224; des r&#233;unions, o&#249; elle intervenait lors des d&#233;bats, quand elle le jugeait utile. Toujours aussi oppos&#233;e au colonialisme, elle protesta avec &#233;nergie contre les mesures prises &#224; l'encontre de Messali Hadj et de son organisation, l'Etoile nord-africaine, en Alg&#233;rie. Elle critiqua aussi l'oppression que subissaient les peuples d'Indochine, et se pronon&#231;a en faveur d'une &#233;mancipation progressive de nos colonies.
Au d&#233;but de 1938, Hitler occupa et annexa l'Autriche. Si elle avait pleinement conscience de la menace de domination europ&#233;enne par le national-socialisme qui se pr&#233;cisait, Simone Weil continuait de penser et d'&#233;crire que tout &#233;tait pr&#233;f&#233;rable &#224; la guerre, mais sans doute s'imaginait-elle que le nazisme ne durerait plus tr&#232;s longtemps, ce qui &#233;tait &#233;videmment une illusion. En avril 1938, Simone passa en compagnie de sa m&#232;re dix jours &#224; l'abbaye de Solesmes. On a pr&#233;tendu souvent que ce fut au cours de ce s&#233;jour qu'elle se &#171; convertit &#187; au christianisme. Elle r&#233;pliquera en assurant qu'elle se sentait chr&#233;tienne depuis toujours. Solesmes n'aurait donc &#233;t&#233; qu'une &#233;tape, certes forte, dans son &#233;volution spirituelle.
Mais il faut savoir que ce fut tout de m&#234;me en ce lieu que, souffrant d'&#233;pouvantables maux de t&#234;te, elle avait &#171; aim&#233; l'amour divin &#224; travers le malheur &#187;.
Elle ajoutera, afin d'&#234;tre s&#251;re de bien se faire comprendre : &#171; La Passion du Christ est entr&#233;e en moi une fois pour toutes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'est pas sans int&#233;r&#234;t de savoir qu'il n'y eut pas une Simone Weil &#171; politique et sociale &#187;, pour commencer, puis, par la suite, une autre Simone Weil, plus &#171; mystique &#187; et moins &#171; engag&#233;e &#187; temporellement. Une telle vision de celle que l'on appela parfois une &#171; sainte la&#239;que &#187; serait assez &#233;loign&#233;e de la v&#233;rit&#233;, car elle ne cessa jamais de participer, de pr&#232;s ou de loin, &#224; tous les combats pour la paix et pour la justice sociale.
Vint l'ann&#233;e terrible, 1939 ! Le 15 mars, les troupes hitl&#233;riennes entrent &#224; Prague ; le 7 avril, l'Italie de Mussolini envahit la petite Albanie ; le 22 mai, les Allemands et les Italiens s'allient officiellement ; le 23 ao&#251;t, c'est la signature du pacte germano-sovi&#233;tique qui &#233;coeurera certains intellectuels communistes ou progressistes, comme l'&#233;crivain Paul Nizan ; le premier septembre, l'Angleterre puis la France d&#233;clarent la guerre &#224; l'Allemagne nazie. Vers la fin de mars 1939, Simone avait renonc&#233;, la mort dans l'&#226;me, &#224; ce pacifisme quasi int&#233;gral qu'elle pr&#233;conisait jusqu'alors. Son fr&#232;re Andr&#233; qui avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; en Finlande, soup&#231;onn&#233; d'espionnage au profit de l'URSS, fut inculp&#233; d'insoumission &#224; son retour en France, puis condamn&#233; &#224; cinq ans de prison. Sa peine sera heureusement suspendue en &#233;change d'un engagement dans une unit&#233; combattante. Simone avait toujours eu beaucoup d'affection pour son fr&#232;re, elle &#233;changeait avec lui une riche correspondance culturelle et philosophique, sans concession, parce qu'ils &#233;taient loin d'&#234;tre toujours d'accord sur tous les sujets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En cette &#233;poque troubl&#233;e, Simone avait sans doute compris que les nations d&#233;mocratiques se trouvaient dans une situation p&#233;rilleuse et couraient le risque de se voir colonis&#233;es par les puissances de l'Axe. Dans ces conditions, le choix assez ang&#233;lique de la paix &#224; tout prix ne pouvait donc qu'&#234;tre pour le moins ambigu, et probablement inutile.
Elle esp&#233;rait malgr&#233; tout que les r&#233;gimes totalitaires en vinssent &#224; se d&#233;truire eux-m&#234;mes de l'int&#233;rieur, puisqu'ils &#233;taient maintenus uniquement par l'emploi de la force brutale, le mensonge et la terreur. Mais c'&#233;tait l&#224; un espoir vain, parce que pr&#233;matur&#233;. Chez Simone &#233;tait n&#233; et se d&#233;veloppait un v&#233;ritable esprit de r&#233;sistance, un go&#251;t certain de se battre au risque d'y laisser sa vie ; ce sentiment tr&#232;s fort ne devait plus la quitter d&#233;sormais. Le 13 juin 1940, Simone et ses parents quitt&#232;rent Paris dans un train bond&#233;, et, au terme de quelques m&#233;saventures plus ou moins d&#233;sagr&#233;ables, ils arriv&#232;rent &#224; Marseille. A ce moment, d&#233;j&#224;, elle d&#233;sirait s'exiler pour participer &#224; la r&#233;sistance contre cette capitulation devant les forces du mal que repr&#233;sentait pour elle l'armistice sign&#233; par le mar&#233;chal P&#233;tain. Elle partit pour l'Am&#233;rique avec sa famille dans le seul but de passer ensuite en Angleterre, afin d'y r&#233;aliser son projet un peu excentrique, qui consistait &#224; faire parachuter des femmes, combattantes volontaires, devant les lignes ennemies. Elle demandait, bien-s&#251;r, &#224; faire partie de cette unit&#233; d'infirmi&#232;res, &#171; pour faire du &#171; first aid &#187; en pleine bataille &#187;, mais cette requ&#234;te fut, g&#233;n&#233;ralement, mal accueillie par ses divers interlocuteurs, assez effar&#233;s, voire scandalis&#233;s, par son aventurisme, jug&#233; le plus souvent suicidaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En juillet 1940, comme son cong&#233; de maladie arrivait &#224; son terme, Simone r&#233;clama un nouveau poste, en indiquant une nette pr&#233;f&#233;rence pour l'Alg&#233;rie. La r&#233;ponse du ministre avait &#233;t&#233; positive, mais par un malheureux hasard, elle ne la re&#231;ut jamais.
S'imaginant &#234;tre l'objet d'une mesure d'exclusion cons&#233;cutive &#224; la publication, le 3 octobre 1940, du statut des juifs, elle s'empressa d'adresser une lettre d'une mordante ironie au ministre de l'Instruction publique o&#249; elle &#233;mettait l'hypoth&#232;se improbable d'une &#171; race &#187; juive, dont elle r&#233;affirmait, apr&#232;s l'historien juif Flavius Jos&#232;phe, qu'il devait exister bien peu de descendants authentiques, ce peuple ayant &#233;t&#233; presque totalement massacr&#233;. Elle pr&#233;cisait qu'elle-m&#234;me n'avait &#171; jamais vu une c&#233;r&#233;monie religieuse juive &#187;, et refusait d'ailleurs de se voir &#233;tiquet&#233;e au nom de quelque ascendance que ce soit. Elle &#233;crivait surtout le passage suivant qui &#233;mut et attrista beaucoup de juifs pratiquants : &#171; Ayant appris &#224; lire dans les &#233;crivains fran&#231;ais du XVII&#232;me si&#232;cle, dans Racine, dans Pascal, en ayant eu l'esprit impr&#233;gn&#233; &#224; un &#226;ge o&#249; je n'avais jamais entendu parler de juifs, s'il y a une tradition religieuse que je regarde comme mon patrimoine, c'est la tradition catholique. La tradition chr&#233;tienne, fran&#231;aise, hell&#233;nique est la mienne ; la tradition h&#233;bra&#239;que m'est &#233;trang&#232;re ; aucun texte de loi ne peut faire qu'il en soit autrement &#187;. Pour ces lignes d&#233;pourvues d'ambigu&#239;t&#233;, quoi qu'on en pense, Simone Weil fut souvent accus&#233;e d'antis&#233;mitisme, ce qui m'appara&#238;t comme totalement farfelu ; dans sa biographie, Huguette Bouchardeau nous explique que, tout au contraire, &#171; une lecture attentive de cette missive laisse surtout appara&#238;tre la remise en cause, sans concession, des fondements irrationnels de l'antis&#233;mitisme &#187;.
Elle rappelle aussi que, de la m&#234;me fa&#231;on qu'elle ne se sentait pas d'appartenance par rapport &#224; la &#171; jud&#233;it&#233; &#187;, elle refusera m&#234;me jusqu'&#224; la mort ce bapt&#234;me catholique qui, on l'oublie trop, pouvait &#234;tre, aussi, un passeport pour la vie, dans les ann&#233;es du nazisme triomphant &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; EN ATTENTE DE DIEU &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tr&#232;s attir&#233;e par le catharisme, cette r&#233;surgence de l'esprit hell&#233;nique, Simone portait un jugement s&#233;v&#232;re sur le contenu de l'Ancien Testament qui, pour elle, &#233;tait pour beaucoup dans la &#187; corruption du christianisme &#187;
Les milieux intellectuels qu'elle fr&#233;quenta assid&#251;ment pendant les ann&#233;es 1940 &#224; 1942, &#224; Marseille, autour de la revue &#171; Les Cahiers du Sud &#187;, en particulier, permirent &#224; Simone de poursuivre sa qu&#234;te de la forme de spiritualit&#233; dont elle r&#234;vait, et que Huguette Bouchardeau d&#233;finit comme suit : &#171; ...Capable de donner sens &#224; toute l'existence et coh&#233;rence &#224; toute une soci&#233;t&#233;, tout en se passant de l'irrationnalit&#233; des dogmes et de la servilit&#233; de l'ob&#233;issance &#187;.
Aux &#171; Cahiers du Sud &#187;, Simone donna plusieurs articles et des chroniques, sign&#233;s d'un anagramme, Emile Novis. Elle eut de nombreux contacts, durant ces ann&#233;es-l&#224;, avec le po&#232;te Jean Tortel, persuad&#233;, pour sa part, que Simone, &#171; avant tout se d&#233;sirait po&#232;te &#187;, mais aussi avec Jean Lambert, le gendre d'Andr&#233; Gide, avec Lanza del Vasto, avec Ren&#233; Daumal, et bien d'autres.
Dans ses &#171; Cahiers &#187;, dont une partie sera publi&#233;e en 1947, sous le titre ; &#171; La Pesanteur et la Gr&#226;ce &#187;, et les parties suivantes, en trois volumes, en 1951, 1953 et 1956, elle notait, p&#234;le-m&#234;le, des citations de textes, des observations et ses pens&#233;es les plus personnelles. Mais elle n'oubliait pas pour autant la triste r&#233;alit&#233; quotidienne d'un pays d&#233;chir&#233; par la guerre, et elle intervint, notamment, en faveur des travailleurs indochinois qui &#233;taient intern&#233;s au camp de Mazargues. Elle allait voir ces malheureux, leur distribuait des v&#234;tements et de la nourriture, leur donnait m&#234;me ses propres tickets d'alimentation. Elle &#233;prouvait de la honte pour son pays de tol&#233;rer l'existence de ces camps o&#249; l'on enfermait les &#233;trangers qui, pour &#233;chapper aux repr&#233;sailles dans des pays fascistes, avaient cherch&#233; un refuge en France, qu'ils croyaient &#234;tre la terre de la libert&#233; et des droits de l'homme.
Simone correspondait avec un anarchiste espagnol, pr&#233;nomm&#233; Antonio, qui &#233;tait enferm&#233; au camp du Vernet, et fut ensuite transf&#233;r&#233; au camp de Djelfa, en Alg&#233;rie. Elle lui envoyait de l'argent. Elle aidait &#233;galement un paysan autrichien, du Tyrol, intern&#233; lui aussi au camp du Vernet.
Avec son ami, le docteur Bercher, elle discutait surtout de religion, mais le m&#233;decin &#233;tait tr&#232;s pr&#233;occup&#233; de savoir que Simone se privait de nourriture, et distribuait aux autres une grande partie de ses rations alimentaires. H&#233;l&#232;ne Honnorat, qui &#233;tait la soeur d'un camarade de son fr&#232;re Andr&#233; &#224; l'&#233;cole normale sup&#233;rieure, et fervente catholique, avait mis Simone en relation avec le p&#232;re Perrin, un dominicain, qu'elle rencontra pour la premi&#232;re fois le 7 juin 1941. Le p&#232;re Perrin la mit en contact avec Gustave Thibon, philosophe chr&#233;tien et &#233;crivain, qui s'occupait d'une propri&#233;t&#233; agricole. Il l'aida &#224; se faire embaucher comme vendangeuse dans le Gard. Elle regarda le travail physique &#171; comme une purification, mais une purification de l'ordre de la souffrance et de l'humiliation &#187;.
En septembre 1941 ; elle fit sa premi&#232;re vraie pri&#232;re, r&#233;citant ce Pater qu'elle avait &#233;crit en grec, pour Gustave Thibon. Elle le r&#233;citait avec une attention absolue ; &#171; Parfois, pendant cette r&#233;citation ou &#224; d'autres moments, le Christ est pr&#233;sent en personne, mais d'une pr&#233;sence infiniment plus r&#233;elle, plus poignante, plus claire et plus pleine d'amour que cette premi&#232;re fois o&#249; il m'a prise &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Entre octobre 1941 et mai 1942, Simone publia des textes dans &#171; Les cahiers du Sud &#187;, pronon&#231;a des conf&#233;rences et participa &#224; des travaux de groupe autour du p&#232;re Perrin qui disait d'elle qu'elle &#233;tait &#171; en attente de Dieu &#187; &#224; cause de ses h&#233;sitations &#224; entrer pour de bon dans l'Eglise catholique et &#224; recevoir le sacrement du bapt&#234;me.
Peu avant son d&#233;part pour l'Am&#233;rique, elle &#233;crivit au P&#232;re Perrin afin de bien lui expliquer qu'en aucun cas elle ne fuyait devant les dangers et les souffrances dues &#224; la guerre. A son ami Gustave Thibon, elle remit ses &#171; Cahiers &#187; et elle lui fit envoyer plus tard ses po&#232;mes, ainsi que &#171; Venise sauv&#233;e &#187; et &#171; R&#233;flexions sur les causes de la libert&#233; et de l'oppression &#187;. Et comment ne citerait-on pas sa tr&#232;s belle lettre &#224; Antonio, qu'elle s'imaginait avoir abandonn&#233;, toujours prisonnier : &#171; Je charge les &#233;toiles, la lune, le soleil, le bleu du ciel, le vent, les oiseaux, la lumi&#232;re, l'intensit&#233; de l'espace, je charge tout cela qui reste avec toi, je charge tout cela de mes pens&#233;es pour toi et de te donner chaque jour la joie que je te d&#233;sire et que tu m&#233;rites tellement. Pardonne-moi de n'avoir rien pu pour toi et de m'en aller maintenant au loin &#187;.
Le 7 juin 1942, avec ses parents, Simone s'embarquait de Casablanca pour New-York. Le voyage dura un mois, et le s&#233;jour aux Etats-Unis quatre mois seulement. Elle devait repartir pour l'Angleterre, seule, le 10 novembre, et ne rejoindre Londres que le 14 d&#233;cembre. Dans la capitale britannique, elle travailla comme r&#233;dactrice au service de la France libre, pendant quatre mois encore, avant d'entrer &#224; l'h&#244;pital Middlesex, d'o&#249; elle fut transf&#233;r&#233;e au sanatorium d'Ashford, dans le comt&#233; de Kent, le 17 ao&#251;t. Elle mourut le 24 ao&#251;t 1943, et fut enterr&#233;e au cimeti&#232;re d'Ashford, le 30 ao&#251;t. Sept personnes seulement suivirent son enterrement. Simone avait 34 ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; TU ES COMME MOI UN MORCEAU MAL COUP&#201; DE DIEU &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'y-a-t'il &#224; retenir de cette derni&#232;re ann&#233;e d'une vie trop br&#232;ve et pourtant si bien remplie ? Que Simone continua &#224; &#233;crire abondamment, que ce soit aux Etats-Unis o&#249; elle d&#233;non&#231;ait, dans des articles, le colonialisme et le racisme, ou bien &#224; Londres, o&#249; son travail de r&#233;dactrice l'incita &#224; traiter des sujets qui lui tenaient &#224; coeur. Ces textes sont regroup&#233;s dans &#171; Oppression et Libert&#233; &#187; ou encore dans &#171; L'enracinement &#187; et Ecrits de Londres et derni&#232;res lettres &#187;.
Maurice Schumann, son ancien condisciple, avait propos&#233; &#224; Simone de lui faire rencontrer Andr&#233; Philip qui &#233;tait alors commissaire &#224; l'Int&#233;rieur et au Travail dans le comit&#233; national de la France libre. Mais les propositions qu'elle souhaitait lui soumettre ne paraissaient gu&#232;re heureuses &#224; celui-ci. Simone fut donc employ&#233;e &#224; &#171; faire le tri &#187; dans les tr&#232;s nombreux &#171; papiers &#187; que recevait l'&#233;quipe regroup&#233;e autour du G&#233;n&#233;ral de Gaulle. Elle s'acquitta parfaitement de cette t&#226;che, y passant parfois des nuits enti&#232;res. Son rapport sur la strat&#233;gie de la R&#233;sistance, intitul&#233; &#171; R&#233;flexions sur la r&#233;volte &#187;, aurait contribu&#233; &#224; la formation du Conseil national de la R&#233;sistance, lequel se r&#233;unit pour la premi&#232;re fois le 27 mai 1943.
Dans un article ant&#233;rieur au pr&#233;sent &#171; Cahier &#187;, j'avais fait remarquer que Simone, dans le texte sur &#171; La personne et le sacr&#233; &#187;, critiquait assez ouvertement le personnalisme. Mais l'on peut se demander s'il ne s'agit pas en fait davantage d'une querelle de mots que d'un d&#233;saccord profond ; elle &#233;crivait : &#171; Il y a dans chaque homme quelque chose de sacr&#233;. Mais ce n'est pas sa personne. Ce n'est pas non plus la personne humaine. C'est lui, cet homme tout simplement &#187;. C'&#233;tait le terme &#171; personne &#187; qui lui semblait ambigu, je pense. Elle n'&#233;tait pas vraiment tendre, on le sait, pour les partis politiques dont elle d&#233;finissait ainsi les trois caract&#232;res principaux : &#171; Un parti politique est une organisation construite de mani&#232;re &#224; exercer une pression collective sur la pens&#233;e des &#234;tres humains qui en sont membres ; un parti politique est une machine &#224; fabriquer de la passion collective ; la premi&#232;re fin, et en derni&#232;re analyse, l'unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite &#187;.
Simone d&#233;signait l'enracinement comme l'un des besoins essentiels de l'homme ; elle s'en prenait avec violence &#224; l'argent qui &#171; d&#233;truit les racines partout o&#249; il p&#233;n&#232;tre &#187;, et aussi &#224; l'instruction moderne dont elle regrettait qu'elle donn&#226;t naissance &#224; une culture aseptis&#233;e.
Quelques jours avant de mourir, elle avait d&#233;clar&#233; &#224; l'un de ses visiteurs, selon Simone P&#233;trement : &#171; Tu es comme moi un morceau mal coup&#233; de Dieu. Mais moi, bient&#244;t, je ne serai plus coup&#233;e ; je serai unie et rattach&#233;e &#187;. Quelle belle manifestation d'esp&#233;rance ! Quelle preuve d'amour envers son Cr&#233;ateur !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bernard Lanza&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Citations extraites de l'&#339;uvre de Simone Weil&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; La solution pratique imm&#233;diate, c'est l'abolition des partis politiques. La lutte des partis, telle qu'elle existait dans la Troisi&#232;me R&#233;publique, est intol&#233;rable ; le parti unique, qui en est d'ailleurs in&#233;vitablement l'aboutissement, est le degr&#233; extr&#234;me du mal ; il ne reste d'autre possiilit&#233; qu'une vie publique sans partis..... En fait, &#224; pr&#233;sent, partout o&#249; il y avait des partis politiques, la d&#233;mocratie est morte... &#187;. (Les besoins de l'&#226;me, page 31).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Le sens m&#234;me de ces collectivit&#233;s a disparu, except&#233; pour une seule, pour la nation. Mais il y en a eu beaucoup d'autres. Certaines plus petites, toutes petites parfois ; ville ou ensemble de villages, province, r&#233;gion ; certaines englobant plusieurs nations ; certaines englobant plusieurs morceaux de nations.
La nation seule s'est substitu&#233;e &#224; tout cela. La nation, c'est-&#224;-dire l'Etat ; car on ne peut pas trouver d'autre d&#233;finition au mot nation que l'ensemble des territoires reconnaissant l'autorit&#233; d'un m&#234;me Etat. On peut dire qu'&#224; notre &#233;poque l'argent et l'Etat avaient remplac&#233; tous les autres attachements.
La nation seule, depuis d&#233;j&#224; longtemps, joue le r&#244;le qui consistitue par excellence la mission de la collectivit&#233; &#224; l'&#233;gard de l'&#234;tre humain, &#224; savoir assurer &#224; travers le pr&#233;sent une liaison entre le pass&#233; et l'avenir. En ce sens, on peut dire que c'est la seule collectivit&#233; qui existe dans l'univers actuel. La famille n'existe pas. Ce qu'on appelle aujourd'hui de ce nom, c'est un groupe minuscule d'&#234;tres humains autour de chacun ; p&#232;re et m&#232;re, mari et femme, enfants, fr&#232;res et soeurs d&#233;j&#224; un peu loin..... Mais personne aujourd'hui ne pense &#224; ceux de ses a&#238;euls qui sont morts cinquante ans, ou f&#251;t-ce vingt ou dix ans, avant sa naissance, ni &#224; ceux de ses descendants qui na&#238;tront, cinquante ans, ou f&#251;t-ce vingt ou dix ans apr&#232;s sa mort. Par suite, du point de vue de la collectivit&#233; et de sa fonction propre, la famille ne compte pas.
La profession, de ce point de vue, ne compte pas non plus. La corporation &#233;tait un lien entre les morts, les vivants et les hommes non encore n&#233;s, dans le cadre d'un certain travail. Il n'y a rien aujourd'hui qui soit si peu que ce soit orient&#233; vers une telle fonction. Le syndicalisme fran&#231;ais vers 1900 a peut-&#234;tre eu quelques vell&#233;it&#233;s en ce sens, vite effac&#233;es.
Enfin le village, la ville, la contr&#233;e, la province, la r&#233;gion, toutes les unit&#233;s g&#233;ographiques plus petites que la nation, ont presque cess&#233; de compter. Celles qui englobent plusieurs nations ou plusieurs morceaux de nations aussi. Quand on disait, par exemple, il y a quelques si&#232;cles, &#171; la chr&#233;tient&#233; &#187;, cela avait une toute autre r&#233;sonance affective qu'aujourd'hui.
En somme, le bien le plus pr&#233;cieux de l'homme dans l'ordre temporel, c'est-&#224;-dire dans le temps, par del&#224; les limites de l'existence humaine, dans les deux sens, ce bien a &#233;t&#233; enti&#232;rement remis en d&#233;p&#244;t &#224; l'Etat.
Et pourtant c'est pr&#233;cis&#233;ment dans cette p&#233;riode o&#249; la nation subsiste seule que nous avons assist&#233; &#224; la d&#233;composition instantan&#233;e, vertigineuse de la nation &#187;.
(Le d&#233;racinement, page 91).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Les villes de Flandre avaient, &#224; la fin du XIV&#232;me si&#232;cle, des relations fraternelles et clandestines avec Paris et Rouen ; mais des Flamands bless&#233;s aimaient mieux mourir que d'&#234;tre soign&#233;s par les soldats de Charles VI....
Les Bretons furent d&#233;sesp&#233;r&#233;s quand leur souveraine Anne fut contrainte d'&#233;pouser le roi de France ..... La Franche-Comt&#233;, libre et heureuse sous la suzerainet&#233; tr&#232;s lointaine des Espagnols, se battit au XVII&#232;me si&#232;cle pour ne pas devenir fran&#231;aise.... Les gens de Strasbourg se mirent &#224; pleurer quand ils virent les troupes de Louis XIV entrer dans leur ville en pleine paix, sans aucune d&#233;claration pr&#233;alable, par une violation de la parole donn&#233;e digne d'Hitler &#187;. (L'enracinement, page 101).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Un chr&#233;tien ne devrait pouvoir qu'en tirer qu'une seule conclusion : c'est qu'au lieu qu'on doit au salut de l'&#226;me, c'est-&#224;-dire &#224; Dieu, une fid&#233;lit&#233; totale, absolue, inconditionn&#233;e, la cause du salut de l'Etat est de celles auxquelles on doit une fid&#233;lit&#233; limit&#233;e et conditionnelle....
L'objet du v&#233;ritable crime d'idol&#226;trie est toujours quelque chose d'analogue &#224; l'Etat. C'est ce crime que le diable a propos&#233; au Christ en lui offrant les royaumes de ce monde. Le Christ a refus&#233;. Richelieu a accept&#233;.... Son d&#233;vouement &#224; l'Etat a d&#233;racin&#233; la France.
Sa politique &#233;tait de tuer syst&#233;matiquement toute vie spontan&#233;e dans le pays, pour emp&#234;cher que quoi que ce soit p&#251;t s'opposer &#224; l'Etat....
Il suffit de lire les d&#233;dicaces de Corneille pour sentir &#224; quel degr&#233; de servilit&#233; ignoble il avait su abaisser les esprits.. &#187;. (L'enracinement, page 103).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Quand on loue les rois de France d'avoir assimil&#233; les pays conquis, la v&#233;rit&#233; est surtout qu'ils les ont dans une large mesure d&#233;racin&#233;s.. &#187;. (L'enracinement)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;BIBLIOGRAPHIE&lt;/p&gt; &lt;p&gt; L'enracinement (Ed. Gallimard) La connaissance surnaturelle (Ed. Gallimard) La condition ouvri&#232;re (Ed. Gallimard) La source grecque (Ed. Gallimard) Oppression et libert&#233; (Ed. Gallimard) Ecrits de Londres et derni&#232;res lettres (Ed. Gallimard) Ecrits historiques et politiques (Ed. Gallimard) Pens&#233;es sans ordre concernant l'amour de Dieu (Ed. Gallimard) Sur la science (Ed. Gallimard) Po&#232;mes suivis de Venise sauv&#233;e (Ed. Gallimard) Lettre &#224; un religieux (Ed. Gallimard) Cahiers (Ed. Plon) La pesanteur et la gr&#226;ce (Ed. Plon) Intuitions pr&#233;chr&#233;tiennes (Ed. La Colombe) Attente de Dieu (Ed. Fayard)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face &#224; la r&#233;cession qui vient</title>
		<link>http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article117</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article117</guid>
		<dc:date>2010-06-30T22:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Janpier Dutrieux</dc:creator>



		<description>La crise financi&#232;re des &#171; subprimes &#187; n&#233;e aux Etats-Unis, n'arr&#234;te pas de produire ses effets d&#233;vastateurs dans le reste du monde. En Europe, elle a provoqu&#233; la crise du march&#233; de la dette publique dont la responsabilit&#233; fut trop rapidement attribu&#233;e aux Etats et aux peuples. Victimes expiatoires du march&#233; ! D&#232;s lors, on nous explique &#224; longueur d'antenne, sur les plateaux de t&#233;l&#233;vision et de radio, qu'il faudra rembourser, payer davantage d'imp&#244;ts, r&#233;duire les (...)

-
&lt;a href="http://www.alliance-sociale.org/spip.php?rubrique56" rel="directory"&gt;N&#176;0&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.alliance-sociale.org/IMG/arton117.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='109' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:109px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;table border=&quot;1&quot; cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot; style=&quot;border-bottom: medium none; border-left: medium none; border-collapse: collapse; border-top: medium none; border-right: medium none&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;614&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: black 1pt solid; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 460.6pt; padding-right: 5.4pt; border-top: black 1pt solid; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;La crise financi&#232;re des &#171; subprimes &#187; n&#233;e aux Etats-Unis, n'arr&#234;te pas de produire ses effets d&#233;vastateurs dans le reste du monde. En Europe, elle a provoqu&#233; la crise du march&#233; de la dette publique dont la responsabilit&#233; fut trop rapidement attribu&#233;e aux Etats et aux peuples. Victimes expiatoires du march&#233; ! D&#232;s lors, on nous explique &#224; longueur d'antenne, sur les plateaux de t&#233;l&#233;vision et de radio, qu'il faudra rembourser, payer davantage d'imp&#244;ts, r&#233;duire les budgets publics, les missions des administrations d'Etat ou de s&#233;curit&#233; sociale, et diminuer la qualit&#233; de vie de leurs administr&#233;s, notamment celle des futurs retrait&#233;s, puisque ce budget social est le budget qui augmenta le plus en pourcentage du PIB durant ses 30 derni&#232;res ann&#233;es (1980-2010).&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;A l'Alliance Sociale, nous avons toujours privil&#233;gi&#233; la r&#233;flexion de fond sur le commentaire &#233;motionnel pour appr&#233;hender l'essentiel et recadrer l'&#233;v&#233;nement. Le prolongement de cette crise ne nous surprend donc pas. Autour du plan du 100 % monnaie que nos lecteurs connaissent bien, Janpier Dutrieux expose ici comment sortir des crises qui s'annoncent, et de l'endettement sans heurts ni conflits. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;Je rappellerai tout d'abord l'enchainement de la crise des subprimes (2008) &#224; celle des dettes souveraines (2010), puis j'exposerai l'essentiel de la r&#233;forme du 100 % monnaie, qui fonde notre proposition de sortie de crise. Son objet est de lib&#233;rer la monnaie du cr&#233;dit et de rendre aux Etats, par le canal de leurs Banques centrales (la BCE si nous parlons de l'Union europ&#233;enne, ou la BDF si la France sort du m&#233;canisme de l'euro), le monopole de l'&#233;mission mon&#233;taire. Enfin, je pr&#233;senterai le plan d'&#233;change et de rachat des dettes publiques par les Banques centrales qui pourrait s'int&#233;grer &#224; cette r&#233;forme d&#233;fendue aujourd'hui par Christian Gomez.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;1- Des subprimes &#224; la crise des endettements publics&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt; &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;L'origine de toute crise, notamment financi&#232;re, r&#233;side dans la possibilit&#233; d'acheter ou de vendre sans poss&#233;der ou d&#233;tenir. Explications : Quand une banque consent un pr&#234;t, elle acquiert en contrepartie un titre de cr&#233;ance sur l'emprunteur. Mais, en fait elle, re pr&#234;te rien du tout et se contente d'inscrire un d&#233;p&#244;t (fictif) au compte de l'emprunteur. Puis elle alimente ce d&#233;p&#244;t fictif en puisant dans d'autres comptes (comptes courants ou comptes d'&#233;pargne de moins long terme que le pr&#234;t consenti), &#224; l'insu des d&#233;posants. Comptes qu'elle renfloue d'ordinaire par de nouvelles rentr&#233;es d'argent provenant de remboursement de pr&#234;ts ant&#233;rieurs ou de d&#233;p&#244;ts d'esp&#232;ces. Mais le b&#226;t blesse quand ces rentr&#233;es esp&#233;r&#233;es n'arrivent pas. Ce fut notamment le cas avec les &#171; subprimes &#187;. Comme les emprunteurs (acc&#233;dants &#224; la propri&#233;t&#233;) furent incapables de rembourser les pr&#234;ts consentis, les banques devinrent illiquides (Une banque est illiquide quand elle ne peut plus assurer imm&#233;diatement les retraits d'argent de sa client&#232;le, elle est insolvable quand elle n'a m&#234;me plus assez d'actifs &#224; vendre pour y parvenir). &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;Les banques prirent alors peur. Elles ne se pr&#234;t&#232;rent plus les unes les autres par crainte de mauvaises cr&#233;ances en couverture. Plus personne ne pr&#234;ta &#224; personne. On n'avait plus confiance. On suspectait toutes les cr&#233;ances. Quand je dis &#171; on &#187;, je parle des march&#233;s, des investisseurs, des agences de notation (docteurs de la Loi financi&#232;re), autrement dit des fonds d'investissement, des financiers ou des traders (de to trade, n&#233;gocier) qui cherchent sans r&#233;pit, dans chaque produit financier, les failles et opportunit&#233;s pour obtenir la meilleure rentabilit&#233; aux capitaux dont ils ont la gestion. On observa alors que les banques proc&#232;daient &#224; des &#171; op&#233;rations de delevaging &#187;, autrement dit qu'elles essayaient de refiler au voisin leurs mauvaises cr&#233;ances. C'est alors que les agences de notation d&#233;nonc&#232;rent la qualit&#233; des cr&#233;ances publiques des pays de la zone euro, notamment au pr&#233;texte qu'ils n'&#233;taient pas membres d'une union politique capable de solidarit&#233; budg&#233;taire. Car, &#224; la v&#233;rit&#233;, en mati&#232;re d'endettement int&#233;rieur, public et priv&#233;, les Etats de l'Union europ&#233;enne sont bien plus vertueux que le Japon et les Etats-Unis, comme le montre le tableau suivant.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;table border=&quot;1&quot; cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot; style=&quot;border-bottom: medium none; border-left: medium none; border-collapse: collapse; border-top: medium none; border-right: medium none&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;310&quot; colspan=&quot;6&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: black 1pt solid; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 232.2pt; padding-right: 5.4pt; border-top: black 1pt solid; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;L'&#233;volution des taux d'endettement priv&#233; et public &lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;des principaux pays industrialis&#233;s&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;83&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: black 1pt solid; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 62.1pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;en % du PIB&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;89&quot; colspan=&quot;2&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 66.7pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;1998&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;91&quot; colspan=&quot;2&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 68pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;2008&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.4pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;2010&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;83&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: black 1pt solid; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 62.1pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;Priv&#233;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;42&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 31.25pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;Public&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;43&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 32.55pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;Priv&#233;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;Public&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.4pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;Public&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;83&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: black 1pt solid; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 62.1pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;Etats-Unis&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;126,5&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;42&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 31.25pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;64,5&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;43&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 32.55pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;175,5&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;70,5&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.4pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;97,5&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;83&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: black 1pt solid; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 62.1pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;Royaume-Uni&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;78,6&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;42&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 31.25pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;53,3&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;43&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 32.55pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;101,1&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;63,8&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.4pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;81,7&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;83&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: black 1pt solid; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 62.1pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;Japon&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;169,3&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;42&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 31.25pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;113,2&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;43&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 32.55pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;129,0&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;170,9&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.4pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;177,0&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;83&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: black 1pt solid; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 62.1pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;UEM&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;77,0&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;42&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 31.25pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;80,1&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;43&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 32.55pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;105,4&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;71,2&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.4pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;83,8&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;83&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: black 1pt solid; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 62.1pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;France&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;66,9&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;42&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 31.25pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;70,0&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;43&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 32.55pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;88,0&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;73,0&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.4pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;86,0&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;83&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: black 1pt solid; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 62.1pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;Espagne&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;74,7&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;42&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 31.25pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;74,4&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;43&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 32.55pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;165,9&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;39,9&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.4pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;62,3&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;83&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: black 1pt solid; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 62.1pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;Italie&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;53,0&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;42&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 31.25pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;132,6&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;43&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 32.55pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;83,0&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;105,8&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.4pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;116,1&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;83&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: black 1pt solid; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 62.1pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;Allemagne&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;105,0&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;42&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 31.25pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;62,2&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;43&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 32.55pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;99,4&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.45pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;64, 8&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;47&quot; style=&quot;border-bottom: black 1pt solid; border-left: #ece9d8; padding-bottom: 0cm; background-color: transparent; padding-left: 5.4pt; width: 35.4pt; padding-right: 5.4pt; border-top: #ece9d8; border-right: black 1pt solid; padding-top: 0cm&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;78,7&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;Source : SG Economic Research&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;Quoiqu'il en soit, on a fini par suspecter la capacit&#233; de certains Etats de l'Union europ&#233;enne &#224; rembourser leurs dettes. Aujourd'hui, les dettes grecques, espagnoles, dont les pays sont d&#233;licatement appel&#233;s PIGS (pour Portugal, Irlande, Gr&#232;ce, Espagne) par les tout puissants financiers anglo-saxons de la City sont suspect&#233;es. Et demain ? Pourtant, on se souvient qu'apr&#232;s la crise des subprimes, les Banques centrales &#233;mirent de la monnaie pour racheter les mauvaises cr&#233;ances des banques imprudentes devenues illiquides. Mais, il fallut que ces m&#234;mes banques fassent part au pr&#233;sident de la R&#233;publique fran&#231;aise du nouveau risque qu'elles encouraient, notamment le Cr&#233;dit agricole et la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale ayant en portefeuille des titres souverains grecs, pour que, quelques jours plus tard, le 3 mai 2010, la BCE accepte de racheter ses titres. Autrement dit, c'est davantage pour sauver le r&#233;seau bancaire que pour changer le mod&#232;le de financement de la Banque centrale que le politique s'exprima. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;2- La r&#233;forme du 100 % monnaie &lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt; &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;Notre proposition consiste &#224; revenir &#224; un taux de couverture int&#233;gral de tous les d&#233;p&#244;ts par de la monnaie &#233;mise par la Banque centrale, ou r&#233;forme du 100 % monnaie. Cette r&#233;forme dissocie &#233;galement la monnaie de cr&#233;dit en obligeant les banques &#224; couvrir les pr&#234;ts qu'elles accordent par des d&#233;p&#244;ts de terme au minimum aussi long. Ainsi, aucune duplication mon&#233;taire ou anticipation de rentr&#233;es d'argent (nouveaux d&#233;p&#244;ts) n'est possible. Les banques ne peuvent plus pr&#234;ter que l'&#233;pargne de terme aussi long qui leur fut confi&#233;e. . Autrement dit, 100 % euros d&#233;pos&#233;s pour un terme donn&#233; dans une banque ne pourront plus &#234;tre pr&#234;t&#233;s dans un montage financier dont le terme lui est sup&#233;rieur.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;Cette r&#233;forme retire &#233;videmment le pouvoir au monde financier, pr&#233;sente quelques invonc&#233;nients pour certains, mais de nombreux avantages pour tous :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;- L'&#233;mission de la monnaie suit un rythme r&#233;gulier, sans &#224; coups intempestifs et d&#233;stabilisateurs (on cite volontiers un rythme de croissance nominale de 4 %). &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;- L'&#233;mission r&#233;guli&#232;re de la monnaie nouvelle par la Banque centrale n'encourage plus les hausses et les baisses sp&#233;culatives sur- les march&#233;s boursiers, immobiliers et des mati&#232;res premi&#232;res. On voit tr&#232;s vite que l'&#233;conomie deviendrait plus saine, plus sereine.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;- Les taux d'int&#233;r&#234;t entre pr&#234;teurs et emprunteurs, pourraient refl&#233;ter r&#233;ellement l'&#233;quilibre entre l'offre d'&#233;pargne et la demande de pr&#234;ts. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;- La transformation intempestive de la monnaie (sonnante et tr&#233;buchante) en produits financiers, sans autorisation pr&#233;alable, des d&#233;posants, serait ipso facto interdite. Les risques que le banquier prendrait en outrepassant cette r&#233;glementation ne seraient plus couverts ni par l'Etat, ni par la Banque centrale. Les contribuables (l'Etat) et les autres agents &#233;conomiques (la Banque centrale) ne seraient plus pr&#233;teurs en dernier ressort. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;- L'obligation de couverture int&#233;grale de tous les d&#233;p&#244;ts rendrait surtout l'&#233;conomie plus efficace en supprimant toutes les distorsions dans la r&#233;partition des revenus que la cr&#233;ation mon&#233;taire ex nihilo par une multitude d'op&#233;rateurs priv&#233;s (les banques) entra&#238;ne. Cette r&#233;forme dissocierait ainsi l'octroi des pr&#234;ts bancaires de la cr&#233;ation mon&#233;taire qui redeviendrait une fonction exclusive de la Banque centrale pour le compte de l'Etat. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;3- Le rachat des dettes publiques : un jeu &#224; somme nulle&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt; &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;Pour mettre en &#339;uvre cette r&#233;forme du 100 % monnaie, il convient de s&#233;parerles banques de d&#233;p&#244;ts &#224; vue (de nos comptes- courants) d'une part, et les banques de pr&#234;ts, d'autre part.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;- Les banques de d&#233;p&#244;ts (appel&#233;es &#233;galement compagnies de service mon&#233;taire CSM, chez certains auteurs) garderont les comptes -courants, disponibles &#224; vue, et auront pour obligation d'en d&#233;tenir l'encaisse effective en monnaie sonnante et tr&#233;buchante. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;- Les banques de pr&#234;t (subdivis&#233;es en deux groupes chez certains auteurs) collecteront l'&#233;pargne des d&#233;posants, pourront &#233;mettre des certificats de d&#233;p&#244;t (debentures) et emprunter sur les march&#233;s financiers pour financer les pr&#234;ts qu'elles pourront alors accorder. Il va de soi qu'elles auront &#233;galement l'obligation de couvrir les pr&#234;ts accord&#233;s par des d&#233;p&#244;ts de terme aussi long.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;Cependant, pour initier cette r&#233;forme, au jour de sa mise en place, tous les encaisses ant&#233;rieurement utilis&#233;es par les banques pour financer les pr&#234;ts accord&#233;s &#224; leurs clients, devront revenir effectivement couvrir les comptes-courants avant que les banques ne se divisent en deux entit&#233;s distinctes (&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;En ce qui concerne certains produits comme le Livret A ou les SICAV mon&#233;taires par exemple, leurs titulaires devront choisir entre le compte courant ou l'&#233;pargne &#224; terme, avec p&#233;nalit&#233; si retrait avant terme)&lt;span style=&quot;color: black&quot;&gt;. Apr&#232;s cette migration de fonds, les d&#233;p&#244;ts &#224; vue seront bien couverts par des encaisses. Mais, en revanche, les pr&#234;ts consentis par les banques ne seront plus couverts par suffisamment de d&#233;p&#244;ts de terme au moins aussi long. Il conviendra donc que la Banque centrale accorde &#224; ces banques, avant qu'elles ne soient scind&#233;es, des pr&#234;ts en monnaie centrale, afin qu'elles puissent couvrir les cr&#233;dits en cours par des d&#233;p&#244;ts (r&#233;els) de m&#234;me terme qui se substitueront aux encaisses revenus sur les comptes courants.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;Puis, au fur et &#224; mesure que les cr&#233;dits consentis &#224; leur client&#232;le seront rembours&#233;s, les banques de pr&#234;t, b&#233;n&#233;ficiaires des pr&#234;ts en monnaie centrale, devront les rembourser &#224; la Banque centrale et se financer alors, le cas &#233;ch&#233;ant, en captant de nouvelles &#233;pargnes ou en &#233;mettant des titres (certificats de d&#233;p&#244;ts, debenture) sur le march&#233;.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;Du point de vue macro&#233;conomique, cette &#233;mission de monnaie de la Banque centrale pr&#234;t&#233;e aux banques sera neutre. En effet, ce volume de monnaie viendra se substituer au volume identique de monnaie de banque cr&#233;&#233;e ex nihilo par duplication des d&#233;p&#244;ts (les d&#233;p&#244;ts fictifs). Mais on remarquera qu'apr&#232;s le remboursement de ces pr&#234;ts &#224; la Banque centrale, l'annulation du volume mon&#233;taire correspondant pourra perturber gravement l'activit&#233; &#233;conomique en la privant d'une partie des ses moyens de financement. Il conviendra donc que la Banque centrale r&#233;tablisse l'&#233;quilibre mon&#233;taire ant&#233;rieur, c'est-&#224;-dire qu'elle r&#233;injecte le m&#234;me volume mon&#233;taire dans le circuit &#233;conomique. (ind&#233;pendamment de la progression de la masse mon&#233;taire proportionnelle &#224; un rythme de croissance nominale r&#233;gulier de 4 %, voire d'un financement plus large).&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;Pour r&#233;injecter ce volume mon&#233;taire dans le circuit &#233;conomique, la Banque centrale pourra alors racheter progressivement les dettes publiques europ&#233;ennes (en l'occurrence, la Banque de France rach&#232;tera la dette fran&#231;aise). Elle apportera ainsi aux march&#233;s mon&#233;taire et financier les liquidit&#233;s dont ils ont besoin pour que la demande des agents rencontre l'offre. Ainsi, cet &#233;change financier (swap) finan&#231;ant la dette publique par le remboursement des dettes contract&#233;es par le r&#233;seau bancaire aupr&#232;s de la Banque centrale rendrait indolore pour les m&#233;nages et entreprises, contribuables et consommateurs, son extinction. Il serait &#233;galement possible, avec un retour au 100 % monnaie, de financer sans int&#233;r&#234;t et sans emprunt sur les march&#233;s financiers, un grand plan de relance et de mutation &#233;conomique encourageant le d&#233;veloppement durable et la transformation de notre appareil de production.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;H&#233;l&#224;s, par manque de courage politique, nos dirigeants, devenus commissionnaires des march&#233;s, pr&#233;f&#232;rent, apr&#232;s avoir renflou&#233; les caisses d'une armada de faux monnayeurs sur les deniers des contribuables, r&#233;duire le pouvoir d'achat et la qualit&#233; de vie des Europ&#233;ens, augmenter les imp&#244;ts pour rembourser les int&#233;r&#234;ts d'agents priv&#233;s, diminuer les pensions de retraite, les solidarit&#233;s nationales autour des soins de sant&#233;, de l'enseignement, de la s&#233;curit&#233; publique, plut&#244;t que de prendre les mesures de transparence et d'honn&#234;tet&#233; financi&#232;res r&#233;sum&#233;es ici&#8230; Mais &#224; trop charger le baudet !&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;Pour aller plus loin&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;Une &#171; vieille &#187; id&#233;e peut-elle sauver l'&#233;conomie mondiale ?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt; Christian Gomez, Colloque &#171; La crise : trois ans apr&#232;s, quels enseignements ?&#233;, Universit&#233; Blaise Pascal, IUFM Auvergne, Mardi 9 f&#233;vrier 2010. Docuement disponible sur &lt;/span&gt;&lt;a href=&quot;http://www.alliance-sociale.org/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800080&quot;&gt;www.alliance-sociale.org&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt; et &lt;/span&gt;&lt;u&gt;&lt;font color=&quot;#0000ff&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;www.prosperite-et -partage.org&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/u&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-size: 10pt&quot;&gt;Janpier Dutrieux, juin 2010&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt; &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt; &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt; &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt; &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt; &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lu dans la presse : Maurice Allais, proph&#232;te maudit, </title>
		<link>http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article98</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article98</guid>
		<dc:date>2010-05-01T15:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Le carillonneur</dc:creator>



		<description>Chronique Maurice Allais, proph&#232;te maudit, par Pierre-Antoine Delhommais (article paru dans Le Monde du 25.01.09). La crise se cherche ses proph&#232;tes : les &#233;conomistes qui, au milieu de l'aveuglement g&#233;n&#233;ral, avaient pr&#233;dit le pire, c'est-&#224;-dire la r&#233;alit&#233; &#233;conomique et financi&#232;re actuelle. La presse am&#233;ricaine loue la clairvoyance des universitaires Nouriel Roubini (New York) et Robert Shiller (Yale). Bien avant eux, un &#233;conomiste fran&#231;ais avait pr&#233;dit l'apocalypse. (...)

-
&lt;a href="http://www.alliance-sociale.org/spip.php?rubrique97" rel="directory"&gt;M&#233;dias, entretiens, commentaires, analyses&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.alliance-sociale.org/IMG/arton98.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='112' class='spip_logos' style='height:112px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chronique Maurice Allais, proph&#232;te maudit,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;par Pierre-Antoine Delhommais
(article paru dans Le Monde du 25.01.09).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise se cherche ses proph&#232;tes : les &#233;conomistes qui, au milieu de l'aveuglement g&#233;n&#233;ral, avaient pr&#233;dit le pire, c'est-&#224;-dire la r&#233;alit&#233; &#233;conomique et financi&#232;re actuelle. La presse am&#233;ricaine loue la clairvoyance des universitaires Nouriel Roubini (New York) et Robert Shiller (Yale).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien avant eux, un &#233;conomiste fran&#231;ais avait pr&#233;dit l'apocalypse. Maurice Allais. Pour preuve, ces extraits d'une longue tribune que le Prix Nobel avait publi&#233;e dans Le Figaro, en octobre 1998, en pleine crise financi&#232;re asiatique, et qui fut reprise, un an plus tard, dans son ouvrage La Crise mondiale d'aujourd'hui (Editions Cl&#233;ment Juglar, 240 pages).
&quot;De profondes similitudes apparaissent entre la crise mondiale d'aujourd'hui et la Grande D&#233;pression de 1929-1934 : la cr&#233;ation et la destruction de moyens de paiement par le syst&#232;me du cr&#233;dit, le financement d'investissements &#224; long terme avec des fonds emprunt&#233;s &#224; court terme, le d&#233;veloppement d'un endettement gigantesque, une sp&#233;culation massive sur les actions et les monnaies, un syst&#232;me financier et mon&#233;taire fondamentalement instable (...).
Ce qui est &#233;minemment dangereux, c'est l'amplification des d&#233;s&#233;quilibres par le m&#233;canisme du cr&#233;dit et l'instabilit&#233; du syst&#232;me financier et mon&#233;taire tout entier, sur le double plan national et international, qu'il suscite. Cette instabilit&#233; a &#233;t&#233; consid&#233;rablement aggrav&#233;e par la totale lib&#233;ration des mouvements de capitaux dans la plus grande partie du monde.
(...) Depuis 1974, une sp&#233;culation massive s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; l'&#233;chelle mondiale. A New York, et depuis 1983, se sont d&#233;velopp&#233;s &#224; un rythme exponentiel de gigantesques march&#233;s sur les &quot;stock-index futures&quot;, les &quot;stock-index options&quot;, les &quot;options on stock-index futures&quot;, puis les &quot;hedge funds&quot; et tous &quot;les produits d&#233;riv&#233;s&quot; pr&#233;sent&#233;s comme des panac&#233;es (...).
Qu'il s'agisse de la sp&#233;culation sur les monnaies ou de la sp&#233;culation sur les actions, ou de la sp&#233;culation sur les produits d&#233;riv&#233;s, le monde est devenu un vaste casino o&#249; les tables de jeu sont r&#233;parties sur toutes les longitudes et toutes les latitudes. Le jeu et les ench&#232;res, auxquelles participent des millions de joueurs, ne s'arr&#234;tent jamais. Aux cotations am&#233;ricaines se succ&#232;dent les cotations &#224; Tokyo et &#224; Hongkong, puis &#224; Londres, Francfort et Paris. Sur toutes les places, cette sp&#233;culation, fr&#233;n&#233;tique et f&#233;brile, est permise, aliment&#233;e et amplifi&#233;e par le cr&#233;dit. Jamais dans le pass&#233; elle n'avait atteint une telle ampleur (...).
L'&#233;conomie mondiale tout enti&#232;re repose aujourd'hui sur de gigantesques pyramides de dettes, prenant appui les unes sur les autres dans un &#233;quilibre fragile. Jamais dans le pass&#233; une pareille accumulation de promesses de payer ne s'&#233;tait constat&#233;e. Jamais sans doute il n'est devenu plus difficile d'y faire face. Jamais sans doute une telle instabilit&#233; potentielle n'&#233;tait apparue avec une telle menace d'un effondrement g&#233;n&#233;ral.&quot; Sans commentaire.
Ou plut&#244;t si, quelques commentaires, de l'auteur lui-m&#234;me. Joint au t&#233;l&#233;phone, Maurice Allais, qui f&#234;tera ses 98 ans le 31 mai, se tient toujours autant au fait de l'actualit&#233; mondiale - il a suivi &#224; la t&#233;l&#233;vision la c&#233;r&#233;monie d'investiture de Barack Obama, &#224; qui il trouve &quot;d'extraordinaires capacit&#233;s&quot;.
Toujours pr&#234;t &#224; d&#233;battre, toujours pr&#234;t &#224; combattre les &quot;fausses v&#233;rit&#233;s, non v&#233;rifi&#233;es par les faits&quot;. &quot;Ce qui se passe aujourd'hui est une r&#233;p&#233;tition &#224; quelques variantes pr&#232;s de ce qui s'est pass&#233; en 1929.&quot; En moins grave, aussi grave, plus grave ? &quot;Il faut voir.&quot; Sa principale crainte ? Que les hommes politiques ne prennent pas suffisamment conscience de la gravit&#233; de la situation : &quot;Parce qu'eux-m&#234;mes n'ont pas connu personnellement la mis&#232;re. M&#234;me le petit facteur. Moi, si&quot;.
La crise de 1929, Maurice Allais la conna&#238;t par c&#339;ur. C'est elle qui a d&#233;cid&#233; de sa vocation d'&#233;conomiste. Quand il sort major de Polytechnique, il se destine &#224; une carri&#232;re de physicien. Mais un voyage aux Etats-Unis, en 1933, alors au creux de la Grande D&#233;pression, lui fait prendre un autre chemin. &quot;C'&#233;tait un spectacle incroyable, les gens en &#233;taient r&#233;duits &#224; la mendicit&#233;, explique-t-il. C'&#233;tait un ph&#233;nom&#232;ne profond&#233;ment &#233;tonnant auquel aucune explication satisfaisante n'&#233;tait donn&#233;e.&quot;
C'est &#224; la suite de ce choc qu'il choisit de consacrer toute son &#233;nergie et son intelligence &#224; tenter de r&#233;soudre &quot;le probl&#232;me fondamental de toute &#233;conomie : promouvoir une efficacit&#233; &#233;conomique aussi grande que possible tout en assurant une r&#233;partition des revenus qui soit commun&#233;ment acceptable&quot;. Maximiser la croissance en minimisant les in&#233;galit&#233;s. En 1943, il publie un ouvrage de mille pages, A la recherche d'une discipline &#233;conomique, r&#233;dig&#233; en trente mois, qui lui vaudra, quarante-cinq ans plus tard, le prix Nobel.
Le fait que la crise financi&#232;re actuelle fasse &#233;clater les clivages id&#233;ologiques n'est pas forc&#233;ment pour lui d&#233;plaire, lui qui se proclame &quot;lib&#233;ral socialiste.&quot; &quot;Ce qui m'a valu beaucoup d'ennemis&quot;, confie-t-il, dans un pays o&#249; l'on aime tant &#233;tiqueter. Rejet&#233; par les socialistes pour sa d&#233;fense &#224; tous crins du march&#233;, repouss&#233; par les lib&#233;raux pour ses prises de position contre &quot;la doctrine laisser-fairiste mondialiste&quot;. Condamn&#233; par les partisans de l'Union mon&#233;taire europ&#233;enne, lui le f&#233;d&#233;raliste.
Maurice Allais, &#233;conomiste maudit. Dont il &#233;tait m&#234;me devenu de bon ton, dans les ann&#233;es 1990, de moquer les longues analyses. Des propos de vieil homme aigri, expliquaient les &#233;conomistes distingu&#233;s, incapable de comprendre la modernit&#233; de l'&#233;conomie mondiale. Ils avaient tort de le moquer. A tout point de vue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le f&#233;d&#233;ralisme. R&#233;ponse &#224; la crise du monde moderne</title>
		<link>http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article110</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article110</guid>
		<dc:date>2009-03-13T13:51:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Janpier Dutrieux</dc:creator>



		<description>par Max Richard, ancien directeur du XXe Si&#232;cle F&#233;d&#233;raliste, 1970 Nous voici &#224; une &#233;poque o&#249;, dans la d&#233;gradation des m&#339;urs et l'absence des certitudes spirituelles, nous ne voulons ni de nos vices ni de leurs rem&#232;des (Tite-Live). Nihil novi sub sole..... Cette remarque d&#233;sabus&#233;e de l'historien latin nous rappelle qu'il y a deux mille ans nos anc&#234;tres connaissaient d&#233;j&#224; le doute et l'angoisse : le&#231;on d'humilit&#233; &#224; ceux de nos contemporains qui, parce (...)

-
&lt;a href="http://www.alliance-sociale.org/spip.php?rubrique103" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;, Droit et Constitution, philosophie sociale &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;par Max Richard,
ancien directeur du XXe Si&#232;cle F&#233;d&#233;raliste, 1970&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous voici &#224; une &#233;poque o&#249;, dans la d&#233;gradation des m&#339;urs et l'absence des certitudes spirituelles, nous ne voulons ni de nos vices ni de leurs rem&#232;des (Tite-Live). Nihil novi sub sole..... Cette remarque d&#233;sabus&#233;e de l'historien latin nous rappelle qu'il y a deux mille ans nos anc&#234;tres connaissaient d&#233;j&#224; le doute et l'angoisse : le&#231;on d'humilit&#233; &#224; ceux de nos contemporains qui, parce qu'ils se trouvent &#224; la pointe du temps - comme toutes les g&#233;n&#233;rations qui les ont pr&#233;c&#233;d&#233;s - s'imaginent &#234;tre seuls &#224; affronter des probl&#232;mes apparemment insolubles ; et t&#233;moignage qu'au travers des &#226;ges comme des r&#233;gions du globe, l'homme &#233;ternel s'interroge sans cesse sur son destin individuel et collectif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Selon une distinction c&#233;l&#232;bre, &#233;poques et p&#233;riodes alternent tout au long de l'aventure humaine. A des &#232;res de pl&#233;nitude, d'ailleurs toujours relative, d'autres succ&#232;dent, o&#249; dominent trouble, &#233;garement, d&#233;sespoir. Les pessimistes parlent alors de d&#233;cadence et les optimistes de l'accouchement douloureux d'une civilisation nouvelle - cependant qu'Arnold Toynbee voit dans cette sinuso&#239;de la courbe des r&#233;ponses positives ou n&#233;gatives de l'humanit&#233; aux &#171; d&#233;fis &#187; de l'histoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rares sont en tout cas les observateurs des ann&#233;es 70 qui nient la crise travers&#233;e par ce qu'on nomme le monde industrialis&#233;. (Il est notable que cette crise &#233;pargne les pays du tiers monde, trop occup&#233;s &#224; tenter de rattraper les soci&#233;t&#233;s &#171; de consommation &#187; pour gaspiller leur &#233;nergie en agitation et en d&#233;bats de conscience). S&#233;quelles de la derni&#232;re guerre mondiale ou manifestation d'un d&#233;sordre fondamental ? On peut estimer que l'apr&#232;s-guerre a servi de d&#233;tonateur &#224; une explosion dont les prodromes remontent &#224; un demi-si&#232;cle et peut-&#234;tre davantage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En France, il aura fallu mai 1968 pour que nous prenions conscience de notre entr&#233;e dans une &#232;re r&#233;volutionnaire de contestation g&#233;n&#233;ralis&#233;e. De tout temps, des h&#233;r&#233;tiques et des r&#233;volt&#233;s ont, au nom d'autres valeurs que celles dont s'inspirait une soci&#233;t&#233;, mis celle-ci en cause. Toutefois, la r&#233;volte actuelle contre nos traditions, nos institutions, nos modes de vie et de pens&#233;e n'est pas seulement le fait des jeunes, des &#233;tudiants, des traumatis&#233;s et des d&#233;munis. Elle s'&#233;tend &#224; tous les &#226;ges et &#224; toutes les couches sociales : personne ne semble plus &#171; bien dans sa peau &#187; ; d'o&#249; l'&#233;vasion dans la pornographie, la violence, la drogue, n&#233;gations de l'ordre moral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La contestation est devenue universelle. Ce n'est plus telle institution, tel aspect de la soci&#233;t&#233; qui sont rejet&#233;s, c'est la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re, avec l'ensemble des valeurs qui la sous-tendent. Formes politiques, processus &#233;conomiques et sociaux, r&#232;gles morales &#233;l&#233;mentaires et jusqu'aux comportements mill&#233;naires de la plus simple d&#233;cence, &#171; il n'y a plus rien de sacr&#233; &#187;, comme dit l'homme de la rue dans une formule qui va &#224; l'essentiel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une soci&#233;t&#233; saine &#171; vit &#187; les valeurs qu'elle proclame&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au-del&#224; de ses manifestations politiques, sociologiques, morales, la crise que nous traversons appara&#238;t essentiellement comme une crise de valeurs [1].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout homme et toute soci&#233;t&#233; se r&#233;f&#232;rent au moins implicitement &#224; un ensemble de valeurs. Le besoin d'explicitation se fait sentir lorsque les valeurs sont gravement menac&#233;es, un peu comme on appr&#233;cie la sant&#233; lorsqu'on est malade. Nous nous apercevons alors que les valeurs que nous voulons d&#233;fendre, conserver, enrichir, d&#233;couvrir ou red&#233;couvrir sont des valeurs collectives ressenties individuellement et qui nous permettent de nous sentir en communion avec les autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Li&#233;es aux notions de civilisation et de culture &#8211; si la culture est la civilisation en train de se faire, t&#226;che jamais termin&#233;e -, l'id&#233;e de valeur ne l'est donc pas moins &#224; celle de consensus, c'est-&#224;-dire la participation personnelle &#224; la soci&#233;t&#233; et &#224; cette &#171; &#226;me &#187; dont Bergson pressentait au d&#233;but du si&#232;cle qu'il lui fallait s'&#233;largir aux dimensions du monde moderne.
Une soci&#233;t&#233; s'effondre lorsqu'elle ne &#171; vit &#187; plus ses propres valeurs, ou les vit de fa&#231;on formelle et superficielle (la d&#233;cadence romaine, la fin de l'Ancien r&#233;gime, pour prendre des exemples &#233;vidents). Une r&#233;volution ne triomphe jamais que lorsque ceux qui lui r&#233;sistaient ne trouvent plus de sens &#224; leur r&#233;sistance parce qu'ils ne croient plus &#224; ce qu'ils repr&#233;sentent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'est pas de &#171; d&#233;fense &#187; des valeurs sans adh&#233;sion &#224; ce qu'elles signifient, sans fiert&#233; de les incarner aujourd'hui, sans fid&#233;lit&#233; et reconnaissance &#224; ceux qui les incarnaient hier. En revanche, des valeurs devenues rites commodes, gestes fig&#233;s, oripeaux, d&#233;lav&#233;s, ne m&#233;ritent pas ce nom et donnent prise &#224; une l&#233;gitime contestation.
Rep&#232;res objectifs, les valeurs ne sont authentiques qu'autant qu'elles sont v&#233;cues (et pas seulement proclam&#233;es) dans la sinc&#233;rit&#233; &#8211; et mobilisent ainsi les puissances subjectives, du sentiment individuel et collectif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; L'aventure occidentale de l'homme &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'est-ce donc qu'un ensemble de valeurs ? C'est ce qui nous para&#238;t important, solide, stable, permanent, c'est une table de r&#233;f&#233;rence, o&#249; se m&#234;lent religions r&#233;v&#233;l&#233;es et traditions historiques. Les valeurs donnent un sens &#224; notre vie personnelle ; elles sont nos raisons fondamentales de vivre, de sentir, d'agir. Sans un syst&#232;me de valeurs, conscient ou non, nous tombons dans l'absurde, le nihilisme, la tentation du suicide, et nous ne pouvons communiquer avec autrui. La r&#233;f&#233;rence implicite &#224; des valeurs reconnues par tous et essentielle &#224; toute soci&#233;t&#233;, elle est le langage commun faute duquel aucun ordre ne peut subsister.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, toute soci&#233;t&#233; tend d'abord &#224; sa propre conservation. Les valeurs fondamentales se pr&#233;sentent donc comme conservatrices ; d'o&#249; le risque de les confondre avec l'ordre social lui-m&#234;me, ses scl&#233;roses et ses injustices. Il est significatif que ce soit l' &#187;&#233;tablissement &#187; qui &#233;voque les &#171; valeurs &#187; d&#232;s que sa primaut&#233; est mise en question.
Car toute soci&#233;t&#233; travaille en m&#234;me temps &#224; sa destruction. Elle est travers&#233;e de courants contestataires, n&#233;s de l'affrontement des hommes et des groupes, de l'asceNsion ou du d&#233;clin des classes, des modifications de l'habitat, du d&#233;veloppement des techniques, etc.
L'Orient, fig&#233;, soci&#233;t&#233; close, ne conna&#238;t gu&#232;re la contestation que par imitation de l'Occident. En revanche, d'H&#233;raclite &#224; Socrate, d'Antigone &#224; Diog&#232;ne, du &#171; Rendre &#224; C&#233;sar &#187; &#224; la R&#233;forme et &#224; la Renaissance, des &#171; Lumi&#232;res &#187; au lib&#233;ralisme et au socialisme, l'histoire de cet Occident est celle d'une perp&#233;tuelle remise en cause, ce que Denis de Rougemont a appel&#233; &#171; l'aventure occidentale de l'homme &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Valeurs de conservation et valeurs de contestation&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut ainsi distinguer deux sortes de valeur : les valeurs de conservation, de tradition, de sagesse, d'exp&#233;rience, etc, les valeurs de contestation, de progr&#232;s, de spontan&#233;, d'aventure, etc. ; ou, en d'autres termes, ce que Desmond Morris, l'auteur du Zoo humain, nomme &#171; forces coh&#233;sives &#187; et &#171; forces inventives &#187;, entendant par l&#224; que toute invention (ou innovation) d&#233;bouche sur la contestation, et que par cons&#233;quent la vie elle-m&#234;me est contestataire ; mais la vie &#171; ensemble de forces qui r&#233;sistent &#224; la mort &#187; (Claude Bernard) est &#233;galement conservatrice. L'histoire humaine se fera dans la contradiction, comme en t&#233;moignent par exemple le couple antith&#233;tique libert&#233;-&#233;galit&#233; ou les sens contradictoires des adjectifs rationnel et raisonnable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agit pas (Proudhon l'a rappel&#233; &#224; Marx dans une lettre c&#233;l&#232;bre) d'un conflit mortel entre une th&#232;se et une antith&#232;se destin&#233; &#224; s'abolir dans la violence d'une synth&#232;se arbitraire. C'est un &#233;quilibre dynamique, une tension cr&#233;atrice, o&#249; l'effort des hommes, ma&#238;tres et non esclaves de l'histoire, est capital pour appuyer sur l'un ou l'autre des plateaux, afin que ne s'&#233;tablisse pas un d&#233;s&#233;quilibre durable qui figerait l'ordre social : tel est le fondement de la d&#233;marche f&#233;d&#233;raliste, &#224; partir de l'exp&#233;rience concr&#232;te, en dehors de toute id&#233;ologie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;quilibre rompu&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Maintenu vaille que vaille au travers des &#171; &#233;poques &#187; et des &#171; p&#233;riodes &#187;, cet &#233;quilibre semble aujourd'hui rompu. Les valeurs de contestation l'emportent sur les valeurs de conservation, les forces inventives sur les forces coh&#233;sives. Entre les masses informes travers&#233;es de courants furieux et l'exaltation sans frein des pulsions individuelles, entre les solidarit&#233;s id&#233;ologiques abstraites et l'insurrection des instinct primitifs, la soci&#233;t&#233; occidentale se d&#233;sagr&#232;ge. Les compl&#233;mentarit&#233;s deviennent des oppositions et la confusion intellectuelle est partout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les m&#234;mes esprits r&#233;cusent l'autorit&#233; paternelle et r&#233;citent le cat&#233;chisme de Mao, pr&#244;nent en m&#234;me temps la pan-sexualit&#233; et l'asc&#232;se, couvrent la patrie de sarcasmes et d&#233;ifient l'Etat, participent au d&#233;lire nationaliste et s'inf&#233;odent aux empires totalitaires, opposent &#224; la puret&#233; d'un lointain tiers-monde la corruption d'une soci&#233;t&#233; de consommation dont ils profitent sans vergogne, pr&#244;nent un syst&#232;me collectiviste qui ne tol&#233;rerait pas une seconde le moindre de leurs d&#233;r&#232;glements, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De ce d&#233;sordre intellectuel et moral, les causes sont multiples et nous ne saurions les examiner toutes en quelques pages. Contentons-nous d'en rappeler quelques-unes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On trouve sans doute d'abord le pessimisme g&#233;n&#233;ralis&#233; qui a succ&#233;d&#233; &#224; l'optimisme scientiste d'hier. Depuis les &#171; lumi&#232;res &#187;, c'&#233;tait un dogme que l'humanit&#233; ne pouvait que progresser vers un mieux. La Bombe a prouv&#233; au moins sceptiques que le progr&#232;s n'est pas &#224; sens unique, et m&#234;me qu'une d&#233;couverte effrayante - par ailleurs prometteuse d'une in&#233;puisable &#233;nergie - pouvait conduire &#224; l'an&#233;antissement de l'humanit&#233;. D'o&#249;, pour le petit nombre, un f&#233;cond retour aux valeurs spirituelles mais, pour le grand nombre, un &#224; quoi bon d&#233;sesp&#233;r&#233; ou cynique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autre cause de bouleversement : l'acc&#233;l&#233;ration technique devant quoi, apprenti-sorcier sans formules de conjuration, l'homme se sent d&#233;muni. Les institutions et les esprits sont de moins en moins en mesure de r&#233;pondre aux questions multipli&#233;es que cette acc&#233;l&#233;ration lui pose sans cesse. Il est d&#233;pass&#233; par son propre rythme, les cadres dans lesquels ses anc&#234;tres et lui ont v&#233;cu &#233;clatent ou se disloquent. Ainsi, dans le Choc du Futur, Alain T&#244;ffler remarque qu'aux Etats-Unis aujourd'hui, &#171; plus rien n'est stable ni permanent. Les valeurs, les liens affectifs, les objets fonctionnels s'usent &#224; une vitesse toujours croissante. L'homme change &#224; une vitesse toujours croissante. L'homme change de logement et d'emploi de plus en plus fr&#233;quemment &#187;. Ceci explique que les Etats-Unis aient connu avant nous l'explosion contestataire - mais nous les rejoignons. Or, la maison et le m&#233;tier &#233;taient les rep&#232;res essentiels de l'homme, les lieux de son &#233;panouissement, de son enracinement, de son insertion sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A quoi il faut ajouter que la soci&#233;t&#233; industrielle, qui multiplie les biens, ne comble pas la soif d'absolu, d'autre chose, d'ailleurs - de d&#233;passement - que l'homme porte en lui depuis qu'il est sorti du limon originel, ce que les Ecritures expriment admirablement en rappelant qu'il ne vit &#171; pas seulement de pain &#187;. Pire, en l'entourant de confort, elle tend &#224; la fois &#224; l'engoncer dans le mat&#233;rialisme et &#224; lui donner la nostalgie d'une soci&#233;t&#233; qui &#233;tancherait ou tenterait d'&#233;tancher cette soif. Trop d'avoir incite &#224; rechercher un peu plus d'&#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En outre, l'homme vit de plus en plus dans le discontinu. L'information universelle ne le laisse plus en repos. Par la presse, la radio, la t&#233;l&#233;vision, des milliers de &#171; nouvelles &#187; lui parviennent chaque jour : tout est toujours nouveau, tout change, rien ne demeure. De plus, les mass media[2] ne signalent &#224; peu pr&#232;s jamais les &#233;v&#233;nements fastes, heureux, r&#233;confortants. Dans leur recherche du sensationnel &#224; tout prix, une impitoyable concurrence aidant, c'est le dramatique, l'anormal, le violent qu'ils mettent en exergue. Catastrophes, &#233;pid&#233;mies, r&#233;volutions, putschs, attentats... telle est l'actualit&#233;. Comment s'&#233;tonner que l'homme d'Occident perde le pied ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est de surcro&#238;t plong&#233; dans l'atmosph&#232;re &#233;touffante, fi&#233;vreuse, des villes de plus en plus &#171; tentaculaires &#187;. L'explosion d&#233;mographique et l'industrialisation vident les campagnes au rythme d&#233;mentiel de l'urbanisation. Dans un univers de b&#233;ton et d'asphalte, l'homme perd le contact avec les rythmes naturels, s'entasse dans les bo&#238;tes &#224; habiter toutes semblables, s'&#233;puise dans des d&#233;placements quotidiens de plus en plus p&#233;nibles, est en proie &#224; la promiscuit&#233;, &#224; la pollution, atome perdu dans la foule. L'&#232;re des masses, les agglom&#233;rations gigantesques ont transform&#233; les cit&#233;s d'hier, &#224; la mesure de l'homme en fourmili&#232;res incessamment agit&#233;es o&#249; les contacts personnels ont fait place &#224; la juxtaposition d'individus sans relations r&#233;elles entre eux. Le prochain n'est plus qu'un g&#234;neur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'o&#249;, pour &#171; compenser &#187;, l'attrait sur tous les traumatis&#233;s du monde moderne des r&#234;veries intellectualistes nourries d'anti-valeurs syst&#233;matiquement cultiv&#233;es. On nie la n&#233;cessit&#233; des contraintes sociales, on r&#233;clame une &#171; lib&#233;ration totale &#187;, on va, dans un d&#233;lire d'abstraction proche de la folie, jusqu'&#224; refuser la condition humaine. &#171; Qui veut faire l'ange fait la b&#234;te &#187; : devant le d&#233;cha&#238;nement de la pornographie la plus basse, conjugu&#233; avec les exc&#232;s de l'id&#233;alisme d&#233;sincarn&#233;, le mot de Pascal n'a jamais &#233;t&#233; plus vrai&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'o&#249;, &#233;galement, le culte excessif de la jeunesse - qui est en outre un excellent march&#233; pour les affairistes avis&#233;s. Les soci&#233;t&#233;s d'hier respectaient et honoraient leurs anciens, faisaient appel &#224; leur sagesse et exp&#233;rience. Aujourd'hui, ces mots font sourire, et les vieillards sont des inutiles. Le mot d'ordre est &#224; l'instinct, au jaillissement incontr&#244;l&#233;, au dynamisme de l'informel, &#224; l'innovation &#224; tout prix [3] : qu'on songe &#224; la peinture, &#224; la musique, au th&#233;&#226;tre du &#171; happening &#187;, au cin&#233;ma-provocation, etc. On veut oublier que l'art est &#224; la fois inspiration dyonisiaque et contr&#244;le apollinien, venu des profondeurs et ma&#238;tris&#233; par la raison, surgi et parachev&#233; par le m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L&#224; encore, l'&#233;quilibre entre tradition et progr&#232;s, entre forces antagonistes et compl&#233;mentaires, a &#233;t&#233; d&#233;truit. Ce malaise de l'Occident peut devenir maladie mortelle si l'on n'y rem&#233;die sans tarder : le totalitarisme aux aguets compte aujourd'hui pour nous vaincre bien plus sur notre pourrissement int&#233;rieur que sur son appareil politico-guerrier ; il appara&#238;t m&#234;me aux yeux des na&#239;fs comme une promesse d'ordre face &#224; l'anarchie montante, conjuguant ainsi les avantages de la guerre subversive et le prestige rassurant des vertus &#171; bourgeoises &#187;.
Et d'ailleurs, &#224; quoi servirait-il de nous y opposer si nous n'avions plus rien &#224; d&#233;fendre, que notre confort et notre tranquillit&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une responsabilit&#233; historique&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ici que le f&#233;d&#233;ralisme a un r&#244;le capital &#224; jouer, une responsabilit&#233; historique &#224; assumer. Fond&#233;e sur l'homme concret, sur la r&#233;alit&#233; de ses rapports avec la soci&#233;t&#233;, en un mot sur l'ordre naturel, et en m&#234;me temps, vue prospective de l'insertion dynamique de l'humanit&#233; dans l'histoire, attentive &#224; ne n&#233;gliger aucun aspect de la vie sociale, rebelle &#224; tout apriorisme syst&#233;matique, l'attitude f&#233;d&#233;raliste est la plus propre &#224; concilier les aspirations contradictoires de l'Occident, &#224; r&#233;tablir l'&#233;quilibre entre les valeurs apparemment oppos&#233;es - mais fondamentalement compl&#233;mentaires - dont son cheminement est tiss&#233; : le particulier et l'universel, la diversit&#233; et la soci&#233;t&#233;. C'est une cl&#233; qui bien employ&#233;e, peut aider la civilisation contemporaine &#224; sortir de ses impasses, &#224; r&#233;soudre sans drame des probl&#232;mes apparemment insolubles g&#233;n&#233;rateurs de conflits r&#233;volutionnaires, qu'il s'agisse de l'ordre social ou de l'&#233;dification d'une communaut&#233; pacifique des peuples.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme n'est ni une philosophie, ni une doctrine. C'est une foi en l'homme, une m&#233;thode de r&#233;flexion et d'action socio-politique. C'est une foi en l'homme, une m&#233;thode de r&#233;flexion et d'action socio-politique, un ensemble d'institutions. S'il emprunte certains de ses trait &#224; la th&#233;orie juridique classique, il ne se r&#233;duit ni &#224; la distinction entre l'Etat f&#233;d&#233;ral ou la Conf&#233;d&#233;ration et l'Etat unitaire, ni &#224; une th&#233;orie des collectivit&#233;s territoriales. Il embrasse toute l'activit&#233; humaine et concerne donc tous les aspects du monde contemporain. Son activit&#233; s'est affirm&#233;e au lendemain de la seconde guerre mondiale, aussi bien &#224; propos de la n&#233;cessaire construction europ&#233;enne qu'en ce qui concerne la sauvegarde des libert&#233;s individuelles et sociales.
Il y a un quart de si&#232;cle, le f&#233;d&#233;ralisme faisait surtout porter l'accent sur ces derni&#232;res, qui mena&#231;aient gravement l'&#233;tatisme et la centralisation. Il insistait donc sur l'autonomie, l'autogestion, la d&#233;centralisation organique &#224; tous les niveaux de d&#233;cision.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970, ces lignes de force &#171; centrifuges &#187; sont toujours valables - m&#234;me et surtout lorsqu'elles se conjuguent avec l'effort &#171; centrip&#232;te &#187; de la f&#233;d&#233;ration progressive de l'Europe. Cons&#233;quence entre autres du d&#233;s&#233;quilibre intellectuel et moral que nous avons rapidement analys&#233;, a crise de mai 1968 a toutefois r&#233;v&#233;l&#233; qu'en r&#233;action exasp&#233;r&#233;e contre les scl&#233;roses centralisatrices, un mouvement explicable mais dangereux (parce qu'oublieux des solidarit&#233; du bien commun) r&#233;veillait de latentes inclinations &#224; l'anarchie. Il importe aujourd'hui d'appuyer sur l'autre plateau - en rappelant que si le courant social va de bas en haut, il ne peut &#234;tre isol&#233; de l'architecture de l'ensemble ; et qu'&#224; la l&#233;gitime affirmation des libert&#233;s de base doit correspondre le non moins l&#233;gitime affirmation de l'ordre, de la hi&#233;rarchie, des arbitrages sans lesquels chacun tire &#224; hue et &#224; dia au d&#233;triment de tous et donc de lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;centralisation et autonomie&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Infiniment plus grave qu'aucune de celles qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e, la crise actuelle de notre civilisation est au moins autant d'ordre m&#233;taphysique et religieux que d'ordre politique et social - mais les choses sont &#233;troitement m&#234;l&#233;es. Ensemble de principes et de m&#233;thodes pour l'organisation de la soci&#233;t&#233; nationale et internationale, le f&#233;d&#233;ralisme n'est certes pas une panac&#233;e. Il est cependant la seule voie ouverte &#224; cette r&#233;forme intellectuelle et morale &#224; laquelle, au lendemain de la d&#233;faite de 1871, Renan appelait d&#233;j&#224; les Fran&#231;ais ; r&#233;forme intellectuelle et morale elle-m&#234;me ins&#233;parable d'une r&#233;forme des structures et donc des comportements.
Certes, les principales causes du malaise de la soci&#233;t&#233; industrielle subsisteront - et l'on voit mal comment, sans un impossible retour &#224; l'&#233;tat de nature, on pourrait les supprimer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutefois, certaines de leurs plus n&#233;fastes cons&#233;quences peuvent &#234;tre att&#233;nu&#233;es. Les effets traumatisants de l'acc&#233;l&#233;ration technique seront combattus par un retour syst&#233;matique &#224; l'initiative et &#224; la responsabilit&#233; personnelles de tous les producteurs gr&#226;ce &#224; la d&#233;centralisation fonctionnelle dans l'usine telle que notre cher et si regrett&#233; ma&#238;tre Hyacinthe Dubreuil l'a expos&#233;e dans de nombreux ouvrages [4] . A ce syst&#232;me des &#171; ateliers autonomes &#187; lib&#233;rant les travailleurs de la contrainte et de la passivit&#233; du salariat, il convient de joindre une r&#233;forme de l'enseignement professionnel et technique telle que les implications humaines et sociales de toute autorit&#233; &#233;conomique fassent partie int&#233;grante de la formation des techniciens et ing&#233;nieurs. C'est sur les lieux de travail, gr&#226;ce &#224; une autogestion fond&#233;e sur la comp&#233;tence et la responsabilit&#233; des &#233;quipes (dans l'entreprise une et indivisible sous l'autorit&#233; incontest&#233;e d'un patron-chef d'orchestre) que le travailleur &#233;chappera &#224; la mise en &#233;quation technocratique et recouvrera la dignit&#233; perdue depuis la r&#233;volution industrielle. Ainsi, de l'atelier &#224; la profession organis&#233;e sur une base syndicale et selon une m&#233;thode contractuelle paritaire, pourra s'&#233;difier une &#233;conomie sociale concert&#233;e par tous les partenaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'information prolif&#233;rante pose un probl&#232;me politique et de d&#233;ontologie professionnelle. Elle rel&#232;ve essentiellement de la conscience des responsables des mass media, toute mesure autoritaire risquant d'entra&#238;ner des abus semblables &#224; ceux des r&#233;gimes totalitaires. Il n'en reste pas moins que toute nouvelle n'est pas bonne &#224; dire et que l'information professionnelle, voire un &#171; ordre &#187; des journalistes du type de l'ordre des m&#233;decins ou de l'ordre des avocats, s'impose sans doute ici. Voil&#224; encore une d&#233;marche f&#233;d&#233;raliste, puisque fond&#233;e sur l'association volontaire et responsable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant &#224; l'urbanisme sauvage qui multiplie les grands ensembles sans &#226;me, il est lui aussi en m&#234;me temps affaire d'Etat et affaire d'organisation professionnelle et territoriale. Il se trouve au point de rencontre d'un am&#233;nagement &#233;quilibr&#233; du territoire, d'une programmation des &#233;quipements &#233;labor&#233;e de concert avec tous les int&#233;ress&#233;s, et ce qu'on pourrait appeler le &#171; socialisme &#187; municipal ou r&#233;gional, qui ne saurait s&#233;parer les fonctions &#171; technique &#187; de l'habitat de tout ce qui, dans une soci&#233;t&#233; saine, fait l'accord fondamental entre les citoyens et la cit&#233; &#8211; qu'il s'agisse de logements &#224; la mesure humaine, du groupement des habitations autour d'un centre, c&#339;ur de la vie civique, ou d'un &#171; environnement &#187; aujourd'hui de plus en plus enlaidi et pollu&#233;. Ce dernier point est capital et ne saurait relever des seules comp&#233;tences d'un minist&#232;res ad hoc aussi bien intentionn&#233; qu'il soit et dont le r&#244;le doit &#234;tre surtout d'&#233;veil, d'aide et de coordination. En cette mati&#232;re plus qu'en tout autre, d&#233;centralisation et autonomie locale sont en effet les cl&#233;s de l'efficacit&#233;, c'est-&#224;-dire d'une utilisation humaine de l'espace, dans le respect de la nature, des vestiges du pass&#233; et des l&#233;gitimes besoins des populations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bases de la reconstruction&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'agit de b&#226;tir un ordre vivant et concret. Vivant : parcouru de courants organiques et fond&#233; sur des communaut&#233;s conscientes. Concret : enracin&#233; dans les r&#233;alit&#233;s quotidiennes et les cadres naturels.
La famille des ann&#233;es 1970 n'est plus ce qu'elle &#233;tait jadis et nagu&#232;re. L'&#233;volution biologique et psychologique &#233;mancipe les enfants plus t&#244;t qu'hier. Il n'en reste pas moins que l'&#233;quilibre &#224; r&#233;tablir est incompatible avec un individualisme n&#233;gateur des n&#233;cessit&#233;s premi&#232;res, qui sont familiales [5]. R&#233;tablir l'autorit&#233; paternelle et maternelle dans ce qu'elle a d'indispensable &#224; la formation des jeunes &#8211; pour qu'ils sachent plus tard exercer leur libert&#233; en pleine connaissance de cause, et &#233;lever &#224; leur tour leurs enfants &#8211; appara&#238;t au moins aussi urgent que de r&#233;tablir l'autorit&#233; de ceux qu'on nommait des ma&#238;tres &#8211; c'est-&#224;-dire des &#233;ducateurs et des exemples &#8211; et qui ne sauraient se contenter d'&#234;tre des &#171; enseignants &#187;. L&#224; encore d&#233;s&#233;quilibre : hier abusivement centralis&#233;e &#224; la napol&#233;onienne, l'Universit&#233; &#8211; dans tous ses ordres &#8211; a &#233;clat&#233; depuis mai 1968 en f&#233;odalit&#233;s id&#233;ologiques. Il faut la restructurer organiquement, dans l'autonomie et la coh&#233;sion : tenir les deux bouts de la cha&#238;ne, ne pas sacrifier les libert&#233;s &#224; l'unit&#233;, ni l'unit&#233; aux libert&#233;s, tel est un des leitmotivs du f&#233;d&#233;ralisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Inutile d'insister sur la commune, fondement d'un ordre libre et d'une d&#233;mocratie authentique. D&#233;fendre et &#233;tendre l'autonomie communale est l'un des aspects fondamentaux de l'effort f&#233;d&#233;raliste &#8211; avec cette pr&#233;cision que cette autonomie doit, pour &#234;tre effective et pas seulement verbale, reposer sur des collectivit&#233;s locales suffisamment riches en hommes, en superficie et en moyens ; sinon, elles ne peuvent qu'&#234;tre d'&#233;ternelles assist&#233;es. Coop&#233;ration organique, fusion si n&#233;cessaire et ressources financi&#232;res propres : tels sont les points fondamentaux de la r&#233;forme qui fera de nos communes des collectivit&#233;s r&#233;ellement autonomes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette r&#233;forme est ins&#233;parable de la d&#233;centralisation r&#233;gionale qui doit transf&#233;rer &#224; des r&#233;gions puissantes, dot&#233;es d'institutions repr&#233;sentatives, la majorit&#233; des comp&#233;tences &#233;conomiques et sociales aujourd'hui d&#233;volues &#224; l'Etat &#8211; et mal exerc&#233;es par lui. Une r&#233;gionalisation effective est &#224; la fois le moyen de restaurer le civisme, d'instaurer la participation, de rem&#233;dier aux distorsions &#233;conomiques du pays, et de mettre la France &#224; l'heure de l'Europe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, retrouvant les communaut&#233;s naturelles en leur donnant une dimension autre, le f&#233;d&#233;ralisme redonne un sens &#224; la patrie. Parmi les &#171; valeurs &#187; aujourd'hui d&#233;cri&#233;es, le patriotisme occupe h&#233;las une place de choix. On ne fait pourtant rien sans amour, sans respect, sans fid&#233;lit&#233; ; mais il faut relier le pass&#233; au pr&#233;sent, trouver dans la tradition et la pi&#233;t&#233; envers les anc&#234;tres &#8211; patrie, terre des p&#232;res &#8211; des raisons de pr&#233;parer l'avenir. L'&#233;quilibre retrouv&#233; consiste &#224; continuer la t&#226;che des g&#233;n&#233;rations, sans nostalgie pass&#233;iste ni culte exclusif du futur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La patriotisme f&#233;d&#233;ral&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L a commune, cadre de vie quotidienne des foyers, premier et essentiel &#233;tage d'un civisme concret, la r&#233;gion, rencontre des coutumes s&#233;culaires, des solidarit&#233;s affectives et du d&#233;veloppement &#233;conomique, social et culturel, la nation, patrimoine commun des Fran&#231;ais, t&#233;moignage de l'unit&#233; de leur histoire dans la diversit&#233; de leurs appartenances, l'Europe, maison commune de nos patries r&#233;gionales et nationales, enfin r&#233;concili&#233;es par un destin plan&#233;taire &#8211; non seulement ces communaut&#233;s concentriques ne s'opposent pas, mais elles se compl&#232;tent et s'&#233;tayent l'une l'autre, des enracinements premiers aux projets mondiaux, du particulier &#224; l'universel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; le patriotisme f&#233;d&#233;ral, fait de solidarit&#233;s et de layaut&#233;s compl&#233;mentaires. A la &#171; masse &#187; amorphe et gigantesque, o&#249; l'individu se dissout et que cimentent artificiellement des id&#233;ologies rudimentaires ne d&#233;bouchant que sur la violence, le f&#233;d&#233;ralisme substitue les groupes organiques o&#249; s'effectuent les relations personnelles, se f&#233;d&#233;rant et se hi&#233;rarchisant progressivement &#224; mesure des besoins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Partout il multiplie les communaut&#233;s territoriales et fonctionnelles o&#249; se conjuguent l'autonomie, la participation la comp&#233;tence et la responsabilit&#233;. Aux conservateurs, il rappelle ainsi que les structures les plus v&#233;n&#233;rables n'ont de sens que si tous s'y sentent chez eux et que les hi&#233;rarchies ne se fondent que sur les devoirs effectivement assum&#233;s. Aux contestataires, il souligne que l'autogestion ne saurait &#234;tre l'&#233;clatement syst&#233;matique de l'autorit&#233; : elle ne se justifie que si elle s'exerce au profit du bien commun et que si tout pouvoir d&#233;l&#233;gu&#233; ou conquis proc&#232;de de capacit&#233;s effectives que sanctionneront les r&#233;sultats obtenus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les situations acquises n'ouvrent pas droit au commandement, les revendications &#233;galitaires pas davantage. Tout pouvoir, &#224; quelque &#233;chelon que ce soit, ne se l&#233;gitime que s'il concourt &#224; la fois au bien de la communaut&#233; inf&#233;rieure et &#224; la coh&#233;sion de la communaut&#233; sup&#233;rieure. Ainsi sont &#233;vit&#233;es au maximum en haut les scl&#233;roses d'un ordre fig&#233;, et liquid&#233;es les frustrations d'en bas pour autant qu'elles se r&#233;solvent en responsabilit&#233;s clairement assum&#233;es.
On voit que l'ordre social du f&#233;d&#233;ralisme est souple et fluide par nature : courant d'en bas et contr&#244;le d'en haut se r&#233;pondent constamment, dans un &#233;change incessant. Rien ne r&#233;pond mieux &#224; la n&#233;cessit&#233; contemporaine de la mobilit&#233; sociale et de la formation permanente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme concilie les valeurs compl&#233;mentaires&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ces lignes, nous ne pr&#233;tendons nullement tracer les contours d'une utopie. Comme tout ordre humain, l'ordre f&#233;d&#233;raliste est imparfait ; mais il r&#233;pond mieux qui l'ordre individualiste, loi de la jungle, ou que l'ordre collectiviste, loi du bagne, &#224; la nature profonde de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Surtout, il s'efforce de tenir la balance &#233;gale, dans un perp&#233;tuel souci d'&#233;quilibre, entre les forces coh&#233;sives et les forces inventives, entre les valeurs de permanence et les valeurs de renouvellement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne trouvera pas ici le tableau d'une soci&#233;t&#233; id&#233;ale. Nous avons simplement indiqu&#233; quelques-unes des voies de la r&#233;flexion et de l'action f&#233;d&#233;ralistes : la r&#233;forme sociale, dans l'entreprise et la profession, la r&#233;forme territoriale (commune et r&#233;gion), l'entreprise europ&#233;enne. Si les points d'application sont diff&#233;rents, la m&#233;thode est la m&#234;me, comme nous pensons l'avoir montr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'agit dans tous les cas de consid&#233;rer en m&#234;me temps les aspects &#171; oppos&#233;s &#187; - c'est-&#224;-dire compl&#233;mentaires &#8211; d'une m&#234;me r&#233;alit&#233; : la personne et le groupe, la commune et la r&#233;gion, la r&#233;gion et la nation, la nation et l'Europe &#8211; ou, en termes plus g&#233;n&#233;raux, l'unit&#233; et la diversit&#233;, l'autorit&#233; et la libert&#233;, etc &#8211; c'est-&#224;-dire en fin de compte, de concilier les deux ordres de valeurs que nous avons reconnus dans l' occident.
R&#233;p&#233;tons-le : attitude d'esprit, le f&#233;d&#233;ralisme est le contraire d'un syst&#232;me. Il est l'acceptation m&#234;me de la r&#233;alit&#233;. Il est essentiellement un r&#233;alisme &#8211; mais non une soumission &#224; l'on ne sait quelle fatalit&#233; : dans les limites de leur condition et des lois naturelles ( qu'ils ne peuvent modifier en d&#233;pit des r&#234;veries orgueilleuses de certains, qui s'ali&#232;nent ainsi au monde), les hommes sont libres et ma&#238;tres de leur destin. En ce domaine comme ailleurs, &#171; on ne commande &#224; la nature qu'en lui ob&#233;issant &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le principe de subsidiarit&#233;, cl&#233; de la r&#233;partition des t&#226;ches&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Compromis r&#233;aliste entre l'humilit&#233; et la fiert&#233;, entre les pulsions du pass&#233; et les stimulations du futur, entre le for int&#233;rieur et la solidarit&#233; humaine, le f&#233;d&#233;ralisme propose dans l'ordre national et dans l'ordre international tout un ensemble d'institutions, de la place du village au monde, de l'atelier &#224; l'organisation professionnelle et interprofessionnelle. Institutions toutes fond&#233;es sur la quadruple co&#239;ncidence, &#224; tous les &#233;chelons, que nous appelons : comp&#233;tence &#8211; participation &#8211; autonomie &#8211; responsabilit&#233;, et articul&#233;es entre elles selon le principe de subsidiarit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce principe est essentiel, qui garantit les autonomies &#233;tag&#233;es en m&#234;me temps que la solidarit&#233; de l'ensemble social. Il consiste &#224; reconna&#239;tre d'abord &#224; toute communaut&#233;, quelle qu'lle soit, toutes les comp&#233;tences qu'elle est en mesure d'assumer effectivement, et &#224; ne d&#233;l&#233;guer d'attributions au niveau imm&#233;diatement sup&#233;rieur que lorsque la communaut&#233; consid&#233;r&#233;e n'est pas en mesure de r&#233;gler une question qui la d&#233;passe ; ce que les Suisses traduisent par la formule : &#171; In dubiis libertas, in necessariis unitas &#187; et les Allemands par la formule : &#171; En bas tout le possible, en haut tout le n&#233;cessaire &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme, l'Etat et l'Europe&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On saisit &#224; quel point une telle r&#232;gle permet, sinon de r&#233;soudre (car tous les cas d'esp&#232;ce sont innombrables), tout au moins de situer dans leurs v&#233;ritables donn&#233;es les probl&#232;mes de plus en plus complexes que pose la soci&#233;t&#233; contemporaine, en &#233;quilibrant le conflit entre &#171; forces coh&#233;sives &#187; (en haut) et (forces inventives &#187; (en bas). Il ne s'agit plus ici d'une vue quantitative, m&#234;me si, dans l'ordre territorial (&#224; la commune ce qui est communal, &#224; la r&#233;gion ce qui est r&#233;gional, etc.), on passe de communaut&#233;s moins vastes &#224; des communaut&#233;s plus vastes ; il s'agit de tenir compte du caract&#232;re sp&#233;cifique des t&#226;ches &#224; accomplir, des fonctions &#224; assumer, des responsabilit&#233;s &#224; d&#233;terminer. Le f&#233;d&#233;ralisme propose un ordre qualitatif : la r&#233;gion n'est pas une grande commune, pas plus que la r&#233;gion n'est une grande r&#233;gion, ou l'Europe une grande nation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On sait &#224; quel point ce principe, si &#233;vident, si conforme &#224; la raison &#171; raisonnable &#187; (mais que nient les rationalistes centralisateurs, jacobins, totalitaires) pose sous son v&#233;ritable &#233;clairage le r&#244;le de l'Etat national. Tout de m&#234;me que ce dernier remplit, &#224; son &#233;chelon, une fonction subsidiaire ou suppl&#233;tive, &#224; l'&#233;gard des collectivit&#233;s r&#233;gionales, elles-m&#234;mes assurant la m&#234;me fonction &#224; l'&#233;gard des collectivit&#233;s locales, les n&#233;cessaires institutions europ&#233;ennes (l&#233;gislatives, ex&#233;cutives et judiciaires) g&#232;rent le domaine commun qui exc&#232;de les comp&#233;tences nationales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi sont tranch&#233;s les faux probl&#232;mes de la souverainet&#233; et de la supranationalit&#233; puisqu'il ne s'agit pas d'abandon ; c'est d'une r&#233;partition des t&#226;ches qu'il s'agit, et dont nul ne peut d&#233;noncer l'arbitraire, sauf &#224; avoir de l'Etat national une vue mystique, passionn&#233;e et finalement totalitaire. Le f&#233;d&#233;ralisme remet l'Etat &#224; sa place, toute sa place mais rien que sa place, aussi bien vis-&#224;-vis de la nation organis&#233;e dans ses communaut&#233;s que vis-&#224;-vis de la F&#233;d&#233;ration naissante du &#171; vieux &#187; continent, lequel, manifestant une nouvelle jeunesse, peut et doit jouer en un monde trop domin&#233; par les &#171; grands &#187; un r&#244;le capital dans la communaut&#233; plan&#233;taire des peuples, car il est la terre de l'humanisme.
Multipliant les centres de d&#233;cision et dotant les entit&#233;s politiques et &#233;conomiques des pouvoirs et des moyens n&#233;cessaires &#224; l'exercice de leur autonomie, le f&#233;d&#233;ralisme utilise ainsi les tensions centrifuges au profit de l'unit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le seul antidote au totalitarisme et &#224; l'anarchie&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une telle m&#233;thode commence &#224; porter ses fruits dans l'ordre territorial, qu'il s'agisse de la construction de l'Europe unie ou qu'il s'agisse de la d&#233;centralisation communale et r&#233;gionale. Elle offre un champ d'application immense dans l'ordre social et universitaire, &#224; peine explor&#233;. Le f&#233;d&#233;ralisme social, esquiss&#233; par Proudhon, poursuivi par Hyacinthe Dubreuil - au niveau de l'entreprise comme dans le domaine de la solidarit&#233; sociale, substitu&#233;e &#224; une &#171; s&#233;curit&#233; &#187; passive - en est encore &#224; ses premiers lin&#233;aments. Qui ne voit pourtant que, promouvant dans l'unit&#233; la cogestion &#224; tous les &#233;tages du monde &#233;conomique, il permet de r&#233;aliser la justice sociale et la participation de tous, dans l'effort, l'initiative et l'&#233;panouissement personnel, offrant ainsi une issue au dialogue de sourds entre lib&#233;raux et socialistes et r&#233;alisant cette synth&#232;se entre les aspirations &#233;conomiques, intellectuelles et morales o&#249; l'auteur de &#171; promotion &#187; voyait la cl&#233; de la question sociale ? il y l&#224; un domaine immense &#224; d&#233;fricher, gr&#226;ce &#224; un effort soutenu d'invention, d'imagination, de cr&#233;ation.
au moment o&#249; la participation, la concertation, l'&#233;laboration par toutes les cat&#233;gories sociales d'un &#171; plan &#187; r&#233;gional, national et europ&#233;en est &#224; l'ordre du jour, o&#249; l'aspiration pour plus de justice se conjugue &#224; une nostalgie d' &#187;autre chose &#187; qui ne peut &#234;tre qu'une fraternit&#233; v&#233;cue dans la recherche d'un ordre social fond&#233; sur la dignit&#233; et la libert&#233; humaines, le f&#233;d&#233;ralisme est le seul antidote aux h&#233;r&#233;sies jumelles qu'engendrent l'individualisme et le gr&#233;garisme, le d&#233;lire anarchiste et la fureur totalitaire, corruptions extr&#234;mes des tendances contradictoires qui habitent le corps humain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;former dans l'ordre et dans l'enthousiasme&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme n'est pas un programme, c'est un projet. Le f&#233;d&#233;ralisme n'est ni r&#233;actionnaire, ni r&#233;volutionnaire. Les r&#233;actions, au sens politico-social du mot, ne sont jamais qu'une copie invers&#233;e des erreurs qu'elles croient combattre, et acc&#233;l&#232;rent finalement les processus qu'elles se flattent de renverser. Les r&#233;volutions, commenc&#233;es dans l'ivresse et la joie, se terminent toujours dans le sans et la tyrannie. L'ambition du f&#233;d&#233;ralisme est de r&#233;former dans l'ordre tout ce qi doit &#234;tre r&#233;form&#233;, en prenant appui sur les institutions et les comportements confirm&#233;s par la dur&#233;e, pour innover dans ces deux domaines en conciliant les imp&#233;ratifs contemporains et le souci de pr&#233;server l'homme co&#251;te que co&#251;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme n'est ni pessimiste ni optimiste. Il sait que la soci&#233;t&#233; est toujours menac&#233;e par les barbares &#171; verticaux &#187; que d&#233;non&#231;ait Burckhardt ; il sait aussi que, si la civilisation est une lente mont&#233;e de l'humanit&#233; vers plus de justice, de libert&#233; et de conscience, toute tentative d'une soci&#233;t&#233; parfaite ne pr&#233;lude jamais qu'aux catastrophes ; mais il sait en m&#234;me temps que rien n'est jamais perdu, ni pour la conservation du legs des g&#233;n&#233;rations pass&#233;es, ni pour l'espoir en des temps meilleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il appelle tous les hommes et les femmes conscients de la valeur irrempla&#231;able d'une civilisation qui, m&#234;me si elle n'est pas toujours sans t&#226;che (mais ceux qui le lui reprochent, que proposent-ils de meilleur ?), a donn&#233; au monde Aristote, Saint Fran&#231;ois d'Assise, Jean-S&#233;bastien Bach, C&#233;zanne et repr&#233;sente sans doute le plus bel hommage de la Cr&#233;ation au Cr&#233;ateur - il les appelle &#224; participer &#224; un combat qui n'aura pas de cesse, dans l'enthousiasme, l'imagination et la foi dans les valeurs essentielles de l'Occident.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[1] : Selon le Petit Robert, une valeur est &#171; ce qui est vrai, beau, bien &#187; selon un jugement personnel plus ou moins en accord avec celui de la soci&#233;t&#233; de l'&#233;poque &#187;. La valeur est donc &#224; la fois philosophique et politico-sociale.
[2] : Ou, moins court mais plus clair : &#171; moyens de communication de masse &#187;, presse, radio, t&#233;l&#233;vision.
[3] : Cette mode du changement pour le changement - souvent &#171; justifi&#233;e &#187; pour des raisons captieuses - n'&#233;pargne pas les pouvoirs publics. N'&#233;voquons ici qu'un indice majeur : le retour &#224; la notation scolaire traditionnelle (de 1 &#224; 20), apr&#232;s l'essai malencontreux de A &#224; E. Il faudrait &#233;voquer aussi le bouleversement perp&#233;tuel du baccalaur&#233;at, l'engouement pour les math&#233;matiques modernes, syst&#233;matiquement informelles, les attaques contre l'enseignement traditionnel du fran&#231;ais, etc...
[4] : En particulier dans A chacun sa chance (Grasset, 1935) et l'Equipe et le ballon (Flammarion 1948).
[5] : Renan stigmatisait d&#233;j&#224; le Code civil, fait &#171; pour un Fran&#231;ais naissant trouv&#233; et mourant c&#233;libataire &#187;, que dirait-il aujourd'hui ? Ajoutons que c'est &#224; partir de la famille qu'on peut et qu'on doit repr&#233;senter dans la soci&#233;t&#233; toutes les personnes qui ne sont pas des producteurs : m&#232;res, vieillards, &#233;conomiquement faibles &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le jubil&#233; : une r&#233;forme fiscale pour demain</title>
		<link>http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article109</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article109</guid>
		<dc:date>2009-03-11T15:28:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Janpier Dutrieux</dc:creator>



		<description>En quoi consiste le Jubil&#233; ? Il s'agit, selon le sens donn&#233; &#224; ce mot, d'un retour aux sources, d'une r&#233;volution dans son sens originel et g&#233;om&#233;trique de rotation compl&#232;te d'un objet autour de son axe, de retour p&#233;riodique &#224; son point d'origine. Le jubil&#233;, ou ann&#233;e jubilaire, doit &#234;tre ordonn&#233; tous les cinquante ans, soit plus ou moins deux g&#233;n&#233;rations, afin de revenir &#224; la r&#233;partition du capital d'origine. En quoi consiste le Jubil&#233; ? Il s'agit, (...)

-
&lt;a href="http://www.alliance-sociale.org/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;Economie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En quoi consiste le Jubil&#233; ? Il s'agit, selon le sens donn&#233; &#224; ce mot, d'un retour aux sources, d'une r&#233;volution dans son sens originel et g&#233;om&#233;trique de rotation compl&#232;te d'un objet autour de son axe, de retour p&#233;riodique &#224; son point d'origine. Le jubil&#233;, ou ann&#233;e jubilaire, doit &#234;tre ordonn&#233; tous les cinquante ans, soit plus ou moins deux g&#233;n&#233;rations, afin de revenir &#224; la r&#233;partition du capital d'origine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En quoi consiste le Jubil&#233; ? Il s'agit, selon le sens donn&#233; &#224; ce mot, d'un retour aux sources, d'une r&#233;volution dans son sens originel et g&#233;om&#233;trique de rotation compl&#232;te d'un objet autour de son axe, de retour p&#233;riodique &#224; son point d'origine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1- Le principe biblique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le jubil&#233;, ou ann&#233;e jubilaire, doit &#234;tre ordonn&#233; tous les cinquante ans, soit plus ou moins deux g&#233;n&#233;rations, afin de revenir &#224; la r&#233;partition du capital d'origine. Son principe, formul&#233; dans le livre du L&#233;vitique , chapitre 25, est litt&#233;ralement consacr&#233; &#224; &#171; l'affranchissement des habitants du pays &#187; afin que &#171; chacun rentre dans son patrimoine &#187; (L&#233;vitique 25, verset 10) . &#171; La terre ne sera pas vendue avec perte de tout droit, car la terre m'appartient et vous n'&#234;tes pour moi que des &#233;trangers et des h&#244;tes &#187; (L&#233;vitique 25 verset 23). &#171; Vous d&#233;clarerez sainte cette cinquanti&#232;me ann&#233;e et proclamerez l'affranchissement de tous les habitants du pays. Ce sera pour vous un jubil&#233; : chacun de vous rentrera dans son patrimoine, chacun de vous retournera dans son clan &#187; (L&#233;vitique 25 verset 10). &#171; Si quelqu'un vend une maison d'habitation dans une ville enclose d'une muraille, il aura droit de rachat jusqu'&#224; l'expiration de l'ann&#233;e qui sui la vente ; son droit de rachat est limit&#233; &#224; l'ann&#233;e et, si le rachat n'a pas &#233;t&#233; fait &#224; l'expiration de l'ann&#233;e, cette maison en ville close sera la propri&#233;t&#233; de l'acqu&#233;reur et de ses descendants &#224; l'exclusion de tout utre droit : il n'aura pas &#224; en sortir au jubil&#233;. Mais les maisons des villages non enclos de murailles seront consid&#233;r&#233;es comme sises &#224; la campagne, elles comporteront droit de rachat et l'acqu&#233;reur en devra sortir en jubil&#233; &#187; (L&#233;vitique 25 versets 29-31).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2- L'int&#233;r&#234;t &#233;conomique et social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ensuite, en quoi consisterait un r&#233;forme qui s'inspire du jubil&#233; ? Il s'agirait tout d'abord, comme les Anciens savaient le faire, de dissocier le droit d'usage, d'oit d'user et de percevoir les fruits d'un bien (usus et fructus) d droit d'ali&#233;ner (ou abusus). Cette dissociation permet de supprimer le processus d'accumulation du capital li&#233;e &#224; la transmission h&#233;r&#233;ditaire, sans pour autant confier &#224; l'Etat la gestion de l'&#233;conomie, afin de donner une chance &#233;gale &#224; chacun, de r&#233;aliser une meilleure association du capital et du travail tout en d&#233;veloppant l'initiative priv&#233;e. Ainsi, le droit de propri&#233;t&#233; qui r&#233;sulte du principe jubilaire repose sur une dissociation du droit d'usufruitier (l'usus et le fructus) qu'il reconna&#238;t &#224; tous, et du droit de nue propri&#233;t&#233; (l'abusus) qu'il ne reconna&#238;t &#224; personne. Ce droit ne peut, en effet, appartenir qu'&#224; Dieu qui en est le cr&#233;ateur et unique propri&#233;taire. En cons&#233;quence, il n'y a plus de droit de nue propri&#233;t&#233; pour les biens concern&#233;s par cette r&#233;forme. Ce droit est transf&#233;r&#233; &#224; la collectivit&#233;, donc &#224; l'Etat, qui la repr&#233;sente et qui aura obligation d'en rec&#233;der les droits de jouissance sur une tr&#232;s longue dur&#233;e &#224; de futurs acqu&#233;reurs. Ces droits de jouissance seront c&#233;d&#233;s selon une proc&#233;dure d'adjudication adapt&#233;s &#224; chaque cat&#233;gorie de biens aux futurs acqu&#233;reurs par des contrats de location g&#233;rance d'une dur&#233;e minimale de 7 ans et d'une dur&#233;e maximale de 49 ans. Sa dur&#233;e minimale pourra &#234;tre d'autant plus courte que le risque &#233;conomique sera plus grand, notamment pour permettre aux adjudicataires d'engager des investissements &#224; long terme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3- Comment faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, sur quels biens s'appliquerait cette r&#233;forme jubilaire ? Elle s'appliquerait, dans tous les cas, sur tous les biens de production (La Bible parle de &#171; fonds de terre) et &#224; tous les biens patrimoniaux (propri&#233;t&#233;s fonci&#232;re, immobili&#232;re et biens durables) dans le cas d'une vente apr&#232;s h&#233;ritage. Il s'agit des immeubles, des biens &#233;conomiques, des fonds de commerce, des titres de soci&#233;t&#233;, des brevets d'invention et droits litt&#233;raires, et des meubles au sens juridique du terme, d'une dur&#233;e estim&#233;e sup&#233;rieure &#224; 15 ans. Ces biens seront remis &#224; la disposition de la collectivit&#233; et propos&#233;s en contrats de jouissance par location g&#233;rance au public.
Cette remise jubilaire des droits de propri&#233;t&#233; ne s'appliquera donc pas sur les biens acquis par h&#233;ritage, &#224; usage domestique, et qui seront exon&#233;r&#233;s de tous droits de succession s'ils sont conserv&#233;s dans la famille, Il s'agit notamment de la maison familiale, des biens qui la meublent, des oeuvres d'art et des biens et objets pr&#233;cieux, des biens de consommation courante et des biens durables d'une dur&#233;e de vie inf&#233;rieure &#224; 15 ans. Il en sera de m&#234;me des biens de courte dur&#233;e de jouissance, par exemple le v&#233;hicule automobile. Ces biens seront assujettis &#224; un imp&#244;t sur le capital que nous pr&#233;sentons dans les paragraphes suivants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;4- H&#233;ritage et jubil&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans tous les cas, il est naturel que le r&#233;gime de propri&#233;t&#233; d'un bien d&#233;pende de son mode d'acquisition Jacques Berthillier (1) en distingue 3 : par cr&#233;ation, par achat sur un march&#233;, par donation et h&#233;ritage.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.alliance-sociale.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Les biens cr&#233;&#233;s, resteront &#224; l'enti&#232;re propri&#233;t&#233; de leurs cr&#233;ateurs, fondateurs et auteurs qui pourront en user, en percevoir les fruits et les ali&#233;ner durant leur vie. Mais ces droits s'&#233;teindront &#224; leur mort et rentreront dans le cadre de la remise jubilaire. La collectivit&#233; ali&#233;nera alors ce bien, en acquerra l'abusus, et en retransmettra obligatoirement les droits d'en user et d'en tirer des fruits, l'usus et le fructus, &#224; des personnes physiques ou morales, par un contrat de location g&#233;rance.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.alliance-sociale.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Les biens achet&#233;s sur un march&#233; d&#233;tiennent les droits que poss&#233;dait le vendeur. Celui-ci peut transmettre, soit un droit en pleine propri&#233;t&#233;, soit l'usufruit ou la nue propri&#233;t&#233; du bien, dont il a acquis la pleine propri&#233;t&#233;, soit en droit de jouissance sur la collectivit&#233;. La nue propri&#233;t&#233; reviendra &#224; la collectivit&#233; au d&#233;c&#232;s du propri&#233;taire. Elle sera plac&#233;e par l'Etat sur le march&#233; public &#224; la mort de l'usufruitier.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.alliance-sociale.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Sur la possession des biens acquis h&#233;r&#233;ditairement et sur les biens acquis par donation, le r&#233;gime sera identique. Ces biens, en franchise de droit de succession, comme par exemple la maison familiale, ne pourront &#234;tre revendus sans r&#233;emploi dans des biens de m&#234;me nature, &#224; moins d'acquitter une forte imposition
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.alliance-sociale.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Par ailleurs, les titulaires de titres, parts ou actions d'une soci&#233;t&#233; commerciale tomb&#233;s dans le domaine public, ne disposeront plus que d'un droit de jouissance et ne pourront pas dissoudre l'entreprise ou partager l'actif de liquidation.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.alliance-sociale.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Quant aux droits acquis sur les entreprises individuelles, il conviendra de distinguer le droit d'apport qui permet de prendre part au capital d'une entreprise, de participer aux assembl&#233;es, de prendre des d&#233;cisions, de toucher des dividendes, de c&#233;der des titres, de dissoudre l'entreprise, de partager l'actif de liquidation&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La remise jubilaire des droits de propri&#233;t&#233; implique, par ailleurs, d'&#233;tablir un inventaire du patrimoine communautaire sera &#233;tabli par le public pour l'ensemble de ses biens immobiliers et biens mobiliers durables, d'&#233;tendre lecadastre &#224; l'inscription des contrats de jouissance immobiliers, d'installer des proc&#233;dures d'adjudication.
L'&#233;tablissement des contrats de jouissance par location g&#233;rance entre l'Etat et les adjudicataires pourra &#234;tre confi&#233; aux agences notariales. Toutefois, afin de permettre une r&#233;elle concurrence entre celles-ci, il conviendrait qu'elles abandonnent leur privil&#232;ge h&#233;r&#233;ditaire et leur numerus clausus.
Les proc&#233;dures d'adjudication seront confi&#233;es aux agences immobili&#232;res pour les immeubles et aux banques pour les titres d'entreprises. Pour faciliter les transactions, les entreprises, m&#234;me moyennes, pourront &#234;tre admises &#224; la c&#244;te des Bourses de province.
Cette r&#233;forme devra s'accompagner d'une modification des bases d'imposition du capital. Les contrats de jouissance par location g&#233;rance se substitueront aux droits de succession, aux imp&#244;ts fonciers, &#224; l'imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices et &#224; l'imp&#244;t de solidarit&#233; sur la fortune. Il en r&#233;sultera donc une simplification de la fiscalit&#233; et une stimulation de l'esprit d'entreprise. Mais surtout cette r&#233;forme permettrait une redistribution du capital &#224; chaque g&#233;n&#233;ration, ce qui est bien &#233;videmment son objectif essentiel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il convient certes de rappeler qu'une r&#233;forme par la remise jubilaire aussi profonde engendrera es rigidit&#233;s, des frilosit&#233;s et des hostilit&#233;s de certains publics. C'est pourquoi elle doit se situer dans une perspective, &#224; long terme, et &#224; l'&#233;chelle d'un monde en restructuration. Il importe &#233;galement de respecter, sous le contr&#244;le de l'Etat, les coutumes locales et les imp&#233;ratifs naturels, g&#233;ographiques et sociaux lors de l'&#233;tablissement sdes conrrats de jouissanc par location g&#233;rance, out en &#233;vitant, &#224; terme, la reconstitution de grands patrimoines fonciers. Cette r&#233;forme pourrait d'ailleurs &#234;tre initi&#233;e dans certaines nations en voie de d&#233;veloppement soucieuses d'amorcer la relance de leur &#233;conomie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette r&#233;forme des droits de propri&#233;t&#233; s'applique au d&#233;c&#232;s de leur propri&#233;taire &#224; l'exclusive des biens de production et &#224; tous les autres biens d&#232;s lors que ces derniers sont c&#233;d&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur de la famille. Elle maintient pour ses biens les droits de l'usufruit aux particuliers mais r&#233;serve &#224; l'Etat le droit de nue propri&#233;t&#233; qu'il c&#232;de sous la forme de droits de jouissance selon des proc&#233;dure d'adjudications. Des contrats de jouissance par location g&#233;rance se substitueront &#224; tous les imp&#244;ts directs sur le revenu, sur les soci&#233;t&#233;s, sur la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, sur l'habitation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La remise jubilaire des dettes et des cr&#233;ances rappelle ce principe et permet &#224; chacun de retrouver sa libert&#233; et de s'affranchir de ses dettes : Le jubil&#233; garantit ainsi &#224; tous la libert&#233; d'user et de faire fructifier leur capital mais n'en autorise pas l'ali&#233;nation au d&#233;c&#232;s de son titulaires.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;1) Jacques Berthillier, Pour une r&#233;forme humaniste du droit de propri&#233;t&#233;, La pens&#233;e universelle 1992.
&lt;strong&gt;
Janpier Dutrieux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la d&#233;gradation des environnements humains, &#233;cologiques, sociaux et culturels &#224; l'appr&#233;ciation des externalit&#233;s n&#233;gatives et positives. D&#233;veloppement durable, d&#233;croissance</title>
		<link>http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article97</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article97</guid>
		<dc:date>2009-03-10T09:38:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Janpier Dutrieux</dc:creator>



		<description>Convaincues de l'irr&#233;versibilit&#233; de certaines d&#233;gradations et de leur acc&#233;l&#233;ration, les organismes internationaux comme nationaux, sous la pression de nombreuses ONG (Organisations non gouvernementales) &#233;labor&#232;rent de nouveaux outils de d&#233;veloppement garantissant une meilleure gestion des ressources communes et une r&#233;partition plus &#233;quitable des infrastructures et des services publics, comme par exemple le d&#233;veloppement durable, le d&#233;veloppement humain. C'est apr&#232;s 1968 (...)

-
&lt;a href="http://www.alliance-sociale.org/spip.php?rubrique106" rel="directory"&gt;Ecologie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Convaincues de l'irr&#233;versibilit&#233; de certaines d&#233;gradations et de leur acc&#233;l&#233;ration, les organismes internationaux comme nationaux, sous la pression de nombreuses ONG (Organisations non gouvernementales) &#233;labor&#232;rent de nouveaux outils de d&#233;veloppement garantissant une meilleure gestion des ressources communes et une r&#233;partition plus &#233;quitable des infrastructures et des services publics, comme par exemple le d&#233;veloppement durable, le d&#233;veloppement humain.
C'est apr&#232;s 1968 qu'une association internationale, le Club de Rome, souligna les liens entre la croissance &#233;conomique et les environnements. La publication de leur rapport &#171; Halte &#224; la croissance ou les limites de la croissance &#187;, en 1972, (ou rapport Meadows du nom de deux de ses membres) inspirera les id&#233;es de d&#233;veloppement durable et de d&#233;croissance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	La notion de d&#233;veloppement durable fut d&#233;finie en 1987 dans le rapport de Gro Harlem Brundtland, alors premier ministre norv&#233;gien, pr&#233;sidente de la Commission mondiale sur l'environnement et le d&#233;veloppement. Ce rapport le d&#233;finit comme &#171; un d&#233;veloppement qui r&#233;pond aux besoins des g&#233;n&#233;rations du pr&#233;sent sans compromettre la capacit&#233; des g&#233;n&#233;rations futures &#224; r&#233;pondre aux leurs &#187;, et souligne notamment &#171; les besoins des plus d&#233;munis &#224; qui il convient d'accorder la plus grande priorit&#233; &#187; et les &#171; limitations que l'&#233;tat de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacit&#233; de l'environnement &#224; r&#233;pondre aux besoins actuels et &#224; venir &#187;.
Le d&#233;veloppement durable &#233;galement appel&#233; soutenable entend concilier et harmoniser les trois aspects des activit&#233;s humaines : &#233;conomique, social et environnemental. Il a fortement influenc&#233; les politiques &#233;conomiques et sociales de nombreux Etats depuis sa cr&#233;ation. En France, le pr&#233;ambule de la Constitution de la Ve R&#233;publique rappelle l'attachement du peuple fran&#231;ais &#224; la charte de l'environnement r&#233;dig&#233;e en 2004. C'est &#224; l'occasion du deuxi&#232;me sommet de la terre &#224; Rio de Janeiro, en 1992, que le terme de d&#233;veloppement durable sera d&#233;finitivement adopt&#233;. En 2005, le protocole de Kyoto et la politique de r&#233;duction des &#233;missions de gaz &#224; effets de serre entraient en application. Tr&#232;s contraignant, ce protocole n'est gu&#232;re respect&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Protocole de Kyoto&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une prise de conscience internationale des risques du changement climatique s'exprima apr&#232;s le sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. Elle fut suivie par le protocole de Kyoto en 1997, entr&#233;e en vigueur le 16 f&#233;vrier 2005 par lequel les Etats signataires s'engageaient &#224; r&#233;duire leurs &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, notamment de gaz carbonique provenant de la combustion des &#233;nergies fossiles, sur la p&#233;riode 2008-2012. Un syst&#232;me de quotas et de permis d'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre fut instaur&#233;, transf&#233;rables et n&#233;gociables, permettant aux principaux &#233;metteurs de racheter les autorisations des petits &#233;metteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	La d&#233;croissance ou a-croissance s'apparente davantage &#224; une id&#233;ologie qu'&#224; une technique. Elle appara&#238;t &#224; la suite des travaux de Nicholas Georgescu-Roegen dans les ann&#233;es 1970, que continue en France Serge Latouche . Il s'agit d'une critique du productivisme tant capitaliste que socialiste qui refuse le d&#233;veloppement durable au pr&#233;texte qu'un effet rebond s'appliquera syst&#233;matiquement dans l'hypoth&#232;se d'un d&#233;veloppement. Il convient alors d'initier un effet d&#233;bond qui suppose l'acceptation d'un mod&#232;le d&#233;croissant tant individuel que collectif.
L'id&#233;e &#233;conomique de la d&#233;croissance postule que l'augmentation de la production entra&#238;ne l'accroissement de la consommation d'&#233;nergie et de mati&#232;res premi&#232;res, diminue la main d'&#339;uvre et la remplace par des machines. Cette th&#232;se fut, rappelons le, d&#233;nonc&#233;e par de nombreux auteurs (Schumpeter, Fourasti&#233;) qui soulignent que la disparition du secteur d'activit&#233; &#233;conomique g&#233;n&#232;re par ailleurs de nouvelles activit&#233;s &#233;conomiques, voire de nouveaux secteurs. On &#233;voquera ici l'&#233;conomie sociale et le Tiers-secteur.
Le concept de d&#233;croissance n'est certes pas strictement formul&#233;, il peut se limiter, dans une version mod&#233;r&#233;e, &#224; r&#233;duire la consommation des ressources naturelles et &#233;nerg&#233;tiques et &#224; relativiser la pertinence des indicateurs &#233;conomiques, notamment le PIB, mais il peut fonder une nouvelle &#233;thique de vie dans une version plus radicale. C'est &#224; cet &#233;gard qu'il est le plus critiqu&#233; . Ce n'est donc pas la croissance de la consommation qui est critiquable d'un point de vue &#233;conomique et &#233;cologique mais sa qualit&#233; et sa concentration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les indicateurs alternatifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autour de ces nouvelles approches des relations &#233;conomiques, de multiples nouveaux indicateurs alternatifs furent cr&#233;es et vinrent se confronter aux indicateurs &#233;conomiques de production et de consommation. Citons ici quelques uns de ces nombreux indices synth&#233;tiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	L'indice du bien-&#234;tre &#233;conomique durable. Les indicateurs alternatifs que l'on commen&#231;a &#224; opposer aux indices de production furent inspir&#233;s par les travaux pr&#233;curseurs de William Nordhaus et James Tobin, en 1972, sur la mesure du bien-&#234;tre , &#233;laborant un indice exp&#233;rimental du bien-&#234;tre &#233;conomique durable (MEW ou Mesure of economic welfare). Le MEW retranche de la production finale, les d&#233;penses de consommation qui ne contribuent pas au bien-&#234;tre (co&#251;t des trajets domicile-travail, frais financiers et juridiques), mais ajoute la valeur estim&#233;e du temps libre, du temps d'utilit&#233; sociale, et consacr&#233; au travail domestique, Il quantifie &#233;galement les variations de stocks des ressources naturelles ainsi que la sant&#233; et l'&#233;ducation. Ce calcul controvers&#233; a, par ailleurs, soulign&#233;, de 1929 &#224; 1965, une augmentation de MEW tr&#232;s inf&#233;rieure &#224; celle du PNB am&#233;ricain. A la suite de cet indice, de nombreux autres indicateurs alternatifs furent cr&#233;&#233;s. Ils tendent &#224; r&#233;pondre aux exigences du XXIe si&#232;cle. Ce sont souvent des indices synth&#233;tiques,.alternatifs au PIB, qui tiennent compte des conditions sociales et environnementales, et pond&#233;rent, voire corrigent la vision exclusivement quantitative des agr&#233;gats &#233;conomiques et du PIB . Toutefois la quantification mesure des grandeurs objectives alors qu'une approche qualitative rel&#232;ve d'une d&#233;marche subjective. Ils peuvent, &#224; terme, infl&#233;chir le regard port&#233; sur l'&#233;conomie. On remarquera que ces indicateurs soulignent souvent que la progression du niveau de vie ne s'accompagne pas d'une augmentation parall&#232;le de la qualit&#233; de vie. consid&#233;r&#233;e sous l'angle du bien-&#234;tre social, environnemental, et du d&#233;veloppement humain. Pour autant, il serait abusif d'en tirer des conclusions d&#233;finitives. Nous emprunterons au rapport sur les nouveaux indicateurs de richesse, rendu par Jean Gadrey et F.J. Catrice pour la DARES en 2003 , un relev&#233; non exhaustif de ces indices. .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	L&#8216;indice du d&#233;veloppement humain (IDH), pr&#233;cedemment cit&#233;, con&#231;u par Amartya Sen, permet de relativiser les analyses de quantification &#233;conomique du PIB ainsi que du PIB par habitant. D'autres indices, synth&#233;tiques, d&#233;riv&#233;s de l'IDH, se sont d&#233;velopp&#233;s comme l'indice de pauvret&#233; humaine (IPH), l'indice de participation des femmes &#224; la vie politique et &#233;conomique (IPF). Ils proposent cependant une m&#234;me grille de lecture des caract&#232;res socio-culturels, qui, d'un pays &#224; l'autre, d'une civilisation &#224; l'autre, d'une &#233;poque &#224; l'autre, ne sont pas toujours consid&#233;r&#233;s et donc valoris&#233;s d'une &#233;gale fa&#231;on Ainsi, donner la m&#234;me valeur relative &#224; ces caract&#232;res sans tenir compte de la culture qui les soutient pourrait s'interpr&#233;ter comme du n&#233;o-colonialisme et de l'ing&#233;rence politique dans les affaires d'autrui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	L'indice de sant&#233; sociale (ISS) fut con&#231;u pour les Etats-Unis par Marc et Marcque-Luisa Miringoff. Cet indice synth&#233;tique, inspir&#233; de l'IDH, pond&#232;re 16 indicateurs de sant&#233;, de ch&#244;mage, d'&#233;ducation, de pauvret&#233; et d'in&#233;galit&#233;, d'accidents et de risques divers. Une valeur comprise entre 0 et 100 est attribu&#233;e &#224; chacun de ces indicateurs. Il devint c&#233;l&#232;bre en 1996 avec la publication par le magasine Challenge d'un graphisme repr&#233;sentant les &#233;volutions respectives de cet indice, et du PIB de 1959 &#224; 1995. L'indice de sant&#233; sociale r&#233;gressait durablement &#224; partir de 1970 environ alors que le PIB continuait &#224; cro&#238;tre. En 1995, l'ISS n'atteignait que la moti&#233; de son niveau de 1959 alors que le PIB triplait le sien : 3 fois plus de production mais 2 dois plus de malheureux.... Sur le m&#234;me mod&#232;le, le BIP 40 fut imagin&#233; en France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Bonheur national brut (BNB) du Bhoutan
Le petit royaume boudhiste du Bhotan a instaur&#233;, &#224; la suite des recommandations de son roi en 1972, un indice du Bonheur national brut (BNB). Le BNB repose sur quatre principes fondamentaux du royaume : croissance et d&#233;veloppement &#233;conomique, conservation et promotion de la culture, sauvegarde de l'environnement et utilisation durables des ressources, bonne gouvernance responsable. Le BNB s'en ainsi substitu&#233; au PIB pour mesurer ka croissance &#233;conomique mais &#233;galement la qualit&#233; de vie sociale, culturelle et environnementale des r&#233;sidents. Il tend ainsi &#224; mettre l'&#233;conomie au service des valeurs spirituelles boudhistes et culturelles r&#233;gionales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	L'indice du bien &#234;tre &#233;conomique et social, fut cr&#233;&#233; en 1998 par les Canadiens Lars Osberg et Andrew Sharpe. Il se compose de 4 indicateurs synth&#233;tiques reposant sur les flux de consommation, les stocks de capital, du point de vue &#233;conomique, humain et environnemental, les in&#233;galit&#233;s et la pauvret&#233; &#233;conomique, et l'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique li&#233;e au ch&#244;mage, &#224; la maladie, &#224; la vieillesse et aux conditions familiales. Cet indice accorde davantage d'importance aux dimensions sociales et &#233;conomiques qu'aux questions environnementales. Cependant, son mode de construction permet d'en nuancer les pond&#233;rations et de l'adapter &#224; de nouvelles situations. Pour des raisons de disponibilt&#233;s statistiques, il n'&#233;tait pas utilis&#233; en France au d&#233;but des ann&#233;es 2000, mais s'appliquait dans tous ls pays anglo-saxons et scandinaves&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	L'indice du bien-&#234;tre durable (IBED) fut cr&#233;&#233; &#224; la suite du rapport de Clifford Cobb et John Cobb dans les ann&#233;es 1990. Il incorpore dans le calcul de la valeur de l'activit&#233; productive le co&#251;t de ses externalit&#233;s n&#233;gatives, notamment les nuisances et d&#233;gats environnementaux. Il comptabilise avec la consommation marchande des m&#233;nages diff&#233;rents &#233;l&#233;ments du mode de vie. Pour calculer l'indice du bien-&#234;tre durable (IBED), on retient la consommation marchande des m&#233;nages &#224; laquelle on ajoute la valeur du service du travail domestique, les d&#233;penses publiques non defensives, et la formation du capital productif, auxquels on retranche les d&#233;penses priv&#233;es d&#233;fensives, le co&#251;t des d&#233;pr&#233;ciations de l'environnement et la d&#233;presion du capital naturel. Le solde est ensuite pond&#233;r&#233; avec le coefficient de Gini qui mesure l'&#233;volution des in&#233;galit&#233;s, et valoris&#233; par le diff&#233;rentiel entre la valeur mon&#233;taire des biens durables consomm&#233;s et celle des services rendus. A la diff&#233;rence du PIB, l'IBED soustrait de son calcul le co&#251;t des nuisances provoqu&#233;es par nos modes de vie comme la pollution, les accidents, les d&#233;g&#226;ts sociaux et environnementaux. Il donne ainsi une estimation mon&#233;taire &#224; la r&#233;paration des d&#233;g&#226;ts et dommages provoqu&#233;s par la croissance &#233;conomique et le mode de vie qu'elle exige, du co&#251;t des d&#233;gradations de l'environnement et de la d&#233;pr&#233;ciation du capital productif regroup&#233; dans les &#8220;d&#233;penses priv&#233;es d&#233;fensives&#8221;. Autrement dit, a&#224; la diff&#233;rence du PIB qui n'enregistre dans son calcul que les valeurs mon&#233;tis&#233;es qui rentrent, l'IBED retient et retranche des valeurs qui sortent ou sont d&#233;truites. On compte parmi ses valeurs la qualit&#233; de l'air, le nombre des for&#234;ts, la qualit&#233; de p&#234;che des eaux de rivi&#232;re, les nuisances sonores, comportementales, de voisinage, la qualit&#233; des rapports sociaux, les accidents, d&#233;g&#226;ts et dommages sociaux ou naturels cons&#233;cutifs au mode de production utilis&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	L'indicateur du progr&#232;s v&#233;ritable fut cr&#233;&#233; en 1994. C'est un indice mon&#233;taire qui comptabilise la consommation des valeurs ajout&#233;es et retranche le co&#251;t des externalit&#233;s sociales et environnonnementales n&#233;gatives. Il comptabilise notamment le co&#251;t de la pollution de l'eau, de l'air, des dommages caus&#233;s par le bruit, le trou de la couche d'ozone, la d&#233;forestation, les crimes, les accidents de la route, les familles s&#233;par&#233;es, le ch&#244;mage, etc. Par exemple, calcul&#233; pour les Etats-Unis en 2000, il s'&#233;levait &#224; 2630 milliards de dollars alors que le PIB am&#233;ricain s'&#233;levait alors &#224; 5163 milliards de dollars.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	L'indice du bonheur mondial fut cr&#233;&#233; par Pierre Le Roy en 2001 et pr&#233;sent&#233; dans la revue Globeco (ou site Globeco). Cet indice regroupe 40 indicateurs class&#233;s en 4 cat&#233;gories : la paix et la s&#233;curit&#233; &#8211; la libert&#233;, la d&#233;mocratie et les droits de l'homme &#8211; la qualit&#233; de la vie &#8211; l'intelligence et la culture. Ces 40 indicateurs sont collect&#233;s aupr&#232;s d'Institutions internationales qui fournissent des statistiques annuelles (PNUD, ONU, Banque mondiale&#8230;). Pour une base indiciaire de 100 en 2000, l'indice moyen du bonheur mondial &#233;tait, selon ces crit&#232;res, de 102,48 en 2005. Pierre Le Roy cr&#233;a &#233;galement l'indice de la mondialisation autour de 6 &#233;l&#233;ments indiciaIres et l'indice de la fracture mondiale autour de 9 &#233;valuations des disparit&#233;s mondiales .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	L'indice du bien-&#234;tre des nations &#233;labor&#233; par Robert Prescott-Allen en 2001 est un indicateur environnemental. Cet indice regroupe 36 indicateurs sociaux et &#233;conomiques (relatifs &#224; la sant&#233;, &#224; l'&#233;ducation, &#224; la paix, aux libert&#233;s, &#224; la production, aux libert&#233;s...) et 51 indicateurs environnementaux (relatifs &#224; la diversit&#233; et &#224; la qualit&#233; des terres, &#224; la disponibilit&#233; en eau, &#224; la pollution atmosph&#233;rique, &#224; la diversit&#233; des esp&#232;ces vivantes, &#224; la consommation de l'&#233;nergie...) ..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8226;	L'indicateur d'&#233;pargne v&#233;ritable est publi&#233; par la Banque mondiale. Il se compose des additions et des soustractions des ressources non &#233;conomiques, notamment environnementales, effectu&#233;es &#224; partir de l'&#233;pargne &#233;conomique nette (c'est-&#224;-dire hors amortissement). On retient l'&#233;pargne nette &#224; laquelle on ajoute les d&#233;penses d'&#233;ducation auxquelles on retranche les ressources &#233;nerg&#233;tiques min&#233;rales, les for&#234;ts utilis&#233;es et le co&#251;t des dommages li&#233;s aux &#233;missions de CO2. Par exemple, selon cet indicateur, en 1991, l'Arabie Saoudite pr&#233;sentait une d&#233;s&#233;pargne &#233;quivalente &#224; pr&#232;s de 42 % de son PIB. Les exportations de ressources naturelles de certains pays du Moyen-Orient, d'Afrique du nord et d'Afrique sub-saharienne expliquent aussi leur niveau &#233;lev&#233; de d&#233;s&#233;pargne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ces indicateurs composites qui associent et pond&#232;rent des donn&#233;es quantitatives et objectives &#224; des &#233;l&#233;ments qualitatifs et subjectifs ne peuvent pr&#233;tendre &#234;tre universellement reconnus. En revanche, l'empreinte &#233;cologique et la biocapacit&#233;, indicateurs strictement environnementaux, ne prennnent en compte et ne comparent que des quantit&#233;s d'espaces n&#233;cessaires au renouvellement des environnements naturels vitaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Janpier Dutrieux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1 - The entropy law and the economic process, Nicholas Georgescu-Roegen 1971, Le pari de la d&#233;croissance, Serge Latouche, Fayard 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2 - Effet rebond : les avantages environnementaux tir&#233;s d'une production g&#233;n&#233;rant moins d'effets nuisibles sont annul&#233;s par l'augmentation de sa consommation. Par exemple, les automobiles de 2000 polluent moins que celles de 1970 mais elles sont plus nombreuses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3 - &#171; Il faut prendre la doctrine de la d&#233;croissance pour ce qu'elle est (&#8230;). Une lubie de gosse de riches parfaitement &#233;go&#239;stes. Mais cela va g&#233;n&#233;ralement ensemble &#187;. Pierre-Antoine Delhommais (Le Monde du 30 juillet 2006).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4 - William Nordhaus et James Tobin, Is growth obsolete (La croissance est-elle obsol&#232;te), article publi&#233; en 1972 (National bureau of economic research general n&#176;96E, Comumbia University press, 1972.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5 - Des d&#233;marches analogues appr&#233;ciant les relations sociales et environnementales des entreprises sur les pratiques t&#233;moignent de cette tendance &#233;thique, avec notamment les agences de notation sociale et environnementale qui viennent compl&#233;ter les avis des agences de notation financi&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;6- Jean Gadrey et Florence Jany Catrice : Les indicateurs de richesse et de d&#233;veloppement, rapport pour la DARES (Direction de l'animantion, de la recherche, des &#233;tudes et des statistiques du Minist&#232;re du travail), mars 2003. Les nouveaux indicateurs de richesse, La d&#233;couverte, Rep&#232;res 2005.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;7- Pierre Le Roy, directeur de la revue et du site Globeco.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;8 - Cet indice permit d'&#233;tudier la qualit&#233; de vie et de l'environnement dans 180 pays dans le rapport de Prescott-Allen : Le bien-&#234;tre des nations (2001).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;mocratie participative contre d&#233;mocratie repr&#233;sentative</title>
		<link>http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article99</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article99</guid>
		<dc:date>2009-03-10T09:33:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Janpier Dutrieux</dc:creator>



		<description>Peut-on fonder une d&#233;mocratie de corps sociaux interm&#233;diaires o&#249; la famille, l'atelier, la commune, disposeraient d'un pouvoir l&#233;gislatif ? C'est la question implicite pos&#233;e par nos travaux. Ils font suite &#224; la r&#233;&#233;dition de la &#171; Note sur la suppression des partis politiques &#187; de Simone Weil . La philosophe privil&#233;giait la d&#233;mocratie comme moyen de recherche du bien commun, public et social. Comme Jean-Jacques Rousseau, elle pensait que celle-ci pouvait favoriser la raison (...)

-
&lt;a href="http://www.alliance-sociale.org/spip.php?rubrique103" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;, Droit et Constitution, philosophie sociale &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peut-on fonder une d&#233;mocratie de corps sociaux interm&#233;diaires o&#249; la famille, l'atelier, la commune, disposeraient d'un pouvoir l&#233;gislatif ? C'est la question implicite pos&#233;e par nos travaux. Ils font suite &#224; la r&#233;&#233;dition de la &#171; Note sur la suppression des partis politiques &#187; de Simone Weil . La philosophe privil&#233;giait la d&#233;mocratie comme moyen de recherche du bien commun, public et social. Comme Jean-Jacques Rousseau, elle pensait que celle-ci pouvait favoriser la raison collective et limiter les passions individuelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les partis contre la d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les partis politiques s&#233;questrent la raison collective, et rendent illusoire la d&#233;mocratie. L&#233;gu&#233;s par les Constituants depuis la r&#233;volution fran&#231;aise, les partis sont incapables de produire cette raison car, inversement, ce sont &#171; des machines &#224; cr&#233;er de la passion collective. Il faut donc les supprimer, puisqu'ils falsifient la d&#233;mocratie, interdisent la production du bien commun, en exigeant &#224; leurs adh&#233;rents de faire profession de servilit&#233; d'esprit. C'est pour des raisons semblables que les corps interm&#233;diaires furent &#233;limin&#233;s du d&#233;bat public et cantonn&#233;s dans la sph&#232;re priv&#233;e, bien avant la r&#233;volution fran&#231;aise. On reprochait &#224; leurs mandataires de n'&#234;tre que les porte-paroles de groupes sociaux, et de n'avoir aucune id&#233;e du bien commun. Ils n'avaient cependant qu'un r&#244;le consultatif et ne poss&#233;daient aucune autorit&#233; politique .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Simone Weil fit deux propositions : tout d'abord remplacer le r&#233;gime des partis par un syst&#232;me dans lequel les candidats &#224; des &#233;lections politiques se pr&#233;senteraient &#224; titre personnel, sans l'&#233;tiquette d'un parti. Puis ensuite, une fois &#233;lus, faire en sorte qu'ils puissent s'associer et se dissocier entre eux selon leurs affinit&#233;s. Il faut remettre ses propositions dans leur contexte historique. La critique d'alors reposait sur ce qui existait sous la tr&#232;s longue histoire (1873-1939) de la 3e R&#233;publique, caract&#233;ris&#233;e par son instabilit&#233; minist&#233;rielle. C'&#233;taient les partis qui faisaient et d&#233;faisaient les pr&#233;sidents du Conseil et les gouvernements. Alt&#233;ration que d&#233;non&#231;a le g&#233;n&#233;ral De Gaulle dans son discours de Bayeux du 16 juin 1946 en stigmatisant &#171; la rivalit&#233; des partis (qui) rev&#234;t chez nous un caract&#232;re fondamental (&#8230;) sous lequel s'estompent trop souvent les int&#233;r&#234;ts sup&#233;rieurs du pays &#187;. C'est aussi pourquoi il proposa d'instaurer une deuxi&#232;me chambre dans laquelle &#171; il serait normal d'introduire des repr&#233;sentants des organisations &#233;conomiques, familiales, intellectuelles, pour que se fasse entendre, au-dedans m&#234;me de l'Etat, la voix des grandes activit&#233;s du pays &#187;. On sait qu'une tentative de cet ordre fut d&#233;savou&#233;e avec le r&#233;f&#233;rendum du 27 avril 1969.
Le pouvoir des partis fut encore r&#233;duit, par rapport &#224; la situation que connut Simone Weil, quand un r&#233;f&#233;rendum autorisa, en 1962, l'&#233;lection du pr&#233;sident de la r&#233;publique au suffrage universel, en lui assurant une double l&#233;gitimit&#233;, l&#233;gislative et populaire.
Mais au-del&#224; de ces mesures, on voit mal comment appliquer ses propositions sans interdire tous les partis politiques, les soci&#233;t&#233;s de pens&#233;e et &#8230;les cultes puisqu'elle remarque dans &#171; Attente de Dieu &#187; que &#171; l'Eglise comme toute collectivit&#233;, sans exception, commet un abus de pouvoir &#187;. Mais les hommes &#233;tant ce qu'ils sont, on ne pourrait pas longtemps interdire &#224; ces groupes de soutenir tel ou tel candidat &#224; la d&#233;putation, et &#224; ce dernier d'en user.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partis politiques et corps interm&#233;diaires.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut en effet souligner que Simone Weil d&#233;non&#231;ait les partis politiques parce qu'ils &#233;taient des groupements d'id&#233;es. Cependant, dans &#171; Les besoins de l'&#226;me &#187;, elle pr&#233;cisait qu'il faut &#171; distinguer deux esp&#232;ces de groupements : les groupements d'int&#233;r&#234;ts, auxquels l'organisation et la discipline seraient autoris&#233;s dans une certaine mesure, et les groupements d'id&#233;es, auxquels elles seraient rigoureusement interdites &#187;. Autrement dit, elle admettait que des corps interm&#233;diaires constituant des groupements d'int&#233;r&#234;t, groupements r&#233;els comme elle les appelait, puisse participer &#224; la vie politique, car ils &#233;taient seuls &#224; pouvoir travailler &#224; une v&#233;ritable transformation sociale .
Mais les historiens nous disent qu'ils ne furent jamais, &#224; l'exception de la p&#233;riode m&#233;di&#233;vale, o&#249; la notion d'individu n'existait pas, charg&#233;s de produire du bien commun. Ils portaient un mandat imp&#233;ratif. C'est-&#224;-dire qu'ils d&#233;fendaient exclusivement les int&#233;r&#234;ts de leurs mandants. Inversement, les mandataires des partis politiques portaient un mandat repr&#233;sentatif, et devaient en cons&#233;quence penser au bien commun avant le bien particulier du parti. Cette transformation du mandat imp&#233;ratif en mandat repr&#233;sentatif s'affirma en France quand la notion de repr&#233;sentation, qui &#233;tait de droit priv&#233;, muta en droit public. Le Constituant Emmanuel Si&#233;y&#232;s encouragea cette mutation en cr&#233;ant le concept juridique de &#171; nation &#187; consid&#233;r&#233; comme un &#171; corps d'associ&#233;s vivant sous une m&#234;me loi commune et repr&#233;sent&#233; par la m&#234;me l&#233;gislature, dont la souverainet&#233; est fond&#233;e par la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187;. La d&#233;mocratie repr&#233;sentative &#233;tait n&#233;e.
A l'inverse, Rousseau, partisan d'une d&#233;mocratie directe, estimait que les d&#233;put&#233;s ne pouvaient &#234;tre que &#171; des commissaires &#187;, et porter un mandat imp&#233;ratif . En France, c'est la conception de Si&#233;y&#232;s qui l'emporta. Le droit public enseigna, sous l'influence notoire du Club des Jacobins, que &#171; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ne se d&#233;duit pas de la somme ou de la composition des int&#233;r&#234;ts particuliers. &#187;.
Cette conception n'est pas universelle. La doctrine britannique reconna&#238;t par exemple que l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral r&#233;sulte de l'addition entre les int&#233;r&#234;ts particuliers. John Stuart Mill illustra ce point de vue en soulignant que : &quot;chaque classe conna&#238;t des choses qui ne sont pas connues des autres gens et chaque classe a des int&#233;r&#234;ts plus ou moins sp&#233;cifiques &#187; .
Fr&#233;d&#233;ric Le Play, les catholiques sociaux, Pierre Joseph Proudhon et les socialistes fran&#231;ais, tent&#232;rent de r&#233;habiliter les corps interm&#233;diaires dans la vie publique du XIXe si&#232;cle. Mais dans le contexte anticl&#233;rical et des attentats anarchistes du d&#233;but de la IIIe r&#233;publique, c'est Emile Durkeim, le p&#232;re de la sociologie fran&#231;aise, qui fit admettre leur n&#233;cessit&#233; en forgeant le concept de &#171; solidarit&#233; organique. &#187; Il fut suivit par de nombreux publicistes qui ont marqu&#233; des g&#233;n&#233;rations d'&#233;tudiants, L&#233;on Duguit, Maurice Haurioux. C'est &#224; la suite de leurs travaux que se forgea l'id&#233;e de d&#233;mocratie participative, d&#233;velopp&#233;e r&#233;cemment en France par Pierre Rosanvallon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;habiliter les corps interm&#233;diaires.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On juge un syst&#232;me &#224; sa tendance naturelle. Or, Simone Weil nous l'a d&#233;montr&#233;, parce que les partis politiques sont, par d&#233;finition, concurrentiels, ils tendent &#224; se dissocier et &#224; se d&#233;solidariser des autres. Ce sont des instruments de cloisonnement. Ils ont permis le passage d'une soci&#233;t&#233; organiquement solidaire &#224; une dissoci&#233;t&#233; compartiment&#233;e. Je vais emprunter &#224; la th&#233;orie des jeux coop&#233;ratifs de John Nash l'exemple du dilemme des prisonniers pour illustrer ce cloisonnement. Deux voleurs sont arr&#234;t&#233;s et plac&#233;s dans deux cellules s&#233;par&#233;es sans possibilit&#233; de communication. La police leur propose individuellement deux options :
1e option : Si l'un avoue et l'autre nie, celui qui avoue sera lib&#233;r&#233; et celui qui nie prendra dix ans de prison,
2eoption : S'ils nient tous les deux, ils seront chacun condamn&#233;s &#224; deux ans, et s'ils avouent tous les deux, ils prendront chacun huit ans.
S'ils pouvaient s'entendre et d&#233;lib&#233;rer, la meilleure solution serait pour eux de nier tous les deux car ils ne prendraient que deux ans chacun.
Mais ils ne peuvent communiquer. Ils vont donc &#233;valuer, rationnellement, dans chacune des options propos&#233;es, la d&#233;cision qui est la meilleure pour leur propre int&#233;r&#234;t. Et ils constatent que, quoique d&#233;cide l'autre, dans les deux options, chacun &#224; int&#233;r&#234;t &#224; avouer. Et ils avouent tous les deux. Et ils prennent huit ans&#8230;. Alors que s'ils avaient pu coop&#233;rer ils n'auraient pas avou&#233; et auraient pris 2 ans.
Cet exemple d&#233;montre que dans une soci&#233;t&#233; cloisonn&#233;e, la protection rationnelle de ses propres int&#233;r&#234;ts d&#233;bouche sur une irrationalit&#233; collective : Dans l'exemple, 8 ans de prison contre 2.
C'est la m&#234;me irrationalit&#233; que nous d&#233;veloppons. Car nous sommes dans une d&#233;mocratie repr&#233;sentative qui, comme le souligne Jacques G&#233;n&#233;reux, &#171; organise un march&#233; politique concurrentiel o&#249; des entreprises publiques (les partis) proposent les options entre lesquelles les citoyens doivent choisir &#187;. Ils sont incapables de produire du bien commun. Ils sont dans une logique de rivalit&#233;, de concurrence, qui ne peut produire que du cloisonnement.
La propension d'une assembl&#233;e de corps interm&#233;diaires serait toute diff&#233;rente. Les corps interm&#233;diaires ne sont pas en rivalit&#233;, ils se compl&#232;tent. Ils ne se dissocient pas, ils s'harmonisent. Comme le note la doctrine sociale de l'Eglise, &#171; ils ne sont pas en mesure de parvenir par eux-m&#234;mes &#224; leur d&#233;veloppement pl&#233;nier &#187;.Alors que par d&#233;finition, le corps interm&#233;diaire est partiel, a besoin d'autres corps interm&#233;diaires, le parti politique est autosuffisant. Voire omnipotent jusqu'&#224; vouloir &#233;liminer les autres ? comme le soulignait Simone Weil.
Mais donner un pouvoir l&#233;gislatif &#224; des corps interm&#233;diaires implique de passer du concept juridique de nation &#224; celui de f&#233;d&#233;ration, qui seul permet de reconna&#238;tre leurs souverainet&#233;s. Sans cette reconnaissance publique de souverainet&#233; parcellaire, aucun pouvoir l&#233;gislatif ne pourra leur &#234;tre accord&#233;. En cons&#233;quence, si nous voulons r&#233;habiliter et r&#233;introduire les corps interm&#233;diaires dans le d&#233;bat public, il faut nous d&#233;tacher du concept de souverainet&#233; nationale pour que&#8230; vive la F&#233;d&#233;ration fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la diff&#233;rence des repr&#233;sentants du parti politique, les repr&#233;sentants des corps interm&#233;diaires ne peuvent pas cr&#233;er de passion collective, ni de servilit&#233; d'esprit. Leur passion est circonscrite &#224; leur sph&#232;re de comp&#233;tence. Elle ne concernera qu'une branche, qu'un aspect, qu'une subdivision du bien commun. C'est justement la mise en place de f&#233;d&#233;rations qui autorise le respect du principe de subsidiarit&#233;. Mais pour les autres domaines qui pourront relever du bien commun, et s'&#233;carter de leur sph&#232;re de comp&#233;tence, la notion de mandat imp&#233;ratif perd ici de sa r&#233;alit&#233;.
Concr&#232;tement, en quoi 10 repr&#233;sentants, 5 de droite et 5 de gauche, dont 2 nationalistes, 2 conservateurs, 2 lib&#233;raux, 2 socialistes et 2 altermondialistes seraient-ils plus habilit&#233;s &#224; reconna&#238;tre le bien commun relatif &#224; une baisse des imp&#244;ts locaux, &#224; l'augmentation du temps de travail, &#224; une loi sur l'adoption, que 10 repr&#233;sentants dont 2 bouchers, 2 parents d'&#233;l&#232;ves, 2 chercheurs, 2 villageois, et 2 sportifs de haut niveau ? Et s'il s'agit de traiter de l'avenir de la viande d'origine fran&#231;aise ou de l'utilit&#233; des professeurs agr&#233;g&#233;s dans le premier cycle du second degr&#233;, ne croyez vous pas que les int&#233;r&#234;ts particuliers de nos 2 bouchers ou de nos 2 parents d'&#233;l&#232;ves seront bien minces face &#224; tous les autres int&#233;r&#234;ts particuliers. En revanche, les m&#234;mes pr&#233;occupations sociales ne seront-elles pas vici&#233;es par la passion collective, le mim&#233;tisme social, et la servilit&#233; id&#233;ologique des repr&#233;sentants des partis publics ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enrichir la d&#233;mocratie participative.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mod&#232;le de d&#233;mocratie le mieux adapt&#233; &#224; la mise en place, du plus haut niveau au plus bas niveau, d'assembl&#233;es l&#233;gislatives de mandataires des corps interm&#233;diaires appara&#238;t &#234;tre la d&#233;mocratie participative. Elle peut emprunter des &#233;l&#233;ments de fonctionnement &#224; la d&#233;mocratie directe, comme les assembl&#233;es de base, le suffrage indirect, le scrutin proportionnel par liste, voire le tirage ou sort. Mais elle peut respecter une stricte s&#233;paration, voire une subdivision des pouvoirs, et ne se dissout pas &#224; mesure qu'elle s'exerce dans des corps politiques plus vastes et plus peupl&#233;s. Elle peut permettre de r&#233;duire la nuisance des partis, et de la classe politique qu'ils suscitent, puis de les rendre finalement inutiles. Des proc&#233;d&#233;s de d&#233;mocratie participative s'appliquent dans de nombreuses collectivit&#233;s locales et Etats. La Constitution du Venezuela la cite, alors qu'un article du trait&#233; de Maastricht l'&#233;voque .
C'est &#233;galement parce qu'ils ont vu le danger que ce concept repr&#233;sentait pour la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, et les partis politiques, que des gouvernements, et des &#233;lus, veulent aujourd'hui se l'approprier. Ici, on organise des jurys populaires, l&#224; on nomme des &#233;tats g&#233;n&#233;raux de la sant&#233;, de l'environnement. Mais l'id&#233;e d&#233;passe l'usage qui en est fait. Quand un outil politique est pertinent, il doit servir &#224; la construction du bien commun ind&#233;pendamment de ceux qui l'utilisent.
En revanche, il nous appartient d'en enrichir l'efficacit&#233;, en promouvant un nouveau mod&#232;le d'assembl&#233;e l&#233;gislative et d&#233;lib&#233;rante dans un Etat f&#233;d&#233;ral. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.alliance-sociale.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Dans un Etat f&#233;d&#233;ral, parce que le f&#233;d&#233;ralisme suppose la cr&#233;ation d'assembl&#233;es l&#233;gislatives &#224; chaque niveau de comp&#233;tence, &#224; chaque &#233;chelon d'organisation politique.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.alliance-sociale.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Une assembl&#233;e l&#233;gislative d&#233;lib&#233;rante, parce qu'elle a &#233;galement pour mission de cr&#233;er, par d&#233;lib&#233;ration, du bien commun. A cette fin, on pourrait regrouper les repr&#233;sentants d&#233;sign&#233;s, &#233;lus, nomm&#233;s, ou coopt&#233;s par les corps interm&#233;diaires par grands secteurs de la soci&#233;t&#233; civile. Je vous citais en introduction la trilogie proudhonienne de la famille, de l'atelier et de la commune. On pourrait aussi parler du monde de l'entreprise, du monde de la famille, du monde municipal, et de bien d'autres mondes de la soci&#233;t&#233; civile qui s'y rattachent, ou peuvent tant&#244;t s'y associer, tant&#244;t s'en dissocier, comme Simone Weil le souhaitez. A vous d'y travailler, d&#233;mocratie participative oblige.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Janpier Dutrieux
&lt;a href='http://fragments-diffusion.chez-alice.fr/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://fragments-diffusion.chez-ali...&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1 - Edit&#233;e en 1950 sept ans apr&#232;s sa mort. R&#233;&#233;dition 2006, Flammarion. - Ainsi, les mandataires de ces groupes sociaux ou corporatifs servaient les int&#233;r&#234;ts du groupe et n'avaient d'ailleurs aucune id&#233;e du bien commun qu'ils ne pouvaient pas m&#234;me entrevoir. Ils n'avaient d'ailleurs qu'un r&#244;le consultatif &#187;. M&#234;me au XVIe si&#232;cle, les Etats g&#233;n&#233;raux ne poss&#233;daient ni autorit&#233; politique ni initiative en mati&#232;re l&#233;gislative 2 - Discours de Bayeux, G&#233;n&#233;ral de Gaulle, 16 juin 1946. Textes politiques fran&#231;ais, St&#233;phane Rials, Que sais-je ? PUF n&#176;2171, 1983.
3 - &#171; L'&#201;glise commet un abus de pouvoir quand elle pr&#233;tend contraindre l'amour et l'intelligence &#224; prendre son langage pour norme. Cet abus de pouvoir ne proc&#232;de pas de Dieu. Il vient de la tendance naturelle de toute collectivit&#233;, sans exception, aux abus de pouvoir. &#187; Attente de Dieu, 1950. R&#233;&#233;dition 1985 Fayard.
4 - Simone Weil, Les besoins de l'&#226;me, L'enracinement, Gallimard 1960.
5 - Bernard Lanza, Simone Weil, Fragments-diffusion (site et cahier p.5).
6 - Qu'est-ce que le Tiers-Etat ? E. Si&#233;y&#232;s, chap. 3, pp. 37-49. Poche PUF 2005. 7 - &#171; Les d&#233;put&#233;s du peuple ne sont donc ni ne peuvent &#234;tre des repr&#233;sentants, ils ne peuvent &#234;tre que ses commissaires &#187; J.J. Rousseau, Du contrat social, livre III, chap. XV, p. 429.
8 - D. Schnapper, La Communaut&#233; des citoyens, Paris, Gallimard, 1994, p. 91
9 - Extrait d'un discours aux Communes du 13 avril 1866 (cit&#233; par P. Rosanvallon dans Le sacre du citoyen, p.453)
10 - John Nash, prix Nobel d'&#233;conomie 1994, Le dilemme des prisonniers illustre la th&#233;orie des jeux coop&#233;ratifs.
11 - Jacques G&#233;n&#233;reux, La dissoci&#233;t&#233;, Seuil 2007, p. 420. 12 - Compendium de la Doctrine sociale de l'Eglise, &#167; 168, p. 94, CERF 2005.
13 - &#171; Refonder la R&#233;publique pour &#233;tablir une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique, participative et actrice multi-&#233;thnique et pluri-culturelle protagoniste, dans un &#201;tat de justice, f&#233;d&#233;ral et d&#233;centralis&#233; qui consolide les valeurs de la libert&#233;, de l'ind&#233;pendance, de la paix, de la solidarit&#233;, du bien commun, de l'int&#233;grit&#233; territoriale, de la convivialit&#233; et de l'autorit&#233; de la loi pour cette g&#233;n&#233;ration et les g&#233;n&#233;rations futures ; garantir le droit &#224; la vie, au travail, &#224; la culture, &#224; l'&#233;ducation, &#224; la justice sociale et &#224; l'&#233;galit&#233; sans discrimination, ni subordination aucune ; &quot; (Constitution bolivarienne de la R&#233;publique du Venezuela, Caracas 15 d&#233;cembre 1999.)
14 - article I-47 du trait&#233; sur l'Union europ&#233;enne 1992 : Les institutions donnent, par les voies appropri&#233;es, aux citoyennes et citoyens et aux associations repr&#233;sentatives la possibilit&#233; de faire conna&#238;tre et d'&#233;changer publiquement leurs opinions dans tous les domaines d'action de l'Union.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la dissoci&#233;t&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; de progr&#232;s humain.</title>
		<link>http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article108</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article108</guid>
		<dc:date>2009-03-04T14:08:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Janpier Dutrieux</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cet article se propose de revisiter l'ouvrage de Jacques G&#233;n&#233;reux, &#171; La dissoci&#233;t&#233; &#187; et ses propositions de socialisme m&#233;thodologique et de soci&#233;t&#233; de progr&#232;s humain.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.alliance-sociale.org/spip.php?rubrique103" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;, Droit et Constitution, philosophie sociale &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ouvrage de Jacques G&#233;n&#233;reux &#171; La dissoci&#233;t&#233; &#187; [&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='La dissoci&#233;t&#233;, Jacques G&#233;n&#233;reux, Seuil 2007. Nous indiquons dans cet (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] dont il fut ici d&#233;j&#224; question [&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='L'As de Tr&#232;fle n&#176;66.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] reprend un th&#232;me que l'auteur a d&#233;j&#224; d&#233;velopp&#233; dans des travaux ant&#233;rieurs. En 2001, G&#233;n&#233;reux lan&#231;ait l'Association internationale pour l'&#233;conomie humaine et publiait &#224; cette occasion un &#171; Manifeste pour l'&#233;conomie humaine &#187; dans lequel il d&#233;non&#231;ait la pens&#233;e unique des &#233;conomistes et l'&#233;volution de l'&#233;conomie politique en sciences &#233;conomiques. Il soulignait que &#171; l'incapacit&#233; des &#233;conomistes &#224; affirmer collectivement et massivement la possibilit&#233; de penser d'autres mod&#232;les contribue &#224; fourvoyer plus avant certains de nos concitoyens et nombre de nos &#233;lus dans une opposition st&#233;rile entre le politique et l'&#233;conomique. Or, nous savons, nous, que l'&#233;conomie est politique et qu'il s'agit de r&#233;int&#233;grer, et non d'opposer, l'&#233;conomie et la d&#233;mocratie. &#187; (Esprit juillet 2001) &#187;. Je notais &#224; l'&#233;poque que d'autres auteurs s'inscrivaient &#233;galement dans cette d&#233;marche : Dominique. M&#233;da, Michel. Aglietta, Ren&#233;. Passet&#8230; [&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Fragments diffusion n&#176;50 juillet ao&#251;t 2001.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;] &#187;, sans pour autant avoir de prise r&#233;elle dans le monde politique, m&#234;me d'opposition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'objet de son &#233;tude actuelle, en 2007, est de jeter les bases d'une approche sociale qu'il nomme &#171; socialisme m&#233;thodologique &#187; comme alternative &#224; la dissoci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;r&#233;e par la pression mim&#233;tique des comportements n&#233;olib&#233;raux et &#224; l'hypersoci&#233;t&#233; que suscite un environnement collectiviste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, on remarquera qu'en 2007, ces remarques sont devenues des truismes. Amartya Sen est devenu prix nobel d'&#233;conomie 1998 et, le CNUDED a vulgaris&#233; les indicateurs de d&#233;veloppement humain (IDH) qu'il ne cesse d'opposer aux indicateurs de production &#233;conomique. Le d&#233;veloppement durable s'impose comme une condition de notre survie dans un monde o&#249; les hypoth&#232;ses de changement climatique sont inqui&#233;tantes. Les micro-cr&#233;dits de Muhammad Yunus, couronn&#233; prix nobel de la paix 2006 et les placements &#233;thiques, hier marginaux, sont distribu&#233;s par toutes les banques (Ici comme dans d'autres commerces, les bons sentiments sont devenus des produits d'appel, produits &#233;thiques, solidaires, etc.). L'abb&#233; Pierre nous a quitt&#233;s mais ses militants sont devenus ministres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pourtant &#171; tout le monde est somm&#233; de se conduire en guerrier, en gagnant pour &#233;chapper &#224; l'exclusion (&#8230;.) Cela conduit &#224; une dissoci&#233;t&#233;, ou non soci&#233;t&#233; juxtaposant des individus (ou sous communaut&#233;s d'individus) rivaux et repli&#233;s sur eux-m&#234;mes, (&#8230;) ph&#233;nom&#232;ne qui peut &#171; en une ou deux g&#233;n&#233;rations &#224; peine, transformer l'&#234;tre humain en &#234;tre dissoci&#233;, faire bousculer les soci&#233;t&#233;s d&#233;velopp&#233;es dans l'inhumanit&#233; de dissoci&#233;t&#233;s peupl&#233;es d'individus dress&#233;s (dans tous les sens du terme) les uns contre les autres &#187;. (p.28).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que peut la compassion individuelle contre la violence institutionnalis&#233;e d'une soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La spirale causale peut engendrer de l'entropie sociale comme de l'empathie sociale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour comprendre les raisons de cette violence, G&#233;n&#233;reux s'interroge tout d'abord sur la d&#233;finition de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; peut se d&#233;finir, selon l'usage ancien comme &#171; le commerce, les relations habituelles, que les hommes entretiennent entre eux &#187;. Puis comme &#171; l'&#233;tat des &#234;tres qui vivent en groupe organis&#233;, ensemble d'individus unis au sein d'un m&#234;me groupe par des institutions, une culture &#187;. C'est un contrat d'association utilitaire conclu par des individus rationnels qui pr&#233;existent &#224; la soci&#233;t&#233; : il s'agit d'un outil destin&#233; &#224; produire et &#224; prot&#233;ger plus efficacement le bien &#234;tre des individus. C'est &#171; le processus vivant d'interaction entre les individus et le syst&#232;me qu'ils constituent tous ensemble &#187; (p171).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On en d&#233;duit que, comme tout organisme vivant, la soci&#233;t&#233; &#233;volue, peut s'am&#233;liorer, enrichir ses liens (c'est l'empathie) s'appauvrir ou se distordre (c'est l'entropie). Quand un syst&#232;me physique tend &#224; &#234;tre moins organis&#233;, son entropie augmente. La soci&#233;t&#233; souffre d'entropie quand elle se distord en agr&#233;gats d'&#233;go&#239;smes qui ruinent la coop&#233;ration et l'empathie &#8211; c'est la dissoci&#233;t&#233; - ou s'aligne sur un altruisme id&#233;alis&#233; qui nie ses &#233;l&#233;ments et les fonde dans l'ensemble &#8211; c'est l'hypersoci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La dissoci&#233;t&#233; se fonde sur la d&#233;sarticulation des comportements privil&#233;giant l'ego.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'hypersoci&#233;t&#233; se fonde sur la rigidit&#233; des comportements &#233;touffant l'&#233;go.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chacun de nous conna&#238;t bien &#233;videmment une multitude de raisons qui explique cette d&#233;viance sociale qu'est la dissoci&#233;t&#233;. Les boucs &#233;missaires sont nombreux. L'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; r&#233;sulte, selon G&#233;n&#233;reux, d'une spirale vicieuse ou vertueuse des interactions sociales. Or, nous ignorons souvent cette spirale causale pour nous refugier dans une analyse encha&#238;nant de fa&#231;on lin&#233;aire les causes aux effets, comme par exemple la poule et l'&#339;uf. Noua avons affaire &#224; une spirale et non &#224; une cha&#238;ne des causes aux effets..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La spirale causale : Dans une cha&#238;ne causale, il faut un commencement et une fin, un d&#233;part et une arriv&#233;e : Le coq f&#233;conde la poule et la poule pond l'&#339;uf. &#171; L'ennui est que le premier &#171; effet &#187; de cette cha&#238;ne (l'oeuf) est aussi la &#171; cause &#187; de la premi&#232;re cause (le coq) et de la seconde (la poule). Nous ne sommes pas confront&#233;s &#224; une cha&#238;ne causale mais &#224; un cercle, voire une spirale car ce &#171; cercle doit n&#233;cessairement se muer en spirale, monter ou descendre, se d&#233;placer vers quelque part sinon il n'est qu'une r&#233;p&#233;tition infinie et statique. (&#8230;Ainsi) la dissoci&#233;t&#233; et l'hypersoci&#233;t&#233; constituent deux spirales destructrices qui r&#233;gressent vers l'inhumanit&#233; au lieu de s'envoler vers le progr&#232;s humain (p 170) &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette spirale causale engendre de la dissoci&#233;t&#233;. Quelqu'un dit que la mondialisation est n&#233;cessaire &#224; la survie de l'humanit&#233;, et son discours est relay&#233; par d'autres personnes, d'autres m&#233;dia et cela devient une quasi certitude pour l'ensemble de la plan&#232;te. Et pourtant, individuellement, nous ne le croyons pas, nous en doutons, mais nous ne nous r&#233;voltons pas. Nous sommes entr&#233;s dans le cercle vicieux dissocial o&#249; &#171; celui qui s'arr&#234;te de tricher dans (ce) monde o&#249; tout le monde triche est &#224; la fois s&#251;r de perdre et de ne rien gagner &#187; (p.27). Nous sommes ainsi plong&#233;s dans une situation paradoxale o&#249; &#171; une majorit&#233; d'individus sains d'esprit tol&#232;re de vivre dans une soci&#233;t&#233; de plus en plus inhumaine, alors m&#234;me qu'elle est consciente de cette situation, et persuad&#233;e que tout irait mieux si tout le monde d&#233;cidait de se comporter autrement et de militer pour d'autres r&#232;gles du jeu &#187; (p. 419). Cette situation &#171; d'&#233;vitement du conflit psychique &#187;, d'apathie sociale et de soumission &#224; l'autorit&#233;, si informelle soit-elle, n'est pas nouvelle. Elle fut d&#233;j&#224; &#233;tudi&#233;e par Hannah Arendt dans ses analyses de la passivit&#233; humaine et sociale devant la banalit&#233; du mal, et &#224; l'occasion d'exp&#233;riences carc&#233;rales ou de &#171; reality show &#187;. G&#233;n&#233;reux nous raconte l'histoire de Kity Genovese, jeune femme assassin&#233;e &#224; New York devant 38 personnes le 17 mars 1964. Personne ne fit un geste, non pas parce que tous avaient peur, mais parce que chacun pensait qu'un autre t&#233;moin allait r&#233;agir, pr&#233;venir la police. En vain ! Comment expliquer cette apathie et cette soumission paradoxale &#224; la dissoci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;silience [&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='La r&#233;silience est un ph&#233;nom&#232;ne psychologique qui consiste &#171; &#224; vivre avec &#187;. (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;] et le dilemme des prisonniers.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut tout d'abord noter que quand le processus de dissoci&#233;t&#233; est enclench&#233;, il devient &#171; auto-r&#233;alisateur. Non seulement les individus ne peuvent l'emp&#234;cher, mais en outre, leurs r&#233;flexes de protection contre la souffrance psychique engendr&#233;e par leur dissociation approfondissent la dissoci&#233;t&#233; (p. 417). On ne peut donc enclencher de processus correcteur car &#171; une partie d'entre nous n'a aucune conscience d'&#234;tre malade, ni que la soci&#233;t&#233; est inhumaine &#187;, et l'autre, &#171; l'immense majorit&#233; d'entre nous n'est pas malade, mais seulement r&#233;siliente &#187; (p. 418). Cette majorit&#233; silencieuse se prot&#232;ge en &#171; restant &#224; c&#244;t&#233; &#187;, en &#171; faisant avec &#187;, en supportant, en se cr&#233;ant d'autres mondes, d'autres joies. Mais cette r&#233;silience &#171; peut avoir pour effet d'aggraver une pathologie sociale en inhibant la volont&#233; et la capacit&#233; de r&#233;sistance des individus &#187; (p. 421).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes, en quelque sorte, enferm&#233;s dans des attitudes r&#233;silientes qui nous font accepter l'inacceptable et croire que c'est la meilleure solution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;G&#233;n&#233;reux nous explique cela en empruntant &#224; John Nash, prix Nobel d'&#233;conomie 1994 (r&#233;compens&#233;e pour ses travaux sur les jeux non coop&#233;ratifs), le paradoxe du &#171; dilemme des prisonniers &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le dilemme des prisonniers : &#171; Deux voleurs sont arr&#234;t&#233;s par la police qui les place dans deux cellules s&#233;par&#233;es et leur propose les options suivantes : si l'un avoue son d&#233;lit, tandis que son complice nie, il sera lib&#233;r&#233; et son complice &#233;copera de dix ans de prison ; ils seront condamn&#233;s &#224; deux ans de prison s'ils nient tous les deux et &#224; huit ans s'ils avouent tous les deux. Mais les deux complices sont s&#233;par&#233;s et ne peuvent s'entendre. L'attitude rationnelle consiste alors, pour chacun, &#224; &#233;valuer ce qui est dans son int&#233;r&#234;t dans les deux cas de figure possibles (l'autre avoue ou nie). Il s'av&#232;re que, quoi que d&#233;cide l'autre, chacun &#224; int&#233;r&#234;t &#224; avouer (Si mon complice avoue, j'ai le choix entre avouer avec 8 ans de prison et nier avec 10 ans de prison, donc j'avoue. Si mon complice nie, j'ai le choix entre avouer avec la rel&#226;che et nier avec 2 ans de prison, donc j'avoue. Mon complice fait le m&#234;me raisonnement que moi et nous avouons tous les deux et r&#233;coltons huit ans.). Ce que chaque individu estime le plus rationnel pour prot&#233;ger ses int&#233;r&#234;ts d&#233;bouche sur l'irrationalit&#233; collective : les deux complices passeront huit ans en prison, soit quatre fois plus que s'ils avaient d&#233;cid&#233; de nier tous les deux (p. 419).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question est donc de savoir comment cette majorit&#233; r&#233;siliente peut sortir du gigantesque dilemme des prisonniers dans lequel elle est enferm&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, la population r&#233;siliente, renferm&#233;e sur elle-m&#234;me, largement majoritaire, sait parfaitement que la dissoci&#233;t&#233; actuelle et inhumaine, mais &#171; elle est en revanche inconsciente de sa responsabilit&#233; directe dans l'extension (de celle-ci) et son inconscience est en grande partie fond&#233;e sur sa certitude de n'avoir aucun pouvoir pour changer quoi que ce soit &#187; (p. 428). En cons&#233;quence, si cette majorit&#233; lucide et r&#233;siliente pouvait se consulter, d&#233;lib&#233;rer et d&#233;cider ensemble, la dissoci&#233;t&#233; serait impossible. Il faut donc r&#233;inventer une &#171; conversation politique &#187;. C'est &#224; cette fin que l'auteur propose une m&#233;thode : le socialisme m&#233;thodologique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Socialisme m&#233;thodologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, le d&#233;fi pos&#233; &#224; ceux qui veulent en sortir &#171; ne concerne pas d'abord le contenu des politiques, mais la m&#233;thode politique qui permettrait de surmonter le fait que, &#224; l'&#233;vidence, une majorit&#233; d'individus collabore &#224;, ou tol&#232;re, la dissoci&#233;t&#233; &#187; (p. 427).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le socialisme m&#233;thodologique que sugg&#232;re G&#233;n&#233;reux se fonde sur l'interactivit&#233; et la r&#233;ciprocit&#233; des rapports entre l'individu et la soci&#233;t&#233; : sur la primaut&#233; du lien sur le bien. &#171; Alternative &#224; la dissoci&#233;t&#233; et &#224; l'hypersoci&#233;t&#233; &#187;, il r&#233;fute &#233;galement le lib&#233;ralisme individualiste et le socialisme &#233;tatique. &#171; Il ne remet pas en question l'existence de personnes singuli&#232;res distinctes de la soci&#233;t&#233; et aspirant &#224; l'autonomie par rapport &#224; celle-ci &#187; (p.161) mais refuse &#171; le collectivisme et le holisme individualis&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien que cette approche ne soit pas sans rappeler les travaux des non conformistes des ann&#233;es 30, G&#233;n&#233;reux occulte totalement l'imposant travail de d&#233;frichage intellectuel d'Alexandre Marc, d'Arnaud Dandieu, Denis de Rougemont, Daniel Rops, Robert Aron, Emmanuel Mounier. [&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. Les non-conformistes des ann&#233;es 30. Une trentative de renouvellement de (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;] La censure de la rue Saint Guillaume est pass&#233;e par l&#224; [&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='L'oubli ne peut &#234;tre que volontaire, me semble-t-il, puisqu'Emmanuel' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]. Il &#233;voque cependant Charles Fourier et Pierre Joseph Proudhon (p. 162) qu'il consid&#232;re comme des &#171; individualistes sociaux &#187; davantage &#171; pionniers d'une philosophie sociale que d'un principe m&#233;thodologique &#187; (p. 223). Il reproche &#224; l' &#171; individualisme social &#187; des socialistes fran&#231;ais de &#171; reposer sur une anthropologie t&#233;l&#233;ologique : le sens de l'histoire serait la fusion de toutes les aspirations contradictoires de l'homme en une seule &#187; (La revue socialiste n&#176; 194, f&#233;vrier 1991). En revanche, le socialisme m&#233;thodologique postulerait &#171; deux aspirations ontog&#233;n&#233;tiques (&#234;tre soi, par et pour soi, &#234;tre avec, par et pour autrui) qui sont indissociables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un peu &#233;vacuer rapidement la m&#233;thode proudhonienne de r&#233;solution des probl&#233;matiques sociales qui s'articule autour de la dialectique des antinomies ou &#233;quilibre des contraires qu'il opposait &#224; la synth&#232;se de la dialectique marxiste (individu et soci&#233;t&#233;, libert&#233; et autorit&#233;, libre-&#233;change et protectionnisme).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais &#224; la diff&#233;rence de la d&#233;marche proudhonienne qui ne fut qu'une qu&#234;te de la justice, &#233;minemment morale, &#171; le socialisme m&#233;thodologique est une m&#233;thode d'analyse, ce n'est pas une &#233;thique &#187; (p.163) souligne G&#233;n&#233;reux. En d'autres termes, ce qu'il reproche au socialisme fran&#231;ais, c'est d'&#234;tre moral : &#171; Les premiers socialistes restent dans le cadre du raisonnement &#233;thique qui domine la philosophie politique &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En revanche, c'est un &#171; faux mat&#233;rialisme &#187; qu'il d&#233;nonce chez Marx. &#171; Ce qui a manqu&#233; &#224; Marx pour sortir de l'incoh&#233;rence, c'est une conception plus r&#233;aliste de l'&#234;tre humain (&#8230;), c'est aussi un vrai mat&#233;rialisme consid&#233;rant les id&#233;es, les croyances et la vie de l'esprit pour ce qu'elles sont ; non pas des notions m&#233;taphysiques s&#233;par&#233;es du corps, mais des composantes de notre existence, tout aussi mat&#233;rielles que les conditions de production. C'est donc le socialisme m&#233;thodologique qui a manqu&#233; au socialisme scientifique &#187;. Et, en note (n.189) : &#171; Je d&#233;nonce ici chez Marx le faux mat&#233;rialisme (&#8230;) qui consiste &#224; d&#233;clarer immat&#233;rielle une bonne partie du fonctionnement de notre cerveau pour en faire un simple produit social d&#233;termin&#233; par les conditions mat&#233;rielles d'existence. Pour le neurobiologiste, penser n'est pas une activit&#233; moins mat&#233;rielle que manger ou boire. Cela ne lui interdit pas, &#233;ventuellement, de croire en l'essence divine de l'&#226;me. Cela lui interdit seulement de dire que la chimie n'intervient pas dans la formation des id&#233;es [&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Cependant, en aucun cas, G&#233;n&#233;reux n'accuse la religion. Il use (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;] (p. 241) &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une soci&#233;t&#233; de progr&#232;s humain.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seconde grande id&#233;e de Jacques G&#233;n&#233;reux, qui r&#233;sulte du socialisme m&#233;thodologique, est l'instauration d'une soci&#233;t&#233; de progr&#232;s humain qui &#171; consiste &#224; d&#233;clarer que la qu&#234;te de liens vaut mieux que celle de biens &#187;. Il consid&#232;re trois domaines : politique, &#233;conomique et &#233;cologique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La critique politique : Pour illustrer son propos politique, G&#233;n&#233;reux imagine une parabole domestique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous &#234;tes le p&#232;re adoptif de quatre enfants orphelins partageant la m&#234;me chambre et la m&#234;me t&#233;l&#233;vision. Ces enfants n'ont aucune histoire commune et sont r&#233;unis depuis peu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment allez-vous r&#233;gler le probl&#232;me du choix du programme de t&#233;l&#233;vision ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1- Vous leur proposez de voter. Mais celui qui n'est pas majoritaire acceptera mal ce choix collectif (critique du suffrage majoritaire).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2- Vous leur proposez d'exercer le pouvoir (de la t&#233;l&#233;commande) en alternance. Mais ce pouvoir peut s'exercer quand le programme n'int&#233;resse pas celui qui le d&#233;tient (libert&#233; formelle mais non r&#233;elle).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3- Vous achetez un appartement avec 4 chambres et 4 t&#233;l&#233;visions (la dissoci&#233;t&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4. Vous reprogrammez leur cortex ou vous imposez votre loi (dictature ou hypersoci&#233;t&#233;) (p. 268).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment ne pas penser ici &#224; Proudhon d&#233;non&#231;ant le suffrage universel et proposant la multiplication de contrats synallagmatiques &#224; travers le pays : &#171; Si donc le contrat que je fais avec quelques uns, si tous pouvaient le renouveler entre eux ; si chaque groupe de citoyen, commune, canton, d&#233;partement corporation, compagnie, etc ; form&#233; par un semblable contrat et consid&#233;r&#233; comme personne morale, pouvaient ensuite, et toujours dans les m&#234;mes termes, traiter avec chacun des autres groupes et avec tous, ce serait exactement comme si ma volont&#233; se r&#233;p&#233;tait &#224; l'infini. Je serais s&#251;r que la loi ainsi faite sur tous les points de la R&#233;publique, sous des millions d'initiatives diff&#233;rentes, ne serait jamais autre chose que ma loi et, si ce nouvel ordre de choses &#233;tait appel&#233; gouvernement, que ce gouvernement serait le mien [&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='P.J. Proudhon, Id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la r&#233;volution au XIXe si&#232;cle (1851), pp. (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;] &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais G&#233;n&#233;reux occulte cette voie, car, on l'a vu, le socialisme fran&#231;ais est moral. Aussi, sa critique politique se limitera &#224; une critique des institutions, ce qui, reconnaissons-le, est mieux que rien. Ainsi, souligne-t-il, si &#171; nous &#233;tions dans une d&#233;mocratie directe au sens strict du terme (le peuple d&#233;lib&#232;re et exerce le pouvoir de d&#233;cision), la majorit&#233; lucide et r&#233;siliente pourrait en th&#233;orie emp&#234;cher l'essor d'une soci&#233;t&#233; inhumaine Mais en pratique, nous sommes dans une d&#233;mocratie repr&#233;sentative qui organise un march&#233; politique concurrentiel, o&#249; des entreprises publiques (les partis) proposent les options entre lesquels les citoyens doivent choisir &#187; (p 420). En fait, &#171; dans les pr&#233;tendues d&#233;mocraties occidentales , les &#233;lecteurs n'ont pas le pouvoir effectif de d&#233;terminer l'orientation des politiques publiques &#187; (p. 429). Les &#233;lus ne repr&#233;sentent pas les citoyens, souligne G&#233;n&#233;reux. C'est donc vers une d&#233;mocratie directe, ou participative, qu'il conviendrait d'avancer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La critique &#233;conomique : Pour d&#233;noncer l'imposture lib&#233;rale, G&#233;n&#233;reux pr&#244;ne le retour du politique contre le lib&#233;ralisme qui dresse les individus les uns contre les autres, les rend rivaux alors qu'ils devraient &#234;tre associ&#233;s. Il d&#233;nonce les lieux communs du politiquement correct libre &#233;changiste qui nous donne l'id&#233;e qu'il &#171; vaut mieux commercer que faire la guerre &#187; auxquels il r&#233;pond par une approche empirique : &#171; c'est la soci&#233;t&#233; qui adoucie la violence du commerce et non l'inverse &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Sa d&#233;nonciation du mythe de la main invisible du march&#233; est pertinente. Il reprend la &#171; Th&#233;orie des sentiments moraux &#187; dans laquelle Adam Smith, alors en qu&#234;te de la v&#233;rit&#233;, choisit une &#171; m&#233;thode, qu'un pourrait dire pragmatique (&#8230; qui) consiste &#224; faire confiance aux t&#226;tonnements de l'histoire humaine qui feront peu &#224; peu triompher le bien du mal &#187; Il en conclut donc que selon Smith, &#171; la main invisible n'est pas celle du march&#233;, c'est la main de Dieu (p.320) &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La critique &#233;cologique : L'&#233;cologie, on le sait, s'est invit&#233;e dans le d&#233;bat public. Il faut sauver la plan&#232;te ! Tout le monde est d'accord l&#224;-dessus, mais le d&#233;bat entre les n&#233;olib&#233;raux et les autres h&#233;site sur les moyens : &#171; les uns croient &#224; des solutions de march&#233; (du droit &#224; polluer), les autres pr&#244;nent une intervention plus autoritaire des Etats &#187; mais &#171; tous restent convaincus qu'aucun progr&#232;s de l'harmonie sociale n'est possible sans croissance de la production et de la consommation &#187;. Il d&#233;nonce alors le &#171; d&#233;veloppement durable &#187;, nouveau consensus qui permet &#171; de perp&#233;tuer l'id&#233;al de d&#233;veloppement &#233;conomique, objet de projet de civilisation pour les modernes &#187;. Reprenant l'id&#233;e de la d&#233;croissance, nouvelle spiritualit&#233; des &#233;cologistes radicaux, G&#233;n&#233;reux souligne que l'id&#233;e de la croissance &#233;conomique n'est pas universellement partag&#233;e. &#171; Il est des paysans pauvres qui refusent une vache gratuite &#8211; susceptible d'am&#233;liorer sensiblement leur pouvoir d'achat &#8211; au motif qu'avec une vache suppl&#233;mentaire ils n'auraient plus le temps de contempler tranquillement le coucher de soleil. Des soci&#233;t&#233;s primitives ont perdur&#233; jusqu'&#224; nos jours sans jamais ressentir le besoin de d&#233;velopper la production mat&#233;rielle au-del&#224; de ce qui est n&#233;cessaire &#224; la vie biologique &#187; (p.183). Cette critique trouve cependant ses limites. Car enfin, si le paysan pauvre refuse une vache gratuite qui lui permettrait d'am&#233;liorer son ordinaire, si la soci&#233;t&#233; primitive refuse tout confort mat&#233;riel, il est tout aussi mals&#233;ant de les tenter par les luxes inutiles et par les progr&#232;s utiles de nos soci&#233;t&#233;s. Quelle sup&#233;riorit&#233; nous autorise ici &#224; d&#233;terminer pour eux ce qui est bon ou mauvais ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Militer pour la d&#233;croissance, cela affiche entre la rue saint Guillaume et le caf&#233; de Flore, mais laisse dubitatif dans les files d'attente des soci&#233;t&#233;s d'int&#233;rim. Rappelons que seulement 2 % des agriculteurs dans le monde ont les moyens de s'offrir un tracteur. Plus pertinent et g&#233;n&#233;reux que la d&#233;croissance, pourquoi ne pas parler de partage ? Id&#233;e obsol&#232;te ? Et si nous parlions plut&#244;t d'une &#233;conomie mutualiste capable de cr&#233;diter chacun de nous d'un dividende de production qui limiterait l'accumulation des uns et la nudit&#233; des autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Janpier Dutrieux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] La dissoci&#233;t&#233;, Jacques G&#233;n&#233;reux, Seuil 2007. Nous indiquons dans cet article le num&#233;ro des pages cit&#233;es de cette &#233;dition entre parenth&#232;ses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] L'As de Tr&#232;fle n&#176;66.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Fragments diffusion n&#176;50 juillet ao&#251;t 2001.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] La r&#233;silience est un ph&#233;nom&#232;ne psychologique qui consiste &#171; &#224; vivre avec &#187;. Ainsi un traumatis&#233; prend acte de son traumatisme pour ne plus vivre dans la d&#233;pression et s'en accommode.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Cf. Les non-conformistes des ann&#233;es 30. Une trentative de renouvellement de la pens&#233;e politique fran&#231;aise, Jean-Louis Loubet del Bayle, Seuil, 1969 (Points, Seuil, 2001), Alexandre Marc et la Jeune Europe (1904-1934). L'Ordre Nouveau aux origines du personnalisme, Christian Roy, Presses d'Europe, 1999.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] L'oubli ne peut &#234;tre que volontaire, me semble-t-il, puisqu'Emmanuel Mounier fut le fondateur de la revue &#171; Esprit &#187; dans laquelle G&#233;n&#233;reux &#233;crivit son appel de 001 (cf. citation d'introduction). Il est vrai que Mounier appela d'abord le mouvement des non-conformistes des ann&#233;es 30 qu'il animait &#171; la jeune droite &#187;. Mouvement dans lequel Bernard Henri Levy a vu plus r&#233;cemment une forme sophistiqu&#233;e de fasciste. Notons par ailleurs, la revue Esprit contribua apr&#232;s la guerre &#224; l'av&#232;nement d'une &#171; nouvelle gauche &#187;, puis dune &#171; seconde gauche &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Cependant, en aucun cas, G&#233;n&#233;reux n'accuse la religion. Il use d'ailleurs abondamment de la notion de bien commun (pp. 77, 104, 222, 237, 285, 393, 425, 439) et se d&#233;finit comme respectueux des religions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='http://www.alliance-sociale.org/#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] P.J. Proudhon, Id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la r&#233;volution au XIXe si&#232;cle (1851), pp. 267, 268.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Souverainisme</title>
		<link>http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article105</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.alliance-sociale.org/spip.php?article105</guid>
		<dc:date>2009-03-02T08:22:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexis Arette</dc:creator>


		<dc:subject>r&#233;gionalisme</dc:subject>

		<description>Pourquoi les souverainistes, qui proclament fort justement que &#8220;l'lnd&#233;pendance de l'Europe&#8221; sera le fruit naturel de la souverainet&#233; de &#8220;chacune des nations&#8221;, ne vont-ils pas jusqu'au bout de la proposition politique, qui consisterait &#224; examiner, hors de l'&#233;tat de fait, ce qui fonde la souverainet&#233; des nations ? Pourquoi ne consid&#232;rent-ils pas que ce qui vaut pour les diff&#233;rentes nations, vaut &#233;galement pour les peuples divers qui les (...)

-
&lt;a href="http://www.alliance-sociale.org/spip.php?rubrique70" rel="directory"&gt;N&#176;73&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.alliance-sociale.org/spip.php?mot5" rel="tag"&gt;r&#233;gionalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourquoi les souverainistes, qui proclament fort justement que &#8220;l'lnd&#233;pendance de l'Europe&#8221; sera le fruit naturel de la souverainet&#233; de &#8220;chacune des nations&#8221;, ne vont-ils pas jusqu'au bout de la proposition politique, qui consisterait &#224; examiner, hors de l'&#233;tat de fait, ce qui fonde la souverainet&#233; des nations ? Pourquoi ne consid&#232;rent-ils pas que ce qui vaut pour les diff&#233;rentes nations, vaut &#233;galement pour les peuples divers qui les composent ? Pourquoi eux, qui se recommandent g&#233;n&#233;ralement de l'autorit&#233; (h&#233;las !) du Gal de GAULLE, refusent-ils de consid&#233;rer ses derni&#232;res r&#233;flexions, quand, ayant tir&#233; les le&#231;ons de son d&#233;sastre alg&#233;rien, il con&#231;ut que si la R&#233;publique ne se d&#233;formait pas, en se d&#233;centralisant, nous irions &#8220;vers de d&#233;sastreuses secousses !&#8221; ? Comment acceptent-ils de donner son importance m&#233;rit&#233;e &#224; la recommandation du Pape, insistant sur le devoir de garantir &#8220;par tous les moyens&#8221; l'ind&#233;pendance nationale, en occultant la suite du message exigeant que l'on donne aux minorit&#233;s constituantes de la nation, les responsabilit&#233;s qui leur reviennent &lt;i&gt;par droit naturel&lt;/i&gt; ? Comment, tout en admettant la diversit&#233; des peuples de France ne consid&#232;rent-ils par les devoirs de la Nation qui se veut particuli&#232;re, &#224; l'&#233;gard de leur identit&#233; ? Pourquoi n'acceptent-ils pas que la souverainet&#233; nationale, soit le fruit naturel des autonomies territoriales, f&#233;d&#233;r&#233;es par la N&#233;cessit&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'on &#233;carte quelques effets d'ignorance historique, d'immaturit&#233; politique et de romantisme passionnel, je ne vois qu'une r&#233;ponse ! C'est que nos Souverainistes sont d&#233;j&#224; des &lt;strong&gt;d&#233;racin&#233;s&lt;/strong&gt; ! Ayant perdu le sens du pays de leurs p&#232;res, ils en ont transport&#233; la nostalgie inconsciente sur l'ensemble national, dont ils ont fait le substitut de la partie perdue. Le souverainisme est aujourd'hui le fruit de la ville tentaculaire et de l'asphalte, que l'on veut singulariser en le peignant de Bleu, Blanc, Rouge ! En cela, et bien que la comparaison les indigne, ils sont les h&#233;ritiers du jacobinisme r&#233;volutionnaire, ph&#233;nom&#232;ne strictement urbain, pour qui le g&#233;nocide vend&#233;en devint une &#339;uvre pie, alors que l'esp&#233;rance de la n&#233;cessaire r&#233;formation fran&#231;aise s'affirma en 1790 par la F&#234;te de la F&#233;d&#233;ration. C'est ce mouvement dont il faut les convaincre que nous le reprenions ensemble, non par concession, non par sentimentalisme, mais par n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La France, &#224; bien l'examiner, n'est pas une patrie, mais un ensemble de patries. 2000 ans de m&#233;langes raciaux et mille ans de recouvrement culturel fran&#231;ais n'ont pas effac&#233; le sentiment local d'identit&#233;. Que l'on veuille bien consid&#233;rer cet exemple : la province basque du Labourd a &#233;t&#233; tr&#232;s t&#244;t d&#233;tach&#233;e de l'empire navarrais et rattach&#233;e &#224; la Gascogne d'ob&#233;dience fran&#231;aise. Or c'est dans ce canton que la revendication identitaire est la plus vive et ce, malgr&#233; la colonisation fran&#231;aise de la c&#244;te, &#224; moins que ce ne soit &#224; cause de cela !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, nos anciens n'eurent pas &#224; pousser aussi loin leur r&#233;flexion, car les probl&#232;mes se posaient un peu diff&#233;remment. La Bible elle-m&#234;me ne fait gu&#232;re de distinction entre les peuples et les nations. Les ensembles se faisaient et de d&#233;faisaient au gr&#233; des accidents de l'histoire. Et au moyen-&#226;ge, on classait &#224; l'universit&#233; de Paris les &#233;tudiants selon les &#8220;nationalit&#233;s&#8221;, picardes, normandes ou bourguignonnes. Il nous faut donc prendre en compte aujourd'hui la n&#233;cessit&#233; o&#249; nous sommes de pr&#233;ciser le sens des termes, car c'est la fonction du langage, comme celle de la philosophie, de &#8220;&lt;strong&gt;distinguer pour unir&lt;/strong&gt;&#8221;. Or, il est des acquis de l'histoire qui se r&#233;v&#232;lent fragiles et si nous d&#233;sirons les conserver, encore faut-il que la motivation en soit clairement exprim&#233;e. Aujourd'hui nos amis souverainistes r&#233;agissent comme des &#233;corch&#233;s quand on pose la question : &#8220;La Nation, pourquoi faire ? &#8221; La bonne r&#233;action qu'ils devraient avoir, c'est de convaincre les hommes qui se sentant &lt;strong&gt;D'ABORD&lt;/strong&gt; Basques, Bretons, Alsaciens ou Proven&#231;aux, qu'il existe une utilit&#233; nationale, qui veut int&#233;grer leur sentiment identitaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Reconnaissons que les nations historiques se sont souvent faites sans que les acteurs eussent, au d&#233;part,
une claire intention de la constituer. Elles sont g&#233;n&#233;ralement le fruit de la guerre et de sa fortune. Mais l'histoire c&#232;de aujourd'hui &#224; l'analyse et l'exaltation par l'&#201;glise de la dignit&#233; humaine a gagn&#233; le secteur la&#239;que, qui s'en approprie la d&#233;fense, au point qu'une nation exer&#231;ant son pouvoir sur des peuples assujettis, n'appara&#238;t plus comme ayant le moindre fondement l&#233;gitime. C'est vers des ensembles raisonnables que l'on tend. Or beaucoup de souverainistes raisonnent encore comme si l'&#233;tat de coercition avait fini par entra&#238;ner l'adh&#233;sion des populations sujettes ! Ce qui n'est pas, puisqu'apparaissent, &#231;a et l&#224;, des tendances violemment s&#233;paratistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans doute faut-il les ramener dans la plupart des cas, soit aux r&#234;veries de quelques marginaux qui n'ayant pas eu les moyens de leur ambition dans la soci&#233;t&#233;, r&#234;vent de la changer &#224; leur profit ; et sans doute le travail des th&#233;ories trotskistes, visant &#224; &#233;tablir l'anarchie pour faire du pass&#233; &#8220;table rase&#8221; doit-il &#233;galement &#234;tre pris en compte, mais ces &#233;l&#233;ments n'auraient pas de prise sur les minorit&#233;s territoriales, si celles-ci n'&#233;prouvaient pas confus&#233;ment un sentiment d'injustice &#224; leur &#233;gard. Aussi le premier devoir des souverainistes devrait &#234;tre de &lt;strong&gt;supprimer les causes d'un ressentiment&lt;/strong&gt; qui, ne pouvant s'exprimer, pourrait devenir antinational, ce qui ferait reculer d'autant la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est un argument souverainiste que nous devons examiner, car, s'il est sp&#233;cieux, il a toutes les apparences d'une inqui&#233;tude l&#233;gitime. C'est celui, abondamment repris avec assurance par le Gal GALLOIS, du complot germanique contre la nation fran&#231;aise. Cette th&#232;se a &#233;t&#233; avanc&#233;e par P. HILLARD dans un livre bien document&#233; : &#8220;Minorit&#233;s et
R&#233;gionatismes dans l'Europe f&#233;d&#233;rale des r&#233;gions&#8221;. Le titre m&#234;me montre qu'il s'agit d'une projection dans l'avenir, puisqu'on traite d'une Europe F&#233;d&#233;rale qui n'existe pas encore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lors du dernier colloque de l'Alliance Sociale, il y eut, m'a-t-on dit, une vive controverse entre l'auteur et J.J. MOURREAU, que je tiens pour un des meilleurs analystes du fait r&#233;gional. N'&#233;tant pas pr&#233;sent, je n'avais pas pu prendre parti et je n'en ai point voulu parler avant d'avoir lu la derni&#232;re &#233;dition du livre de P. HILLARD, lequel somm&#233; de prouver ses accusations, &#224; savoir que le r&#233;gionalisme &#233;tait soudoy&#233; par l'Allemagne, avait promis de le faire. J'ai donc parcouru le livre de P. HILLARD, qui a bien des m&#233;rites, mais pas celui-l&#224;. En effet il appara&#238;t que sur plus d'une centaine de mouvements r&#233;gionalistes d'importance variable, quatre seulement concernent le territoire fran&#231;ais : soit la Ligue Savoisienne, l'Union populaire Alsace-Lorraine, Le Comit&#233; d'action r&#233;gionale de Bretagne et le Parti pour l'organisation d'une Bretagne libre. Encore s'agit-il de mouvements repr&#233;sent&#233;s au &#8220;Congr&#232;s des nationalit&#233;s&#8221;, tenu &#224; Haderslev en Mai 1999, ce qui n'implique ni leur ralliement aux th&#232;ses allemandes, ni surtout qu'ils aient &#233;marg&#233; aux fonds secrets de l'organisation. Je pense donc le plus grand bien de ce que nous apprend M. HILLARD de l'historique tentation pangermanistes et le plus grand mal de ce qu'il en extrapole. S'il connaissait aussi bien l'histoire de France que l'histoire de l'Allemagne, il saurait que plus de cinquante ans avant le plan &#8220;f&#233;d&#233;ral&#8221; S.S., et un si&#232;cle avant la convention des langues r&#233;gionales, le manifeste fran&#231;ais de MAURRAS et
AMOURETTI avait clairement pos&#233; les bases de l'autonomie des r&#233;gions fran&#231;aises, sans avoir eu besoin de recourir aux phantasmes allemands.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je voudrais faire remarquer &#224; MM. HILLARD et COUTEAUX (entre autres) qu'aujourd'hui, c'est la conception qu'ont les Centristes Fran&#231;ais de l'Europe, qui se rapproche le plus de la conception qu'en ont les Germains. M. BAYROU, interrog&#233; publiquement par mes soins a clairement exprim&#233; sa pr&#233;f&#233;rence pour une Europe F&#233;d&#233;rale et son opposition formelle &#224; une reformation fran&#231;aise de cette nature. Ce sont l&#224; des positions rigoureusement oppos&#233;es &#224; celles de l'Alliance Sociale, pour qui l'Europe Conf&#233;d&#233;rale est le seul prolongement plausible &#224; une France devenue F&#233;d&#233;rale, que sa forme de souverainet&#233; devienne celle d'une R&#233;publique Communautaire ou celle d'une Royaut&#233; populaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nos amis qui se disent &#8220;souverainistes&#8221; doivent en premier lieu comprendre que nous le sommes bien davantage qu'eux-m&#234;mes, car ils r&#233;duisent le terme &#224; sa seule fonction politique, alors que, prince des lettres, des sciences ou des arts, tout homme est appel&#233; &#224; une souverainet&#233; de fonction. Tout homme est souverain dans la mesure o&#249; il excelle dans un domaine particulier. Mais le sens du &#8220;princeps&#8221; Romain, comme celui de l'&#8220;aristos&#8221; grec, a pr&#233;valu, jusqu'&#224; ce que le souverain d&#233;signe surtout le &#8220;premier&#8221; sur le plan politique. Nous entendons en restaurer le sens profond et montrer que la souverainet&#233; peut s'exercer, sans qu'il y ait contradiction, &#224; chaque &#233;chelon de l'organisation sociale, professionnelle ou politique o&#249; l'autorit&#233; na&#238;t de l'extr&#234;me comp&#233;tence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or le principe de subsidiarit&#233; n'est pas autre chose que le droit de la comp&#233;tence &#224; exercer son autorit&#233; dans le domaine qui lui est propre. C'est ainsi que les r&#233;gions auront une souverainet&#233; qui ne recouvrira pas certains domaines qui d&#233;passent leurs moyens et qu'une souverainet&#233; europ&#233;enne peut se borner aux domaines que les nations auront profit &#224; mettre en commun.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La souverainet&#233; se perd par incomp&#233;tence : c'est ainsi qu'en France les Carolingiens remplac&#232;rent les Rois fain&#233;ants M&#233;rovingiens. Et dans l'&#233;tat actuel des choses, la destitution de la V&#232;me R&#233;publique pourrait s'inscrire dans une logique semblable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alexis Arette,&lt;br/&gt; &#224; ses amis de l'Alliance Sociale apr&#232;s la lettre souverainiste de P.M. COUTEAUX : &#8220;L'Ind&#233;pendance&#8221;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
